samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Marée noire - Un vaste nuage d'hydrocarbures est détecté dans les profondeurs du golfe du Mexique

Un nuage d’huile dans l’eau près de Port Shulper, en Louisiane. La Woods Hole Oceanographic Institution, plus grand institut mondial privé d’études océanographiques à but non lucratif, a détecté un panache fait de nombreux composants pétroliers dans le golfe du Mexique. <br />
Photo : Agence France-Presse Sean Gardner
Un nuage d’huile dans l’eau près de Port Shulper, en Louisiane. La Woods Hole Oceanographic Institution, plus grand institut mondial privé d’études océanographiques à but non lucratif, a détecté un panache fait de nombreux composants pétroliers dans le golfe du Mexique.
Washington — Des océanographes ont trouvé dans les profondeurs du golfe du Mexique un vaste panache d'hydrocarbures provenant du puits exploité par BP et confirmé ainsi l'existence de ce nuage de pétrole jusqu'alors insaisissable.

«En juin, nous avons détecté le panache se déplaçant lentement [0,27 km/h] au sud-ouest de l'endroit où se trouvait la plateforme qui a explosé», précise Richard Camilli, chef de l'expédition scientifique et un des responsables de la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), plus grand institut mondial privé d'études océanographiques à but non lucratif. Il est le principal auteur de cette étude parue dans la revue américaine Science datée du 20 août.

«Non seulement nous avons démontré qu'il existe bien un panache de pétrole dans le golfe du Mexique, mais nous avons également déterminé son origine et sa composition», souligne-t-il, rappelant la controverse au sujet de la réalité d'un tel panache.

«Jusqu'alors ce panache était considéré comme théorique», ajoute-t-il, précisant qu'il n'est pas formé de «pétrole pur» mais de nombreux composants pétroliers.

Les analyses chromatographiques d'échantillons confirment la présence de benzène, de toluène (un dissolvant), d'éthylbenzène et de xylène.

Les chercheurs ont pu ainsi établir que ce pétrole provenait bien de la marée noire ayant résulté de l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon de BP le 20 avril et non de suintements naturels.

La fuite du puits, à 1500 mètres de fond, a été arrêtée mi-juillet, après que 4,9 millions de barils de brut se furent déversés dans l'océan, mais la plus grande partie du pétrole restait introuvable.

Le panache s'étend sur au moins 35 km, à plus de 900 mètres de profondeur, et mesure 1,9 km de largeur sur près de 200 mètres de hauteur, ont estimé ces océanographes lors de cette expédition scientifique conduite du 19 au 28 juin à bord d'un navire spécialement équipé.

Ces chercheurs ont observé que la biodégradation de ce pétrole était en cours grâce aux microbes vivant dans les grands fonds mais que ce processus était relativement lent.

Étant donné l'étendue de la masse de ce «nuage» sous-marin d'hydrocarbures et de résidus, il pourrait «subsister dans l'océan plus longtemps qu'on ne le pensait», soulignent les auteurs.

«Nombre d'experts ont tablé sur une biodégradation rapide des hydrocarbures se trouvant sous la surface de l'eau et ce n'est pas ce que nous avons observé», relève Richard Camilli.

On ne sait pas encore si le risque présenté par ce panache sous-marin de pétrole pour l'écosystème océanique est important, car «nous n'avons pas déterminé sa toxicité», explique Christopher Reddy, un géochimiste marin de l'équipe de recherche.

«Nous ignorons également comment et pourquoi ce panache s'est formé», ajoute-t-il, observant que le fait de connaître «son étendue, sa forme et sa profondeur et la direction dans laquelle il se déplace sera essentiel pour répondre à un grand nombre de ces questions».

L'annonce de la découverte de ce panache survient en pleine controverse sur le fait de savoir où se trouve le pétrole de la marée noire.

Plus tôt cette semaine, des océanographes de l'Université de Géorgie ont estimé dans un rapport que près de 80 % du pétrole serait encore dans l'océan.

Ils ont ainsi remis en question les évaluations très optimistes du gouvernement américain début août selon lesquelles 74 % du brut déversé avait été éliminé par évaporation, biodégradation, récupération et autres moyens.

Des experts devaient être entendus sur ce sujet hier au Congrès.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Trobadorem - Inscrit
    20 août 2010 05 h 26
    Et pendant ce temps, on tue ceux qui nous informent de la gravité de la situation...
    Mathiew Simons (http://en.wikipedia.org/wiki/Matthew_Simmons) , est mort de facon très suspecte dans les dernières semaines pour avoir trop parlé sur l'envergure de cette catastrophe écologique et sur ce que l'on découvre actuellement quant à la quantité restante de pétrole dans la mer. BP est l'un des plus important financier de la campagne de Obama, ce que les médias ont occulté comme info. Nous ne sommes plus dans le suspect. Ceux qui ne veulent pas voir...continueront à marteler leur foutu argument de conspirationiste....

    Pas le temps ce matin d'en parler davantage, mais cette commission bidon sénatoriale qui nous dit cette semaine que l'on peut aller de l'avant avec l'exploration pétrolière dans le nord, est une preuve de plus que les forces de lobbying sont déchaînées dans leur soif de cash et que les pantins d'Ottawa "n'ont pas de couille..."

    Peut-être, peut-être que quelqu'un dans les hautes sphères de l'insensé, allumera la lumière...peut-être....
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    20 août 2010 05 h 50
    De la nécessité d'un regard indépendant
    On peut ici mesurer, outre la nappe de pétrole fantôme, la distorsion entre un point de vue intéressé (ici celui du gouvernement américain et ses...commettants) et un regroupement qui a de toutes autres préoccupations (scientifiques et indépendantes). Un écart de 54% (26% de pétrole restant dans la mer contre 80%). On a donc bien raison de penser qu'une étude indépendante est toujours souhaitable dans l'estimation d'un projet dont les conséquences écologiques entrent en condiction avec des intérêts, disons, nébuleux.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Sabourin - Abonné
    20 août 2010 07 h 04
    Les chiffres
    Donc 80% du petrole est encore la... avec une amande de 4300$ par baril si le minimum est une fuite de 5000 baril par jours sur 100 jours cela signifie 80% de 2.15milliard d'amande (1.72) contre le maximum 60 000 baril par jours sur 100 jours donc 80% de 25.8milliard d'amande (20.64). C'est trop peu. On se moque de nous. 4600$ par barril peux sembler gros pour le citoyen normal mais c'est comme ces pancartes que l'on voie nous montrant des pseudo environmentalistes s'attaquant au exploitants des sables bitumineux d'Alberta et montrant une photo comme si la grosseur du site etais celle d'un terrain de football...alors que le terrain reel est de 141000 km2 soit la grosseur de l'angleterre (130000km2). Cela semble une tactic contextomic manipulatrice de la part de l'industrie petroliere pour desinformer le public. De plus et par contre si ce sont de vrai activistes qui on fais ces pancartes ou qui on imposer le montant de cette amande alors la....reveillez-vous!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel St-Pierre - Inscrit
    20 août 2010 08 h 29
    Pensée magique

    Comme si tous ces millions de barils de pétrole brut allaient s'évaporer magiquement, c'est vraiment la pensée magique qui les habite !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • francacadie - Inscrit
    20 août 2010 08 h 41
    Cosmos
    C'est très joli.
    Ca ressemble au nuage de Magellan.
    Dans dix ans, on verra des écrevisses grosses comme des homards, des alligators à six pattes et des cajuns devenus Texans.
    Pauvre Louisiane!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • TRIPOD - Inscrit
    20 août 2010 11 h 39
    À quoi vous attendiez-vous donc ?
    Rien ne se crée, rien ne se perd, comme le disait Lavoisier, si vous avez une fuite en quelque part vous en retrouverez, sûrement, tôt ou tard, la trace ! Ce qui est dommage dans ce cas-ci, je l'avais prédis dès le début, c'est que l'écosystème marin à cet endroit va en prendre un sale coup !

    Les analyses chromatographiques d'échantillons confirmeraient la présence de benzène, de toluène (un dissolvant), d'éthylbenzène et de xylène et, pour avoir travaillé professionnellement avec ces hydrocarbures, je peux vous assurer qu'ils représentent non seulement un risque mais aussi une toxicité certaine pour toute forme de vie que ce panache sous-marin de pétrole aura le malheur de rencontrer sur sa route ! Tout l'écosystème océanique sera touché, du fond marin, à la flore et à la faune (plancton, krill) vivant en suspension dans la colonne d'eau !

    «Nous ignorons également comment et pourquoi ce panache s'est formé» disent les spécialistes mais, une chose est certaine, ils vont sûrement en trouver d'autres, s'ils ne font pas surface d'eux-mêmes avant !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
6 réactions
3 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012