Lettres - Couper les moteurs ?
Dans sa lettre du 2 septembre, Audrey Simard recommande de couper les moteurs de l'auto chaque fois que l'on s'arrête devant un feu rouge, par exemple. C'est une initiative certes louable, mais elle comporte le danger de croire qu'on fait une contribution importante pour freiner la dégradation de notre planète. Sur Internet, on trouve qu'un moteur d'automobile consomme environ 1,2 litre d'essence par heure au ralenti.
Supposons que je coupe mon moteur en moyenne 10 secondes à chaque feu rouge pour attendre le feu vert, et supposons encore que je répète cette opération 10 fois par jour, j'économise environ 0,03 litre par jour, comparativement à une consommation de 5 litres par jour pour quelqu'un qui possède une auto non gourmande et qui doit parcourir 25 km pour venir travailler à Montréal. Ceci donnerait une économie de 1 % comme ordre de grandeur. Ce n'est pas avec des manipulations de ce genre que nous allons sauver la planète! (Les autres exemples cités par Audrey Simard ne s'appliquent pas à moi, car je ne laisse jamais tourner le moteur quand je fais les courses, ne serait-ce que par mesure de sécurité). Il existe en fait toute une panoplie de mesures auxquelles les personnes de bonne volonté sont invitées à participer pour contribuer à repousser l'échéance de la catastrophe proprement dite (ampoules non incandescentes, isolation des maisons, voitures électriques, etc.) et qui donnent même des gains d'efficacité de l'ordre des dizaines pour cent, mais qui elles aussi ne seront pas suffisantes pour empêcher la dégradation du climat en cours. Les gens sont vaguement conscients du danger qui nous guette, mais n'ont aucune notion réaliste des véritables sacrifices qui seront indispensables pour sauver la planète. En particulier, il sera nécessaire, afin de limiter la consommation effrénée de nos jours, d'introduire des règlements sévères qui seront difficiles à accepter par la population, avec des effets sur la cohésion sociale et sur la politique non prévisibles. Je finirai sur une note moins pessimiste: peut-être la pénurie de matières premières qui se dessine à l'horizon va-t-elle nous forcer automatiquement à diminuer notre train de vie...
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Hannes Jeremie - Montréal, le 2 septembre 2010
Supposons que je coupe mon moteur en moyenne 10 secondes à chaque feu rouge pour attendre le feu vert, et supposons encore que je répète cette opération 10 fois par jour, j'économise environ 0,03 litre par jour, comparativement à une consommation de 5 litres par jour pour quelqu'un qui possède une auto non gourmande et qui doit parcourir 25 km pour venir travailler à Montréal. Ceci donnerait une économie de 1 % comme ordre de grandeur. Ce n'est pas avec des manipulations de ce genre que nous allons sauver la planète! (Les autres exemples cités par Audrey Simard ne s'appliquent pas à moi, car je ne laisse jamais tourner le moteur quand je fais les courses, ne serait-ce que par mesure de sécurité). Il existe en fait toute une panoplie de mesures auxquelles les personnes de bonne volonté sont invitées à participer pour contribuer à repousser l'échéance de la catastrophe proprement dite (ampoules non incandescentes, isolation des maisons, voitures électriques, etc.) et qui donnent même des gains d'efficacité de l'ordre des dizaines pour cent, mais qui elles aussi ne seront pas suffisantes pour empêcher la dégradation du climat en cours. Les gens sont vaguement conscients du danger qui nous guette, mais n'ont aucune notion réaliste des véritables sacrifices qui seront indispensables pour sauver la planète. En particulier, il sera nécessaire, afin de limiter la consommation effrénée de nos jours, d'introduire des règlements sévères qui seront difficiles à accepter par la population, avec des effets sur la cohésion sociale et sur la politique non prévisibles. Je finirai sur une note moins pessimiste: peut-être la pénurie de matières premières qui se dessine à l'horizon va-t-elle nous forcer automatiquement à diminuer notre train de vie...
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Hannes Jeremie - Montréal, le 2 septembre 2010
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