Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Un nouveau lobby pro-gaz de schiste voit le jour

    Les administrateurs du MAGS seraient des sous-traitants des compagnies gazières

    ANNIk MH DE CARUFEL le devoir<br />
Jusqu’à présent, la défense de l’industrie du gaz de schiste a été surtout l’affaire d’André Caillé,  de l’Association pétrolière et gazière du Québec.<br />
    Photo: Annik MH De Carufel - Le Devoir ANNIk MH DE CARUFEL le devoir
    Jusqu’à présent, la défense de l’industrie du gaz de schiste a été surtout l’affaire d’André Caillé,  de l’Association pétrolière et gazière du Québec.
    L'industrie pétrolière et gazière devrait bientôt se doter d'un nouvel organe voué à la promotion de l'exploitation des énergies fossiles au Québec, le Mouvement d'appui au gaz de shale (MAGS). Le lancement des activités devrait d'ailleurs être annoncé sous peu, selon les informations obtenues par Le Devoir.

    Le regroupement — qui se décrit comme un «organisme sans but lucratif» — s'est donné pour mission «d'appuyer, de promouvoir et de démystifier l'industrie du gaz de shale tout en regroupant les individus et gens d'affaires favorables à cette filière énergétique québécoise». C'est à tout le moins ce qu'indique le MAGS dans l'offre d'emploi qu'il a publiée afin de dénicher un coordonnateur aux communications. Une personne qui devra d'ailleurs s'acquitter de nombreuses tâches et qui doit impérativement posséder «une très bonne gestion du stress».

    Ce nouveau lobby pro-gaz de schiste est présidé par Michel Landry, un homme d'affaires qui est aussi président de Foraction Énergie. Cette entreprise «au service de l'industrie pétrolière québécoise» se spécialise dans la location d'équipements et le transport spécialisé.

    M. Landry a expliqué hier au Devoir que le MAGS est un regroupement qui compte déjà des «centaines» d'entreprises et d'individus qui ont à coeur le «développement économique du Québec».

    Or, ce développement passe selon lui par l'exploitation gazière. «On peut créer de la richesse en acceptant de prendre des risques calculés», a-t-il soutenu. Et l'exploitation de l'énergie fossile «peut se faire dans le respect de l'environnement», a assuré M. Landry.

    Pour le moment, on est en train de «structurer» le mouvement. Une annonce officielle devrait avoir lieu d'ici «quelques semaines», et le MAGS devrait déposer un mémoire au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. Selon les informations qui circulaient hier, les administrateurs de ce regroupement seraient tous des sous-traitants des compagnies gazières.

    Ce que l'on sait également, c'est que l'industrie pétrolière et gazière au Québec est largement dominée par des entreprises provenant de l'extérieur du Québec, notamment de l'Alberta. Celles-ci sont regroupées au sein de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), dirigée par André Caillé. Mais les nombreuses sorties publiques de ce lobby n'ont pas permis jusqu'à présent de rallier l'opinion publique à sa cause. Selon les plus récents sondages, une majorité de la population du Québec est toujours opposée au développement de la filière des gaz de schiste.

    Mais M. Landry s'est toutefois gardé de formuler quelque critique que ce soit à l'endroit de l'APGQ. Le MAGS souhaite plutôt ajouter sa voix à celle des «nombreuses personnes» qui sont favorables au développement de la filière gazière.

    Par ailleurs, les entreprises d'ici en mesure de fournir des services d'expertise et techniques en phase d'exploration et d'exploitation — c'est le cas de Foraction Énergie — sont très désireuses de voir le Québec aller de l'avant, ce qui est d'ailleurs l'intention avouée du gouvernement Charest. Elles pourraient alors espérer se développer pour répondre à la demande. Après tout, plusieurs souhaitent que l'on fore des dizaines de puits chaque année au cours des prochaines années.

    À l'heure actuelle, la vaste majorité de la main-d'oeuvre et de l'équipement doit être importée de l'Ouest canadien, ou encore des États-Unis. Cela a pour effet de réduire les retombées économiques pour le Québec. Qui plus est, cette situation peut entraîner un ralentissement des activités dans la province, au moment où l'on décrit cette industrie comme étant «naissante». Encore récemment, deux entreprises de Calgary, Questerre et Talisman, ont annoncé le report des opérations de fracturation sur deux puits déjà forés, prétextant le manque d'effectifs pour effectuer le travail.

    Il faut dire que le secteur des gaz de schiste se développe beaucoup plus intensément ailleurs au pays et chez nos voisins du sud. Les gros joueurs de l'industrie préfèrent donc concentrer leurs efforts là où ils sont les plus profitables.
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel