Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Gaz de schiste: Normandeau fait vibrer des cordes sensibles

    La ministre cite les garderies à 7$ pour plaider la nécessité de la filière gazière

    Nathalie Normandeau<br />
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Nathalie Normandeau
    Après avoir mis en avant la nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement énergétiques du Québec, la ministre des Ressources naturelles insiste maintenant sur le piètre état des finances publiques pour justifier la décision du gouvernement de permettre l'exploitation du gaz de schiste, malgré les demandes répétées de moratoire et les nombreuses incertitudes quant aux impacts environnementaux de cette filière.

    «On a une génération qui nous regarde. Pourquoi? Le Québec est endetté. On a un système de santé qui est coûteux et on se dit qu'il faut générer des revenus. Donc, il faut faire les choix qui sont les plus judicieux», a plaidé la ministre Nathalie Normandeau au cours d'une allocution prononcée à la tribune d'Expo énergie Montréal 2010, un événement «grand public» organisé dans le cadre du Congrès mondial de l'énergie.

    L'exploitation du gaz de schiste, au dire de la ministre, fait partie de ces choix «judicieux». «Il y a 225 000 ménages au Québec qui consomment du gaz naturel. La plupart de nos hôpitaux et de nos écoles s'alimentent en gaz naturel. Nos parents sont soignés dans les hôpitaux grâce à l'apport du gaz naturel. Et on se dit, comme société, on a du gaz dans notre sous-sol. Est-ce qu'on ne pourrait pas mettre en valeur cette ressource, le faire en respectant les citoyens et en s'assurant qu'il y ait le moins d'impacts possible pour l'environnement?»

    Elle a même cité le cas des garderies à sept dollars pour expliquer la nécessité de forer le sous-sol québécois à la recherche de combustible fossile. «Juste pour vous donner un exemple. Les services de garde à sept dollars, c'est extraordinaire qu'on se soit doté de ça. Ça nous coûte 1,5 milliard de dollars par année. Ça, les amis, si on veut éviter d'aller vous en chercher davantage dans les poches, il faut jouer sur la colonne des revenus et s'assurer de créer de la richesse ici. Et c'est comme ça que notre société sera en mesure de grandir et que nos enfants ne seront pas hypothéqués par les dettes qu'on va leur laisser pour les 10, 15, 20 ou 25 prochaines années.»

    «Ça s'appelle avoir le sens des responsabilités, a ajouté Mme Normandeau. C'est précisément dans ce contexte qu'on va faire nos choix. J'ai confiance en la capacité de nos citoyens de faire la part des choses.» En entrevue au magazine L'Actualité, la ministre a récemment précisé qu'en phase d'exploitation commerciale, l'État pourrait toucher 230 millions par année si les redevances étaient fixées à 12,5 %.

    «Choix de société»

    Mme Normandeau a aussi établi un parallèle entre le développement de cette filière et celle de l'hydroélectricité à l'époque de la Révolution tranquille. «C'est un choix de société qu'on pourrait faire maintenant, comme on l'a fait il y a 50 ans lorsque Jean Lesage, René Lévesque et Robert Bourassa ont décidé de mettre en valeur notre hydroélectricité. Cinquante ans plus tard, il y a une autre filière qui peut voir le jour au Québec. C'est la filière du gaz naturel.»

    «Est-ce qu'on ne pourrait pas au Québec, comme on l'a fait pour notre or bleu, devenir la référence, la terre d'accueil dans le domaine du gaz naturel, a-t-elle lancé dans l'agora du Complexe Desjardins. Nous, on dit, dans notre stratégie énergétique, qu'il y en a une source d'énergie moins polluante que le pétrole. Bien sûr, il y a l'hydroélectricité; bien sûr, il y a l'éolien; bien sûr, il y a la biomasse; bien sûr, il y a les biocarburants, mais aussi le gaz naturel.»

    La ministre a toutefois répété qu'elle était à l'écoute des critiques formulées par les opposants à l'exploitation tous azimuts du gaz de schiste. Certains étaient d'ailleurs présents lors du discours de la ministre, brandissant des affiches réclamant un moratoire sur l'exploration de cette source d'énergie fossile. Un message qui s'adressait aussi à l'ancien chef péquiste André Boisclair, défenseur des gaz de schiste et animateur de l'événement.

    Mais Nathalie Normandeau a également appelé les adversaires à être attentifs aux «arguments» avancés par Québec. «De grâce, écoutez les arguments que nous avons à vous livrer comme gouvernement. On a fait appel au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement pour qu'on puisse avoir une lumière objective et indépendante par rapport à ce qui se passe actuellement et ce qu'on veut voir naître au Québec.»
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel