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    Une oasis de la biodiversité menacée par les pelles mécaniques

    La station Pavlovsk contient plus de 5000 plantes différentes, dont 1000 variétés de fraises seulement.<br />
    Photo: Agence Reuters Darrin Zammit Lupi La station Pavlovsk contient plus de 5000 plantes différentes, dont 1000 variétés de fraises seulement.
    La construction d'un complexe immobilier menace une des plus grandes banques de semences du monde, à Saint-Pétersbourg, en Russie. Plus de 90 % des fruits et des baies conservés à la station expérimentale Pavlovsk depuis 100 ans n'existent nulle part ailleurs dans le monde, et pourraient être détruits pour faire place à des rues et à des maisons neuves.

    Le destin de cette collection d'une valeur inestimable repose entre les mains de la cour, qui doit entendre la cause le 11 août prochain. Il s'agit de la plus importante collection d'Europe.

    Le Global Crop Diversity Trust (GCDT) a lancé samedi un cri d'alarme, demandant au gouvernement russe de sauver cette réserve de la biodiversité. Les internautes peuvent se joindre à eux en signant une pétition en ligne ou en écrivant au président Dmitri Medvedev par Twitter.

    Le directeur de la station de recherche, Fyodor Mikhovich, craint que le tribunal ne favorise les promoteurs immobiliers au détriment de cet héritage biologique irremplaçable. Il estime que d'ici trois ou quatre mois, les bulldozers jetteront par terre cent ans de travail acharné.

    «Au vingtième siècle, c'est la Russie qui a enseigné au monde l'importance des banques de semences pour l'avenir de l'agriculture, a souligné Cary Fowler de la GCDT. Détruire la station ternira une cause pour laquelle des scientifiques ont carrément donné leur vie», a-t-elle déploré par voie de communiqué.

    Le déménagement de la station est écarté par les scientifiques: une grande partie de la banque est constituée de plantes vivantes poussant aux champs. Le transfert prendrait des années. «C'est un jardin, pas seulement des graines», a expliqué à la BBC le directeur du Département des relations internationales de l'Institut Vavilov, Sergey Alexanian. L'institut de recherche, dit-il, ne peut se porter acquéreur du site. «Ce serait l'idéal, mais c'est impossible. C'est vraiment beaucoup d'argent.»

    Nikolai Vavilov a fondé la station en 1926 et créé par le fait même le concept de banque de semences. Les graines de variétés diverses de pommes, de fraises ou de framboises devaient préserver la diversité des cultivars pour répondre à toute menace sur les cultures.

    Pendant le siège de Leningrad, douze scientifiques russes ont préféré mourir de faim plutôt que de manger les semences de riz, de pois ou de maïs qui auraient pu les sauver. Après la Seconde Guerre mondiale, la banque a continué à s'enrichir de semences provenant des quatre coins du monde, dont le Canada.

    Aujourd'hui, ce garde-manger du monde contient plus de 5000 plantes différentes, dont 1000 variétés de fraises seulement. Celles-ci pourraient remplacer des cultivars existants en cas de maladies ou de changement des conditions climatiques causées le réchauffement de la planète.

    En 2009, le ministère du Développement économique a cédé deux des terrains de la station à une fondation russe de développement immobilier. Les scientifiques ont contesté sans succès la décision, et les terrains seraient bientôt mis à vendre, si la cour l'autorise.












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