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Terminal Shell de Montréal - Hausse de 25% du trafic pétrolier à prévoir sur le Saint-Laurent

Une centaine de navires transportant de l'essence seront nécessaires annuellement pour fournir les réservoirs d'entreposage du nouveau terminal, selon ce qu'explique Nicole Belval, porte-parole de Shell.
Photo : Jacques Nadeau - archives
Une centaine de navires transportant de l'essence seront nécessaires annuellement pour fournir les réservoirs d'entreposage du nouveau terminal, selon ce qu'explique Nicole Belval, porte-parole de Shell.
La décision de Shell de convertir sa raffinerie de l'est de Montréal en terminal pétrolier forcera la multinationale à s'approvisionner par bateau en essence raffinée. Cela aura pour effet de faire croître d'environ 25 % le nombre de navires chargés de produits pétroliers qui remontent le Saint-Laurent jusqu'à Montréal. Cet achalandage maritime supplémentaire viendra d'ailleurs ajouter au risque déjà bien présent que le fleuve, réputé comme une voie navigable difficile, soit un jour le théâtre d'un déversement aux conséquences catastrophiques.

Une centaine de navires transportant de l'essence seront nécessaires annuellement pour fournir les réservoirs d'entreposage du nouveau terminal, selon ce qu'explique Nicole Belval, porte-parole de Shell. Elle précise que celui-ci pourrait être opérationnel dès le 1er novembre prochain et fonctionner avec 25 à 30 employés. À condition, bien sûr, que Québec accorde toutes les autorisations requises. Actuellement, une cinquantaine de navires accostent chaque année au quai que possède la multinationale de l'énergie fossile. Mais il n'a pas été possible d'obtenir de précisions sur la cargaison de ces bateaux.

Au Port de Montréal, on indique qu'en 2009, 432 navires transportant «des hydrocarbures et autres produits pétroliers» ont accosté à l'un des 11 quais réservés à ce type de «vrac liquide». Une augmentation de l'ordre de celle prévue par Shell — grosso modo 25 % — ne poserait aucun problème. Même son de cloche du côté de l'Association des pilotes du Saint-Laurent Central, qui regroupe les 115 pilotes qui montent à bord des grands navires commerciaux entre Québec et Montréal. Son président, Bernard Boissonneault, précise toutefois qu'il n'a pas encore eu de discussions formelles avec Shell.

S'il ne semble pas y avoir de contraintes techniques à l'arrivée de ces navires, il s'agit tout de même d'une nouvelle hausse de la quantité de produits pétroliers qui transitent sur les eaux du Saint-Laurent. En fait, le tonnage a presque doublé en 15 ans, précise Marc Hudon, président du Conseil consultatif régional sur le déversement des hydrocarbures en milieu marin pour la région du Québec.

S'il refuse de faire des conjectures sur les risques qu'un déversement se produise, le président du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM) de Tadoussac n'en estime pas moins la chose très plausible. «Jusqu'à présent, on a été assez chanceux. On est parfois passés près d'un accident», avertit Robert Michaud. Il faut dire que la navigation sur le fleuve aux grandes eaux est réputée complexe en raison des hauts-fonds, des courants, des glaces et maintenant du manque d'eau. «À partir de Tadoussac, il y a un seul petit chenal très profond, explique-t-il. Tous les navires passent dans la zone entre l'île aux Coudres et Saint-Joseph-de-la-Rive. Ensuite, ça se corse. Quand ils arrivent au cap Tourmente, ils doivent retourner vers la rive sud pour se diriger au sud de l'île d'Orléans, en passant dans un secteur de marées et peu profond. Là, il y a des coudes et des passages étroits.»

Or, précise M. Michaud, un accident entre l'embouchure du fjord du Saguenay et l'île d'Orléans aurait des conséquences environnementales énormes. «La pollution pourrait se répandre très rapidement sur les zones fragiles, comme les marais salants ou les zones côtières. Ce serait très dommageable étant donné la nature complexe des courants, l'étroitesse de la voie navigable et la richesse de la biodiversité». L'impact sur l'écosystème marin pourrait en effet non seulement être catastrophique, mais aussi perdurer à long terme. Un exemple? La population de bélugas, pour qui la mort d'à peine une dizaine d'individus compromet le rétablissement pour au moins une décennie.

Dans le cas d'une vaste pollution qui serait provoquée par un navire transportant de l'essence, «la toxicité immédiate serait importante sur les milieux marins», souligne Émilien Pelletier, professeur en océanographie à l'Université du Québec à Rimouski. Les risques d'incendie sont aussi plus importants que pour une fuite de pétrole brut. L'essence s'évapore toutefois relativement bien, même en eau froide. Un accident pétrolier serait bien pire, selon lui, s'il impliquait un des énormes navires qui alimentent la raffinerie Ultramar de Saint-Romuald. Un seul de ses bâtiments peut transporter pas moins de 100 000 tonnes de brut. Portée par les marées et par les courants dans le fleuve, cette nappe destructrice provoquerait énormément de dégâts.

Quelle que soit la nature du produit pétrolier déversé, tous les intervenants consultés par Le Devoir sont d'avis qu'on ne pourrait faire face à un déversement de grande ampleur s'il survenait aujourd'hui. Marc Hudon insiste donc sur la nécessité d'adapter les procédures d'intervention afin de pouvoir répondre à des déversements provenant de navires qui ont pris du poids au fil des années. Selon lui, il faudrait notamment améliorer la formation des équipes d'urgence et adapter les équipements utilisés. «Il ne faut pas attendre d'avoir un mégadéversement dans le fleuve pour se demander ce qu'on aurait dû faire», laisse-t-il tomber.

«Le mot d'ordre n'est pas de dire qu'il faut fermer le Saint-Laurent, mais il faut être très prudent, parce qu'il y a des risques réels et importants, et ces risques sont connus, affirme pour sa part Robert Michaud. Il faut par exemple réduire la vitesse des navires et leur tonnage, mais aussi maintenir les aides à la navigation. Cela veut dire augmenter les coûts pour les armateurs.»

Ceux-ci militeraient plutôt pour un allègement des coûts. Selon les informations obtenues, certains armateurs plaideraient ainsi pour l'abolition des pilotes du Saint-Laurent, obligatoires à partir des Escoumins. En raison de la baisse du niveau d'eau, d'autres exigent le redragage de la voie maritime dans certains secteurs, ce qui aurait pour effet de remettre en circulation des contaminants, en plus d'assécher davantage les berges. Émilien Pelletier déplore d'ailleurs cette tendance lourde, plutôt favorable à la déréglementation. Mais, prévient-il, «on paie toujours un prix pour un relâchement des règles».
 
 
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  • France Marcotte - Abonnée
    10 août 2010 08 h 35
    Mille sabords!
    De toute évidence, ce n'est pas très raisonnable de faire cavaler ainsi le pétrole sur un fleuve qui a soif et dans les limites d'un chenal tout en coudes et en impondérables. Qu'à cela ne tienne, quand y faut, y faut et maintenant qu'on est accros, on passera par la lune si c'est nécessaire! Au fait, n'y a-t-il pas d'autres possibilités, dépendamment de la provenance de l'élixir? Le pipeline Portland-Montréal, par exemple, dont on voulait inverser le flux pour acheminer le pétrole des sables bitumineux vers les États-Unis (!), ne pourrait-on au contraire le sur-utiliser pour nous apporter notre dose?
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  • Fernand Trudel - Abonné
    10 août 2010 10 h 40
    Encore une campagne de la peur
    Voilà les écolos attendaient pour partir leur campagne de peur. Il y aura un oléoduc entre St-Romuald et Montréal pour justement amener le pétrole de la raffinerie Ultramar de Str-T Romualsd qui a doublé sa capacité de raffinage qui se fait actuellement par ultratrain 4 fois par jour. Ce pétrole se promène sur le fleuve jusqu'è Québec depuis des lunes sans problèmes. C'est vrai qu'à Montréal on a des puces plein la tête et qu'on a des vues courtes car entre temps il faudra amener le pétrole quand même à moins de rationner les maisons qui chauffentr au mazout ou d'abandonner nos autos è la ferraille pour faire plaisir aux verdoyants...

    Mais les écolos taisent celà pour agiter leur peur verte. Pas surpenanrt qu'ils veulent des poules au centre-ville, le retour à la nature. Eux, la grippe aviaire ils ne connaissent pas...
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  • marieclaude333 - Abonné
    10 août 2010 10 h 42
    Une irresponsabilité collective!
    Il n'y a pas encore assez de dégâts sur la planète? On est encore relativement épargnés mais on en veut nous aussi? Est-ce que nos dirigeants politiques vont finir par mettre leurs culottes et dire non, c'est fini, pas chez-nous? Est-ce qu'on va continuer à faire les quatre volontés des multinationales anonymes ou est-ce qu'on va enfin faire ce qu'il faut pour préserver cette terre pour nos enfants, nos petits-enfants, notre descendance? Est-ce qu'on va enfin comprendre qu'il faut changer nos habitudes, notre manière de vivre, pour préserver l'environnement? C'est cela aussi l'équité intergénérationnelle!
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  • SoVie - Abonné
    10 août 2010 11 h 05
    Pétition sur le site de l'Assemblée nationale
    Il y a justement une pétition qui circule dans les réseaux sociaux pour demander à l’Assemblée nationale d’exiger du gouvernement du Québec de se doter d’une stratégie sur les aires protégées propre au milieu marin: https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-713/index.html
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    10 août 2010 11 h 14
    Le port naturel du Québec...
    ... c'est Gaspé. Le trajet jusqu'à Québec est dangereux, et on doit creuser le Saint-Laurent pour permettre aux bateaux de venir jusqu'à Montréal. Les chemins de fer, ça existe.
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  • MystHalo - Inscrit
    10 août 2010 11 h 21
    Plus de pétrole et moins de débit
    M. Trudel, pourrions-nous laisser de côté les expressions empreintes de condescendances tels que les écolos, ou gau-gauches. Pour ce qui est de la raffinerie de St-Romuald, n'oublions pas la fuite dont elle a été responsable à l'été 2007. Je pense qu'il faut surveillé de très très près les activités des entreprises pétrolière sur notre territoire, on ne peut accepter qu'elles les coins ronds, et risquent la santé de la population. Ce qui m'inquiète le plus dans cette annonce, c'est le fait que d'années et années, le niveau d'eau dans le fleuve diminue. Combiné à une augmentation du trafic pétrolier, le nombre de chance de voir un déversement dans la voie maritime augmentent grandement. Rien de rassurant pour nous, bien que ce soit bon pour l'économie.
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  • France Marcotte - Abonnée
    10 août 2010 11 h 51
    M.Trudel
    Quel est votre problème avec la verdure? Vous ne pouvez parler sans évoquez cette couleur ou le terme "gauche". Vous croyez que cela relève vos propos, qui, sinon, seraient insipides? D'accord, on a compris, vous pouvez maintenant cesser ce jeu futile et parler en adulte, en votre propre nom.
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  • Richard Ferland - Abonné
    10 août 2010 11 h 55
    Shell n'a pas fini de nous impressionner!
    Cette solution est la solution qui permettra d'augmenter ses profits à SHELL. Et voilà ce que le gouvernement et nous découvront maintenant. Elle ne vise pas le maintien de milliers d'emplois qui gravitent autour d'une rafinerie. Elle ne tient pas vraiment compte du tord fait à l'économie de la région.
    Il revient au gouvernement de refuser cette proposition. Il faut le maintien de cette rafinerie ou la reconstruction d'une plus performante ici et non pas dans une autre région du pays. La population déservie n'est pas ailleurs mais ici.
    D'où viendra ce pétrole rafiné? Qui est l'heureux élu?
    Le gouvernement québécois a la responsabilité de continuer à presser SHELL d'être un bon citoyen corporatif. Les profits à engranger leur permettront d'aller jusqu'où?
    On ne peut oublier que les rafineries recoivent beaucoup d'argent de nos gouvernements et depuis longtemps. De par ces subventions le gouvernement a une grande légitimité d'intervention.
    Il ne faut pas laisser filer cette occasion. M.Charest mettez-y donc tout votre poids politique.
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  • Mario Paquette - Inscrit
    10 août 2010 12 h 03
    Vite Vite Vite les voitures Électriques
    M. Trudel vous chauffer votre maison
    au mazout quel horreur ce fut la
    première chose que j ai fait lors
    de l achat de ma maison, sortir
    au plus vite la vieille fournaise au
    mazout pour la remplacer par une
    fournaise électrique.

    Car ici au Québec on produit de
    l électricité et on nous la vend
    vraiment peu cher. Une multinationale
    Québecoise qui profite aux gens
    d ici.

    Je crois que si besoin il y a, un
    pipeline pourrais- etre construit
    pour faciliter le transport de
    l or noir afin d éviter des
    déversements non souhaités
    dans le fleuve.

    Le tout biensur Nationaliser
    (contribution de Shell pour la fermeture
    de sa raffinnerie au Québec)
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  •  
  • Michel Habib - Inscrit
    10 août 2010 13 h 25
    On prend des risques de toute facon...
    Nous savons que des avions tombent, que des trains déraillent, que des camions remplis de toutes sortes de produits font des accidents, que des barages...peuvent céder, qu'il y a des miliers d'accident auto par année, etc. entrainant des milliers de mort par année, et cela ne nous empêche pas de continuer à utiliser tous ces moyens pour nous transporter et transporter tout ce «qui contribue à la vie»!!
    Comme il est peu probable que nous changions radicalement le style de notre vie moderne, quoiqu'on en dise, malheureusement, il nous faut apprendre à vivre avec le risque qu'un navire chavire...avec toutes les conséquences qui l'accompagnent! Bien sûr on ferra tout ce qu'on pourra pour augmenter la sécurité, comme dans tous les autres dimensions du transport.
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  • France Marcotte - Abonnée
    10 août 2010 14 h 12
    Merci monsieur Habib
    Votre témoignage est un parfait exemple du discours planant d'un junkie du pétrole, prêt à tous les risques pourvu que ça dure. Rassurez-vous, vous n'êtes pas tout seul et les autorités compétentes feront tout en leurs pouvoirs pour que vous ne manquiez de rien.
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  • TRIPOD - Inscrit
    10 août 2010 18 h 53
    Qu'on demande des garanties ...
    La décision unilatérale de Shell de convertir sa raffinerie de l'est de Montréal en terminal pétrolier est SON problème ! La décision à savoir si on la laisse faire ou non est la NOTRE !

    Que les gouvernements qui sont SENSÉS veiller à NOS intérêts s'assurent que ces transports de pétrole se feront de façon sécuritaire et que l'on fasse bien comprendre à la pétrolière, qu'en cas de déversement ou autre, Shell sera la SEULE et UNIQUE responsable !

    Le contribuable québécois paie déjà trop, il n'a pas à assumer cette responsabilité ! À ce que je sache, la milliardaire Shell ne donne pas son essence à la pompe, elle ne fait pas la charité à ce chapitre, loin de là, elle est plutôt souvent parmi les premières à emboîter le pas et à prôner une nouvelle augmentation !

    Shell a, de son propre chef, changé les règles du jeu, qu'elle s'attende à ce qu'on l'aie dans le collimateur pour un bon bout de temps et que l'on scrute, à la loupe, toutes ses allées et venues !

    Les gouvernements, de plus, devraient demander des garanties aux pétrolières qui extraient ou véhiculent l'or noir afin d'établir un fonds de secours qui éviterait les délais que l'on a connus, par exemple, dans le golfe du Mexique !
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  • Louise Bergeron - Inscrit
    11 août 2010 09 h 25
    Allons-nous leur faire confiance ?
    En mai dernier est paru dans le Courrier International un article à l'effet qu'il y avait des déversements de pétrole dans la mer au Nigéria, que ces puits vétustes appartenaient à la Compagnie Shell, que la Compagnie n'avait rien fait à ce jour pour nettoyer et réparer les brèches.
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