dimanche 12 février 2012 Dernière mise à jour 10h27
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Libre opinion - Pour sortir du XIXe siècle

Serge Genest - Québec  31 août 2010  Actualités sur l'environnement
Le gouvernement du Québec nous enlise présentement dans les mêmes ornières qui ont permis à des multinationales d'exploiter les ressources naturelles sur notre territoire depuis plus d'un siècle. Forêts et mines demeurent certes les exemples les plus manifestes des conséquences multiples, environnementales et sociales, des liens tissés entre financiers et politiciens.

Les objectifs de ces alliances ont été et demeurent de: soustraire ces industries au maximum de contraintes, leur fournir les conditions optimales de profit le plus longtemps possible, lever toutes les sanctions qui pourraient leur être imposées lorsqu'elles décident ou sont contraintes de mettre fin à leurs activités. En contrepoint de cette «clarté» entre le capital et les politiciens se joue le violon de la création d'emplois, des engagements envers la protection du territoire et de ses habitants et les taxes perçues sur la richesse accumulée par les cercles restreints de financiers qui profitent de l'exploitation des ressources naturelles.

On pourrait penser que de telles façons de procéder appartiennent à un passé qui, même s'il demeure récent, serait désormais révolu. Eh bien non! Non seulement les élus et les financiers reprennent la même rengaine forgée depuis de nombreuses décennies, mais ils multiplient les esquives, maintiennent les discours et les façons de procéder qui ont prévalu jusqu'à maintenant, et en rajoutent en élargissant le spectre de prédation des ressources naturelles.

D'où les orientations du gouvernement actuel pour satisfaire des demandes d'exploitation venant de tous les bords: construction d'un oléoduc entre Québec et Montréal, recrudescence dans le creusage de mines, essaimage d'éoliennes sans véritable politique concertée et à long terme, accroissement du captage et de la vente de l'eau (érection de petits barrages d'hydro-électricité, vente d'eau embouteillée), demandes multipliées de forage pour l'exploitation du gaz de schiste dans l'ensemble de la vallée du Saint-Laurent, augmentation annoncée du trafic sur le fleuve à des fins d'acheminement et de transbordement de pétrole et de gaz.

Alors que l'on devrait s'attendre à voir les personnes que nous avons mandatées par élection s'activer à protéger notre richesse collective, en lieu et place, nous assistons à une série de manoeuvres qui rejouent le même scénario qui a été développé dès la fin du XIXe siècle, allant même jusqu'à l'amplifier en multipliant les accointances avec les milieux financiers dont l'appétit et les demandes ne cessent de s'amplifier.

Pour contrer cette envie insatiable de profit des investisseurs et des multinationales, les citoyens du Québec doivent exiger des élus:

- qu'ils mettent en place des mesures législatives contraignantes concernant les conditions environnementales d'exploitation (et non d'appropriation) des ressources naturelles qui appartiennent à la collectivité;

- qu'ils fixent par décret des taux d'imposition (des redevances) en fonction des profits tirés de nos ressources naturelles (rien ne justifie que ce qui vaut pour chaque citoyen ne s'applique pas aux entreprises);

- qu'ils obligent les compagnies à faire provision annuelle de montants déterminés affectés au démantèlement des installations, à la réfection du territoire mis en exploitation et au soutien financier des employés de ces entreprises lorsqu'elles cessent leurs opérations.

Les citoyens doivent exiger la mise en place de dispositions légales pour rendre les élus imputables et passibles de sanctions pour toute mesure qui contribuerait à brader la richesse collective des ressources naturelles du territoire québécois à des intérêts privés. Toute tergiversation ou tout refus de prendre de tels engagements devraient conduire les citoyens à réclamer et obtenir la démission des élus.


 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Socrate
    Inscrit
    mardi 31 août 2010 06h44
    Régie
    Le scénario anarchique des éoliennes semble de nouveau pointer à l'horizon et nul doute qu'une Régie du gaz tout comme pour Hydro-Québec serait éminemment souhaitable pour les contribuables dans les circonstances.

  • Michele
    Inscrit
    mardi 31 août 2010 10h03
    PPP 51% gouvernement-49% privé
    La Norvège a instauré un système d'exploitation des ressources pétrolières obligeant un partenariat entre l'État et les compagnies. Dans le cadre de ce partenariat l'État détient la majorité des parts, soit 51%. Quoique les obligations de l'État en termes de financement soient accrues cela lui permet de maintenir le contrôle et de mettre de l'avant ses politiques environnementales tout en récoltant sa part de bénéfice. Pourquoi ne pas s'inspirer de ce modèle?

  • Marco
    Inscrit
    mardi 31 août 2010 10h22
    Que voulez-vous...
    Nous avons raté 2 référendums, coup sur coup, pour manifester notre fierté de peuple souverain et prendre en main, du même coup, le contrôle de notre destinée et pour enfin mettre à la porte les exploiteurs, les financiers corrompus et les multinationales sans scrupules..

    Nous avions la liberté de choisir un courant idéologique différent, de poser des gestes, de faire des choses différentes et surtout, de se gouverner différemment! Mais nous toujours avons préféré mettre au pouvoir des individus de connivence avec la finance et les intérêts privés et étrangers dont la seule préoccuoation est et a toujours été l'exploitation abusive de nos ressources! À qui la faute?! Et est-il déjà trop tard?!...

  • André/Andrés 71
    Inscrit
    mardi 31 août 2010 11h37
    @Michele
    Ce gouvernement ne pense qu'à lui et ses petits amis. Comme il sait qu'il a encore 3 ans pour leur en mettre plein les poches à nos dépens, il peut nous jouer toutes les aubades et sérénades. Québécois, réveillez-vous et foutez moi dehors tous ces mafieux profiteurs et cachotiers! Adopter les politiques norvégiennes "nuirait aux p'tits zamis" qui investiraient ailleurs, nous feraient perdre des jobs et les élections le tard possible... Quand oserons-nous prendre le contrôle de nos richesses naturelles de manière responsable et durable, pour nos enfants, petits-enfants et petits-petits-enfants???
    "Quand les hommes vivront d'amour... Mais nous nous serons morts , mon frère !" (Raymond Lévesque)

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 31 août 2010 13h26
    Les citoyens du Québec doivent exiger des élus...
    Bien d'accord avec vous mais je déplore que vous fassiez comme si les moyens d'exiger quoi que ce soit étaient nombreux et évidents et que leur utilisation n'était qu'une question de volonté. Les textes mobilisateurs comme le vôtre se terminent me semble-t-il toujours au même endroit: au seuil de la possibilité de mettre à exécution de si judicieux conseils. L'espoir qu'ils suscitent peut rendre encore plus douloureux notre sentiment d'impuissance.

  • Dominique Châteauvert
    Abonnée
    mardi 31 août 2010 16h08
    Que faire???
    J'ai décidé d'envoyer les commentaires des lecteurs du Devoir qui expriment mes propres opinions au Ministères des Ressources Naturelles et de la Faune:
    services.clientele@mrnf.gouv.qc.ca et à mon député au provincial.
    Pour trouver un député: http://www.assnat.qc.ca/fr/index.htm
    Je vais le faire systématiquement.

  • Honest Pasdupe
    Inscrit
    mardi 31 août 2010 19h17
    place au théatre!
    Wow! Qu'ils sont habiles les gens du gouvernement.

    Pendant que la majorité de l attention médiatique semble tournée vers la commission bastarache, qui nous révèle des trucs dont on se doutait de toute facon, bref pendant que le peuple suit le teleroman bastarache, les nouvelles concernant lexploitation des ressources naturelles sont moins en lumiere...


    est-ce une coincidence?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
7 réactions
5 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012