Le PQ dénonce les liens entre l'industrie du gaz et le gouvernement
Le député du Parti québécois, Stéphane Bédard, a fortement critiqué ce matin le saut fait vendredi dernier par un chef de cabinet du gouvernement Charest au sein du lobby du gaz de schiste.
«L’impression qui est donnée aux Québécois c’est qu’on privilégie les intérêts particuliers plutôt que l’intérêt collectif dans ce dossier-là. Si on laisse des gens être à la solde d’une industrie [...] c’est très inquiétant pour la suite des choses», a déclaré M. Bédard en marge du caucus du Parti québécois qui se déroule actuellement à Valleyfield-de-Salaberry.
Jusqu’à vendredi dernier, Stéphane Gosselin était le chef de cabinet du ministre du Développement économique, Clément Gignac. Il vient d’être embauché comme directeur général de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ). Il est en fonction depuis lundi dernier.
Pas de lobbyisme
Comme le rapporte La Presse, M. Gosselin, qui a également travaillé dans les cabinets politiques des Ressources naturelles et de l’Environnement, dit n’avoir jamais eu de «rapports» avec l’APGQ qui a été créée en février 2009. De plus, il souligne qu’il n’aura pas la responsabilité de faire du lobbyisme auprès du gouvernement.
Pour le PQ, il s’agit d’informations inquiétantes. «Les explications de M. Gosselin sont invraisemblables. On ne peut être chef de cabinet au Développement économique et ne pas avoir eu accès à des informations auprès d’une association qui fait du lobbyisme de façon intensive depuis plusieurs mois auprès des différents ministères. Ça indique une proximité qui est inquiétante entre le Parti libéral et des intérêts particuliers», a souligné le député de Chicoutimi.
Plus tard au cours de la journée, le PQ fera connaître sa position officielle sur cet épineux dossier. Plusieurs citoyens de la Montérégie où se font entre autres endroits des travaux d’exploration, réclament un moratoire sur le développement de cette industrie. Ils estiment que l’industrie comporte des risques pour l’environnement notamment pour la contamination de l’eau souterraine (la nappe phréatique).
Face à cette grogne, le gouvernement Charest, qui devait présenter dès cet automne un projet de loi sur l’exploitation du gaz de schiste a quelque peu modifié son plan de match. Il a confié un mandat au Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) pour qu’il établisse un cadre de développement plutôt que de réaliser une analyse environnementale. Les travaux du BAPE se feront localement.
Le Devoir
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