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Gaz de schistes - L'exploitation des ressources naturelles, c'est l'exploitation des Québécois

Lise Thibault, Lévis  20 août 2010  Actualités sur l'environnement
L'opposition grandissante envers l'exploitation imminente des gaz de schistes en l'absence de toute étude préalable est saine et essentielle. J'y vois des Québécois de plus en plus allumés (sans mauvais jeu de mots) qui s'investissent dans et pour leur communauté: on y est loin de l'égocentrisme.

Par contre, cette précipitation du gouvernement Charest à dérouler le tapis rouge pour toute industrie qui vise à exploiter, voire à piller nos richesses naturelles est plus que suspecte. En ce sens, les paroles de la ministre Nathalie Normandeau deviennent de plus en plus préoccupantes pour quiconque sait lire entre les lignes et connaît bien les «prouesses» passées de ce gouvernement dans le dossier de l'énergie et des mines — on n'a qu'à penser à l'affaire Rabaska, à Gentilly II, à Osisko au coeur de Malartic, aux permis pour les petites centrales hydroélectriques au détriment de l'environnement alors qu'on est en surplus de production électrique, le controversé dossier de l'uranium et j'en passe. Même l'immense chantier de la Romaine a lui aussi ses zones troubles.

Lorsque l'attaché de presse de la ministre des Ressources naturelles affirme «sentir un besoin en information de la part de la population», il faut comprendre que ce sont le ministère et l'industrie qui ont besoin d'une bonne firme de communication et de gestion de crise en vue de «fabriquer» «la» bonne information. Quand la ministre indique «qu'il y aura un débat public à l'automne» et «qu'il se fera de façon transparente», une oreille aguerrie entendra que Mme Normandeau désire qu'une propagande efficace soit élaborée et prête à servir dès l'automne à la population naïve.

Alors qu'en octobre dernier Mme Normandeau confirmait lors du congrès de l'Association pétrolière et gazière du Québec — ses plus proches conseillers — souhaiter «présenter une loi [des mines] plus proactive», «mettre de côté la bureaucratie» et «faciliter votre vie [ce qui] va permettre de créer plus de richesse au Québec», il aurait fallu comprendre que notre gouvernement se prépare à déréglementer et subventionner afin de créer encore plus de richesse certes, mais seulement pour ces entreprises en majorité étrangères qui s'apprêtent à soutirer de notre sous-sol nos richesses naturelles sans obligation de redevances.

Comme Rabaska


Il est possible que le gaz de schistes puisse être exploité de façon propre. Malheureusement, le gouvernement Charest évite soigneusement de s'en assurer en ce qui concerne les projets québécois. Il est aussi possible que l'exploitation du gaz de schiste puisse être rentable pour l'ensemble des Québécois sous certaines conditions rigoureuses. Encore une fois, on s'est assuré, au gouvernement, de tout donner à l'entreprise privée. Rien pour l'enrichissement collectif.

Quant à un mandat d'étude exhaustive et générique pouvant être confié au BAPE, le gouvernement s'y refuse. Quoi qu'il en soit, pour avoir vécu de l'intérieur les audiences du BAPE dans l'affaire Rabaska, je pressens que si audiences il y avait, on risque fort de se retrouver devant une parade semblable qui ne servirait qu'à jeter de la poudre aux yeux afin de légitimer at large une industrie qui ne le mérite peut-être pas dans son ensemble. Et, quelques millions plus tard, on se retrouverait encore floués, de toute façon. À moins que beaucoup plus de Québécois allumés et généreux...

***

Lise Thibault, Lévis
 
 
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  • ClarkeCity
    Inscrit
    vendredi 20 août 2010 06h11
    Le BAPE au service du gouvernement.
    Il semble exister aucun problème même à changer le transcrit OFFICIEL des séances du BAPE pour oublier l'illogisme de notre gouvernement sur la séparation des lignes de transport électrique et les barrages hydroélectrique pour ces audiences publiques.  

    Le gouvernement ne répond pas aux questions et suggestions qui pourraient améliorer l’intégration des projets hydroélectriques avec les communautés qui doivent vivre avec les impacts des barrages. Ce qui est encore plus navrant, le Protecteur du Citoyen se virent le dos et ne fait aucune recommandations qui pourrait prévenir les injustices pour les autres communautés d’accueil.

    Télécharger le témoignage d’une vérité gênante : « Une communauté d’accueil abandonnée ». http://pages.globetrotter.net/sm-experience/downlo

    www.SergeMarchand.com

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 20 août 2010 07h00
    Ce que dit Jonas de la baleine
    Merci madame, vous avez donc vu la bête de l'intérieur, point de vue qui manquait aux impressions et intuitions, aussi justes soient-elles. Je suis peut-être un peu obtuse mais j'aurais aimé que vous finissiez votre dernière phrase, quoiqu'elle s'accorde bien à votre ton pondéré. Un autre lecteur pourra peut-être l'achever à votre place?

  • Yvan Dutil
    Inscrit
    vendredi 20 août 2010 06h58
    J'ai de la misère à comprendre cette logique?
    À l'heure actuelle, on importe le gaz de l'Alberta et c'est les Albertains qui ramassent tous les profits. Dès que l'on parle d'en produire ici, on déchire nos chemises parce que l'on pourrait ramasser une plus grande partie des profits. C'est d'autant plus vrai que des compagnies québécoises sont partenaires dans ces projets.

    Il est un peu trad pour hurler à l'exploitation. C'est quand la division hydrocarbures d'Hydro-Québec a fermé qu'il fallait crier. Maintenant, c'est trop tard.

  • JF Gaudreau
    Inscrit
    vendredi 20 août 2010 10h13
    Les contaminants eux, on en parle peu? Secret industriel mon oeil!
    J'espère que d'autres médias poseront des questions...

    En lisant les articles anglophones de nos voisins du Sud ( ex. http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=m ), je me rends compte que la soupe chimique qui fut utilisée pour le forage de ces puits contenait des matières radioactives! C'est vraiment inquiétant. Si c'est le cas de l'industrie qui s'implante au Québec, il me semble que la Santé publique est en jeu ici et que le Gouvernement doit intervenir et est redevable de réponses à sa population. Sinon, et bien c'est le devoir de la population de rechercher et de partager les faits.

  • Jacques Leger
    Abonné
    vendredi 20 août 2010 11h15
    LES CITOYENS DEVRONT SE LEVER
    Tout à fait d'accord avec ce texte de Lise Thibault. La précarité de la survie de la qualité de l'air que nous respirons et des cours d'eau que nous avons sur ce territoire exige de la ministre Normandeau et de ses semblables une extrème prudence face à cette invasion des faiseurs d'argent qui cherchent honteusement à abuser de nos ressources naturelles à leur profit. Nous devons suivre de très près ce dossier et nous préparer à réagir fortement avant qwu'il ne soit trop tard.

    JACQUES LÉGER, MONTRÉAL

  • TrevorJMurphy
    Inscrit
    vendredi 20 août 2010 11h41
    Sur le gaz de schiste...
    Le gaz de schiste est une ressource importante qui commence d’avoir un impacte partout dans le monde. En Pologne, par exemple, des compagnies majeures comme ConocoPhillips, ExxonMobil, Talisman Energy et Chevron font des recherches sur ce gaz, et ceci indique que le Pologne pourrait être un des premiers pays en Europe de gagner leur indépendance en ce qui concerne l’énergie et des ressources naturelles. Si vous aimeriez de faire plus de lecture sur le shale gas en Europe, je vous suggère ce lien : http://www.naturalgasforeurope.com

  • Yvan Dutil
    Inscrit
    vendredi 20 août 2010 13h51
    Du calme SVP.
    @JF Gaudreau Les clowns aux qui utilisaient des produits chimiques dangereux seraient mal venu de le faire ici, n'étant pas exempté des lois sur la protection des eaux comme aux USA. Exemption qui a d'ailleurs été révoquée.

    D'autre part, contrairement à shale de Marcellus que l'on retrouve au sud de notre frontière, les shales d'Utica que l'on retrouve ici ne sont pas radioactif.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    vendredi 20 août 2010 17h50
    LIse Thibeault fait preuve d'une dialectique...
    ...implacable et irréfutable, à la manière de deux grands maîtres en la matière selon moi, comme Parizeau et Ryan. Je me demande d'où elle sort cette dame. Mais chapeau !

    Pour terminer sa conclusion, j'imagine qu'elle serait à l'effet que la population ferait reculer ce gouvernement digne d'une république de bananes, comme çe fut le cas pour Rabaska, le Suroît et Orford.

  • Daniel Cyr
    Abonné
    samedi 21 août 2010 08h57
    Bien formulé!
    Bravo Mme Thibault! Malgré un titre pour le moins surprenant, vous avez très bien esquissé entre autres, le fait qu'une bonne proportion de la population n'est pas foncièrement contre ces gros projets, mais contre la manière de faire d'un gouvernement qui oublie trop souvent de qui il tient son mandat. Produire de la richesse est une chose, mais quel en est son prix... social et environnemental?

    Continuez à être ainsi allumée.

  • Françoise Breault
    Abonnée
    samedi 21 août 2010 13h26
    Si plus de Québecois
    Si plus de Québecois savaient lire aussi bien que Mme Thibault le double discours de nos politiciens, plus de gens sauraient pour qui voter afin que le mieux-être collectif soit bien servi...

    Malheureusement, ce n'est pas le discours des médias corporatifs qui va les éclairer...

  • Martin Dufresne
    Abonné
    dimanche 22 août 2010 15h53
    En Pennsylvanie, le "fracking" a des effets désastreux
    Lire cet excellent reportage de Christopher Bateman, publié dans le mensuel Vainity Fair: http://3.ly/TywX

  • Chryst
    Abonné
    lundi 23 août 2010 18h06
    Vente de feu
    Le gouvernement brade nos ressources naturelles tout en ignorant l’expertise développée au sein d’un de ses propres ministères.

    Nous pensons surtout à la nôtre ( base de données principalement) acquise alors que nous étions au gouvernement du Québec.

    Or, celle-ci pourrait nous permettre de réduire substantiellement certains coûts actuels en les divisant par 3 ou par 4 ce qui est des plus avantageux à l’heure de la mondialisation.

    La démonstration concrète en est déjà faite pour la foresterie. Le Devoir écrivait, il y a quelque temps, que le Québec manquait le train numérique.

    Des possibilités énormes sont à sa portée, saura-t-il en profiter? Il est donc possible de créer de la richesse tant qu’on veut.

    La polémique récente entourant le prochain recensement démontre que nos élus n’ont rien compris aux possibilités de la base de données. Les statistiques sur les données en fonction d’une variable sont loin d’être les seules opérations possibles comme nous l’affirmait un ex-informaticien.

    Bravo pour votre article madame Thibault.

    Michel Thibault ing. f. m. sc. écologie et pédologie

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