Lettres - Exploitation gazière : risques non partagés
Les conséquences qu'aurait un déversement de pétrole dans le golfe du Saint-Laurent pourraient avoir des impacts, sur l'écosystème marin et côtier, irréversibles.
Il faut bien mettre en contraste le fait que la crise de la morue ne serait rien à côté de cette tragédie potentielle. Lorsqu'un écosystème subit une perturbation d'une certaine ampleur, il peut subir ce qu'on appelle dans le jargon une «transition critique». Lorsqu'un écosystème franchit ce seuil de transition critique, sa dynamique va généralement suivre une tangente chaotique pour finalement se rapprocher d'un état de stabilité. Or, cet état de stabilité peut être très loin de celui d'avant. Il est donc possible de se retrouver avec un écosystème structuré très différemment autant en composition (espèces présentes) qu'en densité (abondance des espèces présentes). Cet état peut-être plus ou moins stable que le précédent. Aux fins de comparaison, l'accident du golfe du Mexique ne peut constituer une référence exacte puisque les conditions physico-chimiques qui prévalent dans le golfe du Saint-Laurent sont trop différentes.
Prendre un tel risque de modification du milieu représente un calcul très dangereux pour les populations côtières qui dépendent directement de l'état actuel du fleuve pour leur survie économique. De manière plus globale, les services environnementaux rendus par cet écosystème sont d'une importance primordiale pour l'ensemble des citoyens du Québec méridional (plus de la moitié des Québécois y vivent). La grande différence entre ces deux maux et qu'un d'entre eux sera très localisé et très rapide tandis que l'autre sera généralisé au Québec méridional et à plus long terme.
Si, à court terme, l'exploitation du pétrole dans le golfe du Saint-Laurent profitera d'une certaine façon à l'ensemble des Québécois, le risque à court terme quant à lui n'est pas du tout partagé par l'ensemble, mais bien par une minorité. Avec des considérations à plus long terme, la balance s'inverse. Nous risquons de payer très cher collectivement pour l'enrichissement à long terme d'une minorité. Dans tous les cas, le principe de précaution devrait primer vu les risques encourus.
Le pétrole c'est hier et maintenant, mais ce n'est pas demain. Les villes dévitalisées de la côte ne doivent pas se faire embarquer dans ce fiasco environnemental et économique à long terme. Développons des économies régionales fortes, résilientes et viables.
Il faut bien mettre en contraste le fait que la crise de la morue ne serait rien à côté de cette tragédie potentielle. Lorsqu'un écosystème subit une perturbation d'une certaine ampleur, il peut subir ce qu'on appelle dans le jargon une «transition critique». Lorsqu'un écosystème franchit ce seuil de transition critique, sa dynamique va généralement suivre une tangente chaotique pour finalement se rapprocher d'un état de stabilité. Or, cet état de stabilité peut être très loin de celui d'avant. Il est donc possible de se retrouver avec un écosystème structuré très différemment autant en composition (espèces présentes) qu'en densité (abondance des espèces présentes). Cet état peut-être plus ou moins stable que le précédent. Aux fins de comparaison, l'accident du golfe du Mexique ne peut constituer une référence exacte puisque les conditions physico-chimiques qui prévalent dans le golfe du Saint-Laurent sont trop différentes.
Prendre un tel risque de modification du milieu représente un calcul très dangereux pour les populations côtières qui dépendent directement de l'état actuel du fleuve pour leur survie économique. De manière plus globale, les services environnementaux rendus par cet écosystème sont d'une importance primordiale pour l'ensemble des citoyens du Québec méridional (plus de la moitié des Québécois y vivent). La grande différence entre ces deux maux et qu'un d'entre eux sera très localisé et très rapide tandis que l'autre sera généralisé au Québec méridional et à plus long terme.
Si, à court terme, l'exploitation du pétrole dans le golfe du Saint-Laurent profitera d'une certaine façon à l'ensemble des Québécois, le risque à court terme quant à lui n'est pas du tout partagé par l'ensemble, mais bien par une minorité. Avec des considérations à plus long terme, la balance s'inverse. Nous risquons de payer très cher collectivement pour l'enrichissement à long terme d'une minorité. Dans tous les cas, le principe de précaution devrait primer vu les risques encourus.
Le pétrole c'est hier et maintenant, mais ce n'est pas demain. Les villes dévitalisées de la côte ne doivent pas se faire embarquer dans ce fiasco environnemental et économique à long terme. Développons des économies régionales fortes, résilientes et viables.
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