Gaz de schistes - L'exploitation des ressources naturelles, c'est l'exploitation des Québécois
L'opposition grandissante envers l'exploitation imminente des gaz de schistes en l'absence de toute étude préalable est saine et essentielle. J'y vois des Québécois de plus en plus allumés (sans mauvais jeu de mots) qui s'investissent dans et pour leur communauté: on y est loin de l'égocentrisme.
Par contre, cette précipitation du gouvernement Charest à dérouler le tapis rouge pour toute industrie qui vise à exploiter, voire à piller nos richesses naturelles est plus que suspecte. En ce sens, les paroles de la ministre Nathalie Normandeau deviennent de plus en plus préoccupantes pour quiconque sait lire entre les lignes et connaît bien les «prouesses» passées de ce gouvernement dans le dossier de l'énergie et des mines — on n'a qu'à penser à l'affaire Rabaska, à Gentilly II, à Osisko au coeur de Malartic, aux permis pour les petites centrales hydroélectriques au détriment de l'environnement alors qu'on est en surplus de production électrique, le controversé dossier de l'uranium et j'en passe. Même l'immense chantier de la Romaine a lui aussi ses zones troubles.
Lorsque l'attaché de presse de la ministre des Ressources naturelles affirme «sentir un besoin en information de la part de la population», il faut comprendre que ce sont le ministère et l'industrie qui ont besoin d'une bonne firme de communication et de gestion de crise en vue de «fabriquer» «la» bonne information. Quand la ministre indique «qu'il y aura un débat public à l'automne» et «qu'il se fera de façon transparente», une oreille aguerrie entendra que Mme Normandeau désire qu'une propagande efficace soit élaborée et prête à servir dès l'automne à la population naïve.
Alors qu'en octobre dernier Mme Normandeau confirmait lors du congrès de l'Association pétrolière et gazière du Québec — ses plus proches conseillers — souhaiter «présenter une loi [des mines] plus proactive», «mettre de côté la bureaucratie» et «faciliter votre vie [ce qui] va permettre de créer plus de richesse au Québec», il aurait fallu comprendre que notre gouvernement se prépare à déréglementer et subventionner afin de créer encore plus de richesse certes, mais seulement pour ces entreprises en majorité étrangères qui s'apprêtent à soutirer de notre sous-sol nos richesses naturelles sans obligation de redevances.
Comme Rabaska
Il est possible que le gaz de schistes puisse être exploité de façon propre. Malheureusement, le gouvernement Charest évite soigneusement de s'en assurer en ce qui concerne les projets québécois. Il est aussi possible que l'exploitation du gaz de schiste puisse être rentable pour l'ensemble des Québécois sous certaines conditions rigoureuses. Encore une fois, on s'est assuré, au gouvernement, de tout donner à l'entreprise privée. Rien pour l'enrichissement collectif.
Quant à un mandat d'étude exhaustive et générique pouvant être confié au BAPE, le gouvernement s'y refuse. Quoi qu'il en soit, pour avoir vécu de l'intérieur les audiences du BAPE dans l'affaire Rabaska, je pressens que si audiences il y avait, on risque fort de se retrouver devant une parade semblable qui ne servirait qu'à jeter de la poudre aux yeux afin de légitimer at large une industrie qui ne le mérite peut-être pas dans son ensemble. Et, quelques millions plus tard, on se retrouverait encore floués, de toute façon. À moins que beaucoup plus de Québécois allumés et généreux...
***
Lise Thibault, Lévis
Par contre, cette précipitation du gouvernement Charest à dérouler le tapis rouge pour toute industrie qui vise à exploiter, voire à piller nos richesses naturelles est plus que suspecte. En ce sens, les paroles de la ministre Nathalie Normandeau deviennent de plus en plus préoccupantes pour quiconque sait lire entre les lignes et connaît bien les «prouesses» passées de ce gouvernement dans le dossier de l'énergie et des mines — on n'a qu'à penser à l'affaire Rabaska, à Gentilly II, à Osisko au coeur de Malartic, aux permis pour les petites centrales hydroélectriques au détriment de l'environnement alors qu'on est en surplus de production électrique, le controversé dossier de l'uranium et j'en passe. Même l'immense chantier de la Romaine a lui aussi ses zones troubles.
Lorsque l'attaché de presse de la ministre des Ressources naturelles affirme «sentir un besoin en information de la part de la population», il faut comprendre que ce sont le ministère et l'industrie qui ont besoin d'une bonne firme de communication et de gestion de crise en vue de «fabriquer» «la» bonne information. Quand la ministre indique «qu'il y aura un débat public à l'automne» et «qu'il se fera de façon transparente», une oreille aguerrie entendra que Mme Normandeau désire qu'une propagande efficace soit élaborée et prête à servir dès l'automne à la population naïve.
Alors qu'en octobre dernier Mme Normandeau confirmait lors du congrès de l'Association pétrolière et gazière du Québec — ses plus proches conseillers — souhaiter «présenter une loi [des mines] plus proactive», «mettre de côté la bureaucratie» et «faciliter votre vie [ce qui] va permettre de créer plus de richesse au Québec», il aurait fallu comprendre que notre gouvernement se prépare à déréglementer et subventionner afin de créer encore plus de richesse certes, mais seulement pour ces entreprises en majorité étrangères qui s'apprêtent à soutirer de notre sous-sol nos richesses naturelles sans obligation de redevances.
Comme Rabaska
Il est possible que le gaz de schistes puisse être exploité de façon propre. Malheureusement, le gouvernement Charest évite soigneusement de s'en assurer en ce qui concerne les projets québécois. Il est aussi possible que l'exploitation du gaz de schiste puisse être rentable pour l'ensemble des Québécois sous certaines conditions rigoureuses. Encore une fois, on s'est assuré, au gouvernement, de tout donner à l'entreprise privée. Rien pour l'enrichissement collectif.
Quant à un mandat d'étude exhaustive et générique pouvant être confié au BAPE, le gouvernement s'y refuse. Quoi qu'il en soit, pour avoir vécu de l'intérieur les audiences du BAPE dans l'affaire Rabaska, je pressens que si audiences il y avait, on risque fort de se retrouver devant une parade semblable qui ne servirait qu'à jeter de la poudre aux yeux afin de légitimer at large une industrie qui ne le mérite peut-être pas dans son ensemble. Et, quelques millions plus tard, on se retrouverait encore floués, de toute façon. À moins que beaucoup plus de Québécois allumés et généreux...
***
Lise Thibault, Lévis
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

