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Lettres - Couper les moteurs ?

Hannes Jeremie - Montréal, le 2 septembre 2010  4 septembre 2010  Actualités sur l'environnement
Dans sa lettre du 2 septembre, Audrey Simard recommande de couper les moteurs de l'auto chaque fois que l'on s'arrête devant un feu rouge, par exemple. C'est une initiative certes louable, mais elle comporte le danger de croire qu'on fait une contribution importante pour freiner la dégradation de notre planète. Sur Internet, on trouve qu'un moteur d'automobile consomme environ 1,2 litre d'essence par heure au ralenti.

Supposons que je coupe mon moteur en moyenne 10 secondes à chaque feu rouge pour attendre le feu vert, et supposons encore que je répète cette opération 10 fois par jour, j'économise environ 0,03 litre par jour, comparativement à une consommation de 5 litres par jour pour quelqu'un qui possède une auto non gourmande et qui doit parcourir 25 km pour venir travailler à Montréal. Ceci donnerait une économie de 1 % comme ordre de grandeur. Ce n'est pas avec des manipulations de ce genre que nous allons sauver la planète! (Les autres exemples cités par Audrey Simard ne s'appliquent pas à moi, car je ne laisse jamais tourner le moteur quand je fais les courses, ne serait-ce que par mesure de sécurité). Il existe en fait toute une panoplie de mesures auxquelles les personnes de bonne volonté sont invitées à participer pour contribuer à repousser l'échéance de la catastrophe proprement dite (ampoules non incandescentes, isolation des maisons, voitures électriques, etc.) et qui donnent même des gains d'efficacité de l'ordre des dizaines pour cent, mais qui elles aussi ne seront pas suffisantes pour empêcher la dégradation du climat en cours. Les gens sont vaguement conscients du danger qui nous guette, mais n'ont aucune notion réaliste des véritables sacrifices qui seront indispensables pour sauver la planète. En particulier, il sera nécessaire, afin de limiter la consommation effrénée de nos jours, d'introduire des règlements sévères qui seront difficiles à accepter par la population, avec des effets sur la cohésion sociale et sur la politique non prévisibles. Je finirai sur une note moins pessimiste: peut-être la pénurie de matières premières qui se dessine à l'horizon va-t-elle nous forcer automatiquement à diminuer notre train de vie...

***

Hannes Jeremie - Montréal, le 2 septembre 2010
 
 
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  • Mario Jodoin
    Inscrit
    samedi 4 septembre 2010 02h50
    Bien d'accord
    M. Jérémie a bien raison. Le genre de solution préconisée par Mme Simard ne change rien. Il est faux de prétendre que le réchauffement climatique peut être réglé par de petits gestes. Cela en prend des gros. Il faut changer de mode de vie. Comme de fermer le moteur de son auto définitivement, ce que j'ai fait il y a déjà quelques années...

  • René Bolduc
    Abonné
    lundi 6 septembre 2010 18h31
    Ne pas décourager les initiatives individuelles
    Tout comme Audrey Simard et Hannes Jeremie, j’ai aussi à cœur de faire quelque chose pour « sauver la planète », à tout le moins, dans un premier temps, la ménager. C'est ainsi que je tente de laisser tourner le moteur de mon auto, quand je l’utilise – car j’évite de l’utiliser inutilement, j’ai un vélo -, le moins possible. Une mesure dérisoire ?

    C’est ce que suppose Hannes Jeremie dans sa réponse à Madame Simard. Il fait le calcul suivant et, pour une voiture de consommation moyenne, il en arrive à une économie de 0,03 litre par jour en moyenne. C’est bien peu de chose, en effet…. d’un point de vue strictement individuel. Admettons, par exemple, que cette mesure soit appliquée, au Québec, par 300 000 conducteurs sur nos routes chaque jour, un chiffre sans doute en deçà de la réalité. On en arrive alors à une économie de 9 000 litres par jour et 3 285 000 litres par année. Et là on ne parle que de consommation d’essence et même pas encore de la pollution en moins dans l’atmosphère. S’efforcer, tout le monde, de polluer un peu moins, chaque jour, en vaut toujours la peine quand on fait le total des actions individuelles.

    Cependant, M. Jeremie a bien raison de mentionner qu’il ne faut pas s’en tenir à cette seule pratique. Il faut que tous la complètent avec d’autres mesures, non seulement les individus, mais les grandes compagnies. Peut-être que « ivres » de ces victoires, dont nous avons bien besoin pour nous guérir du cynisme, nous continuerons jusqu’à inverser le mauvais cours des choses.

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