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Diminution des gaz à effet de serre - Pour un bonus-malus écologique au Québec

Collectif d'auteurs  6 novembre 2010  Actualités sur l'environnement
Cette lettre a été expédiée hier au premier ministre Jean Charest, au ministre des Finances Raymond Bachand, au ministre des Transports Sam Hamad, au ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs Pierre Arcand et à la ministre des Ressources naturelles et de la Faune Nathalie Normandeau.

Dans le cadre des discussions économiques et écologiques actuelles sur l'avenir du Québec quant à nos émissions de gaz à effet de serre, la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles et notre balance commerciale négative due aux importations massives de gaz et de pétrole, nous voulons amener à votre attention deux phénomènes très préoccupants.
  • La hausse marquée des émissions de gaz à effet de serre en transport

Les chiffres de ventes et d'immatriculations de voitures et camions légers au Québec, tout comme dans le reste du Canada, sont on ne peut plus clairs: nous nous dirigeons exactement dans la mauvaise direction en ce qui a trait à la diminution de la consommation de carburant et de nos émissions de gaz à effet de serre. Selon Statistique Canada, les émissions de gaz à effet de serre de véhicules privés ont augmenté de 35 % au pays entre 1990 et 2007, soit près du double de l'augmentation de la population, qui se situe à 19 %.

Au Québec, la première source d'émissions de gaz à effet de serre est le transport, avec environ 40 % du total. Selon le bilan 2007 du MDDEP, l'augmentation de GES pour tous les types de transport confondus pour la même période est de 29,8 % alors que celui du transport routier est de 37,02 %!

  • La hausse marquée des ventes de camions légers et VUS depuis un an

Depuis un an environ, la baisse du prix du carburant a eu comme effet, aussi bien chez les consommateurs du Québec que chez ceux de partout ailleurs en Amérique du Nord, de les amener à acheter et à louer des camions légers et VUS en quantité record. En comparant les ventes de véhicules et de camions de tous types en 2009 et 2010, une tendance ressort clairement: les chiffres de vente au Québec de janvier et février 2009 versus ceux de janvier et février 2010 montrent que, si les ventes de voitures ont augmenté de 8 % en ce début d'année, celles des camions ont augmenté de 32 %, soit quatre fois plus!

Pendant ce temps, au Canada, les ventes de voitures ont augmenté de 6 % alors que celles des camions ont augmenté de 24 %. Depuis le début de l'année 2010, les ventes de camions de tous types ont maintenant dépassé les ventes de voitures. En avril, les ventes de petites voitures écoénergétiques ont même diminué de 2,3 % pendant que celles de grosses voitures et de camions bondissaient de 22,2 %.

Selon le cabinet d'analyses DesRosiers Automotive consultants, au fil des mois, les véhicules utilitaires sport et les camions légers ont encore vu leurs ventes augmenter. En septembre, elles ont augmenté de 21,6 %, à 75 442 unités. Les ventes de voitures ont quant à elles baissé de 11,6 %, à 59 656 exemplaires vendus.

Conclusion

À la lumière des chiffres et statistiques cités plus haut, il nous semble urgent de mettre en place un système de type bonus-malus afin de créditer les consommateurs qui achètent, louent et immatriculent des véhicules écoénergétiques et de taxer les consommateurs qui achètent, louent et immatriculent des véhicules énergivores.

De tels systèmes ont été implantés dans divers pays d'Europe, tels que la France et la Suède, et ailleurs avec succès. De plus, un système bonus-malus québécois pourrait intégrer un pourcentage de financement de transport collectif, ce qui ferait d'une pierre deux coups.

Au printemps 2009, la Régie de l'énergie du Québec a demandé à l'Agence d'efficacité énergétique d'étudier divers types de scénarios de systèmes bonus-malus. Considérant qu'il est trop tard pour atteindre nos objectifs de Kyoto, nous sommes d'avis que l'implantation d'un tel système est urgente si nous voulons:

  • avoir la moindre chance de nous approcher de l'objectif de réduire nos émissions de 20 % en 2020 par rapport à 1990, comme le Québec s'est engagé à le faire en décembre dernier à Copenhague;
  •  diminuer notre dépendance aux énergies fossiles;
  • diminuer nos importations de pétrole;
  • améliorer notre balance commerciale énergétique;
  •  aider au financement durable du transport collectif.

***

Ont signé ce texte: Daniel Breton (MCN2), André Bélisle (AQLPA), Denis L'Homme (ancien sous-ministre délégué à l'Énergie), Jacques Duval (chroniqueur automobile), Pierre Langlois (physicien et auteur du livre Rouler sans pétrole), Normand Mousseau (physicien et auteur des livres Au bout du pétrole et L'avenir du Québec passe par l'indépendance énergétique), Christian Simard (Nature-Québec), Steven Guilbeault (Équiterre) et Éric Darier (Greenpeace).
 
 
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  • alen - Inscrit
    6 novembre 2010 09 h 46
    Erreur! Erreur! erreur!
    Erreur effectivement, non pas d'analyse, je la partage entièrement, mais de perspective et de stratégie.

    Associer une politique malus-bonus au transport en commun ne fait et ne fera que faire monter la grogne des automobilistes contre les taxes sur leur petit joujou. N'est ce pas d'ailleurs ce qu'ont fait les réseaux de télévision (TVA, V, et Radio canne inclus) cette semaine en réaction à la taxe de Monsieur le Maire.

    Personne ne s'est le moindrement demandé ce qu'est actuellement la contribution objective des automobilistes aux dépenses encourues par la ville de Montréal pour maintenir le réseau de transport <privé>. Leurs permis de conduire, leurs enregistrements et leurs assurances, on s'en fout. Tout ça n'est que pour la protection de leur personne et de leurs biens personnels.

    Il est temps je pense qu'on mette le focus à la bonne place; qu'on montre ce que coûte réellement l'automobile chez nous, capital, intérêts sur la dette, entretien, déneigement, congestion, santé, pollution, ... et qui paye réellement?

    Gardons ça simple... pour des gens simples... et surtout exigeons que nos gouvernements (et villes) cessent de subventionner cette horreur, ce modèle de transport.
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  • Paul Racicot - Inscrit
    6 novembre 2010 15 h 59
    Inauguré le 14 octobre 1966...
    ...le métro de Montréal aurait dû être beaucoup plus rapidement ramifié à travers TOUTE l'Île et plus profondément dans les couronnes nord et sud. Les trains de banlieue de même. Combien d'années aura-t-il fallu pour simplement relier le centre-ville de Montréal aux aéroports? Pfff!

    Et, pourquoi pas?, à quand donc un monorail suspendu au pont Mercier, faisant la navette entre le centre de Châteauguay et la station de Métro Angrignon selon le concept TrensQuébec?

    Cette proposition d'un bonus-malus aurait dû être mise en application il y de cela plus de 10 ans ! Et couplée avec une stratégie de planification de développement du territoire concertée à tous les niveaux de gouvernement.

    Nos élus ont manqué de vision et de courage politique. Et, en regard des défis monstrueux que nous avons désormais à relever, ce n'est pas d'une commission d'aménagement du territoire dont nous avons besoin, mais d'un véritable ministère de l'aménagement du territoire qui saura structurer de manière efficiente l'urbanisation, l'agriculture, la foresterie, les transports, etc.
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