samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Dossier noir sur le gaz de schiste

1435 infractions relevées par la Pennsylvanie en deux ans et demi

Un ouvrier surveille la purge d’un puits de gaz de schiste dans l’État du Nouveau-Mexique, une scène typique qui pourrait se multiplier au Québec, en particulier sur la rive sud du fleuve, où se concentre l’essentiel des projets d’exploration et d’exploitation.<br />
Photo : Agence France-Presse Robert Nickelsberg
Un ouvrier surveille la purge d’un puits de gaz de schiste dans l’État du Nouveau-Mexique, une scène typique qui pourrait se multiplier au Québec, en particulier sur la rive sud du fleuve, où se concentre l’essentiel des projets d’exploration et d’exploitation.
En plus de revoir en profondeur les règles fédérales qui encadrent la prospection et l'exploitation des gaz de schiste aux États-Unis, la société civile se mobilise dans ce dossier. Un groupe vient de fournir un portrait inquiétant des pratiques de cette industrie en Pennsylvanie.

En deux ans et demi, les minières qui prospectent ou exploitent les gaz de schiste de la formation Marcellus, en Pennsylvanie, ont contrevenu à 1435 reprises aux lois et règlements administrés par le département de Protection environnementale (DPE) de cet État, dont 952 infractions ayant des impacts environnementaux.

C'est ce qui ressort du bilan d'une demande d'accès à l'information déposée auprès du DPE de Pennsylvanie par la Pennsylvania Land Trust Association, un groupe d'intérêt qui surveille l'intégrité environnementale du territoire de cet État.

Les infractions relevées et publiées par ce groupe au début d'août ont été commises par les exploitants entre le 1er janvier 2008 et le 25 juillet dernier.

En plus des bilans de mauvaises pratiques dressés au niveau fédéral des États-Unis par des commissions sénatoriales et l'Environmental Protection Agency (EPA), ce bilan pennsylvanien est le premier à offrir un relevé exhaustif des infractions constatées par un État sur l'ensemble de son territoire pendant plus de deux ans.

Aux 1435 infractions compilées par les inspecteurs — dont l'État a fait passer le nombre de 26 à 126 pour ce seul secteur en 18 mois — s'ajoutent 669 avis d'infraction et 818 avertissements signifiés par les contrôleurs routiers en trois jours seulement aux conducteurs des poids lourds qui transportent les eaux contaminées, les boues de forage, les produits dangereux, etc.

La filiale étasunienne de Talisman Energy, la société qui détient des titres d'exploration sur la rive sud du Québec, de la rivière Richelieu au pont de Québec approximativement, arrive au cinquième rang pour le nombre d'infractions relevées par le département de Protection environnementale de Pennsylvanie sur les 43 compagnies en activité dans cet État. Selon le bilan de la Pennsylvania Land Trust Association, on a constaté 65 infractions dans les 121 puits appartenant à Talisman. Cet exploitant et la société Questerre vont être les premiers au Québec à avoir un site en exploitation dès le milieu de 2011 à Saint-Édouard-de-Lotbinière. Le site devrait être relié par pipelines au réseau de Gaz Métro, révélait récemment Le Devoir.

Plusieurs types d'infractions

Le plus important bloc d'infractions à incidences environnementales, soit 277 infractions, avait trait aux impacts de l'érosion et des apports de sédiments dans les cours d'eau, attribuables aux travaux de construction des routes, des sites de forage et au creusage des tranchées destinées aux pipelines. Plusieurs des minières en cause n'avaient tout simplement pas de plan de gestion de l'érosion et des apports en sédiments, un volet peu réglementé au Québec.

En deuxième lieu venaient les impacts sur les cours d'eau des rejets des eaux et boues provenant des sites de forage. Selon le bilan publié par le groupe citoyen de Pennsylvanie, environ 20 % des fluides injectés en profondeur pour fracturer les formations de schistes sont ramenés à la surface pour dégager la voie au gaz convoité. Ces eaux contiennent des produits chimiques utilisés pour mieux fracturer les schistes. En principe on confine ces eaux, souvent très salines, dans des bassins ou des réservoirs avant de les acheminer vers des lieux d'élimination sécuritaire. Les infractions portaient essentiellement ici sur l'efficacité souvent douteuse des bassins de rétention et de structures de confinement plus ou moins appropriées.

Au Québec, certains exploitants veulent confier aux usines d'épuration municipales le traitement de ces eaux contaminées avec des toxiques même si les procédés de ces usines n'ont pas été conçus à cette fin.

Les eaux extraites de la croûte terrestre ainsi que les boues produites par les puissantes mèches qui forent les puits ont abouti à 154 reprises dans les cours d'eau, selon ce dossier noir. Ces eaux, d'après une revue scientifique publiée en février 2009 aux États-Unis, contenaient des perturbateurs endocriniens susceptibles de causer des maladies de la peau, des problèmes respiratoires et des dérèglements gastro-intestinaux, en plus d'avoir des impacts sur les systèmes nerveux et immunitaire. Un produit sur cinq utilisé pour fracturer les schistes est considéré aux États-Unis comme un perturbateur endocrinien.

Des puits mal isolés

Enfin, le bétonnage des puits, censé les isoler des nappes souterraines, s'est avéré fautif dans 10 cas, et dans 16 autres cas, les valves de fermeture, censées protéger contre les explosions et les fuites majeures, n'étaient pas conformes aux normes. Le mauvais fonctionnement d'une de ces valves a provoqué le 3 juin dernier dans le comté de Clearfield le rejet d'un million de gallons de gaz et d'eau contaminée à une hauteur de 75 pieds dans les airs pendant 16 heures avant qu'on puisse colmater le puits en question.

Le secrétaire d'État responsable du département de Protection environnementale de la Pennsylvanie, John Hanger, a réagi à la publication de ce rapport auprès du Pittsburgh Post-Gazette, le 3 août, en disant que toutes ces infractions démontrent en réalité que l'État maîtrise la situation. Mais il a reconnu que si l'État n'exigeait pas la perfection, il y avait encore «trop de fuites, trop de déversements et de trop nombreuses migrations des gaz vers les nappes souterraines» malgré toutes les assurances et les campagnes médiatiques des industriels.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • jean-claude Vincent - Abonné
    25 août 2010 06 h 55
    Ah ben dis donc !
    Tiens,tiens, n'est-ce pas la ministre Normandeau qui dans son empressement pour donner le feu vert à des entreprises de l'extérieur du Québec, affirmait dernièrement que l'extraction du gaz de schiste ne causait aucun préjudice aux nappes phréatiques et n'utilisait aucune substance polluante ?
    Elle semble aussi crédible que son premier ministre celle-la!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Amie du Richelieu - Inscrit
    25 août 2010 08 h 20
    Les papetières et les terrains de golf n'ont rien à voir...
    L'industrie aime comparer son usage de l'eau à l'industrie papetière et les terrains de golf. Mais l'eau utilisée par les papetières s'évapore, ou est traitée et rejetée dans un cours d'eau, ou se retrouve comme partie intègre de sa production directe ou indirecte (papier, copeaux, etc...). Les terrains de golf, eux, arrosent leurs verts, et l'eau s'évapore, pénètre dans le topsoil pour nourrir les plantes ou rejoindre la nappe phréatique, ou ruisselle dans le cours d'eau le plus près. L'eau utilisée par les papetières et les terrains de golf reste à la surface de la planète.

    La La fracturation hydraulique injecte beaucoup d'eau à plus de 300 mètres de profondeur (selon Questerre http://www.questerre.com/fr/shale-gas-backgrounder ), isolée de l'aquifère selon les affirmations même de l'industrie. On peut se demander si toute cette eau retrouvera un jour le chemin du monde des vivants, et si oui, sera de quelle qualité?

    Johanne Dion,
    Amie du Richelieu,
    http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    25 août 2010 08 h 47
    Quand ton maître est Charest...
    ...tu mens comme lui. Normandeau a bien appris sa leçon.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    25 août 2010 09 h 14
    Le passé revient
    Et même si l'extraction du gaz était propre, il n'en aurait pas moins fallu prendre le temps nécessaire pour discuter avec la population de ces projets d'envergure. L'attitude cavalière de ces compagnies, avec l'aval de nos élus, est blessante et démontre une conception de l'exercice du pouvoir digne de la préhistoire, l'âge de ce gaz de schiste?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bernard R - Inscrit
    25 août 2010 09 h 36
    Pourquoi attendre
    Je ne suis pas surpris ce document il en existe pleins d'autres et les américains comment seulement à réagir, mais pourquoi devons nous attendre et apprendre des erreurs des autres encore plus des Américains, des Albertains et des Autraliens.
    Est-ce qu'au Québec nos gouvernements sont-ils trop pourris jusqu'à la moelle pour ne plus protéger les gens et défendre nos droits.
    Madame Normandeau réveillez vous avant que vous deviez faire marche arrière à plus grand frais quand il faudra réparer les dégâts laissez par votre ministère et ses incompétences à la barre, il me semblait que j'avais entendu quelque part "laissez nous le volant vous allez voir!.." oui on voit ce que vous faite depuis que les libéraux sont au pouvoir, tout ce que vous savez faire c'est de revenir en arrière sur les fautes de l'ancien gouvernement, mais vous en 2010 vous faites quoi? rien de bon pour le moment et le volant semble être bloqué sur un suicide politique.
    Un citoyen fatigué de payer des taxes pour combler vos mensonges continuels.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yvan Dutil - Inscrit
    25 août 2010 09 h 56
    Il vous savoir ce que vous coulez
    @Amie du Richelieu L'idée c'est la contamination de la nappe phréatique. Les pâtes et papier, les golfs et l'industrie porcine contaminent les eaux de surface parce qu'elles arrosent le sol.

    La fracturation se fait très profondément dans le sol pour éviter de contaminer la nappe phréatique. Le danger de contamination provient justement de l'eau qui remonte à la surface.

    Quant à l'eau ainsi perdue dans le sol, c'est pas un problème car la surface de la Terre est couverte au 3/4 d'eau. Comme la pluie va continuer à tomber, on ne manquera pas d'eau. Il y a un risque si l'eau est puisée dans des aquifères fossiles, ce qui n'est pas le cas au Québec.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Luciano Buono - Abonné
    25 août 2010 10 h 21
    Continuer messieurs Francoeur, Shields et Dutrisac
    Merci de continuer a chaque jour le suivi de ce dossier. J'utilise vos informations lorsque j'ecris a mon depute (M. Huot, Liberal dans Vanier) pour reclamer un moratoire en attendant que la lumiere soit faite sur les risques environnementaux de l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste, qu'une consultation publique independante soit faite et que les retombees economiques de cette exploitation pour la societe quebecoise soient chiffres et detailles. J'encourage les gens a communiquer avec leur depute et a ecrire aux ministres responsables de ces dossiers: Normandeau, Arcand, Lessard et bien sur Charest, pour faire connaitre leurs opinions.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Galarneau2 - Abonné
    25 août 2010 10 h 59
    Merci M.Francoeur pour cette fracassante rentrée
    Avec tous les faits qui s'accumulent sur les risques de l'exploitation des gaz de schistes, je souhaite vivement un large débat public organisé par le gouvernement et un référendum sur le sujet pour que la population du Québec, informée, accepte ou refuse ce type d'exploitation. Si la population accepte, ce serait en toute transparence et les conditions de respect de l'environnement et des redevances à l'état seraient clairement définis.

    Ce modèle d'acceptation des projets économiques axés sur l'exploitation de ressources naturelles devraient s'appliquer à tous les projets qui sont dans l'air : exploration du pétrole dans le golfe du St-Laurent, port méthanier, mine d'uranium etc.

    Si un tel modèle d'acceptation des projet économiques axés sur l'exploitation de ressources naturelles avait vu le jour dans le passé nous aurions possiblement pu éviter, entre autres, les saccages de l'environnement occasionnés par l'implantation des mégaporcheries et l'agriculture industriel utilisant des fertilisants chimiques qui détruisent nos cours d'eau. Pour n'en nommer que quelques uns.

    Des révisions pourraient être faites aux moments jugés opportuns par la population pour modifier les règles de l'exploitation des resssourecs naturelles.

    Il est grand temps que la population décide elle-même de ce qu'elle veut comme développement économique et des impacts environnementaux qu'elle est prête à accepter.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Eric Allard - Abonné
    25 août 2010 12 h 36
    Vente de feu
    À la lumière des derniers événements, il est de plus en plus évident que M. Charest ne se représentera pas aux prochaines élections, et qu'il prépare une grande vente de feu des matières premières du Québec à ses grands amis, qui le lui revaudront sûrement en lui offrant une retraite de prince par la suite.

    Pendant ce temps, c'est les québécois qui vont se retrouver face aux décisions négociées derrière des portes closes, à l'encontre de toutes les lois de la province. Évidemment, on ne peut poursuivre un ancien Premier Ministre qui ne se représente pas.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Chryst - Abonné
    27 août 2010 23 h 39
    À tous ceux et celles que l’exploitation précipitée du gaz de schistes révolte
    Au même moment le gouvernement Charest rejette une expertise unique en base de données comme l’a fait le gouvernement Harper pour le questionnaire long applicable au prochain recensement.
    Vraiment inacceptable dans chaque situation
    L’expertise intègre la technologie liée aux satellites, Les données de plusieurs variables sont analysables en même temps sous de nombreux aspects. Des pondérations de valeurs numériques sont possibles de même que la localisation des points d’échantillonnage selon les critères appliqués aux données. Celles-ci sont modifiables à souhait et peuvent être sauvegardées dans un tableur pour certaines analyses ou leur représentation graphique. De nouvelles variables peuvent être créées à partir des données existantes.

    Michel Thibault ing. f. m. sc
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Terrien - Inscrit
    12 mars 2011 12 h 49
    Charest aime-t-il le Québec?


    J'espère que le prochain dirigeant aimera le Québec et tous
    ses habitants et qu'il s'aura mieux servir le peuple qui l'a élu.
    J'espère que le prochain chef d'état sera plus proche du peuple
    que de son portefeuille. Agir dans le seul but de faire plus
    d'argent n'a jamais fait avancé le monde.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
11 réactions
2 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012