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Le gaz de schiste au Québec - Marketing social ou intelligence citoyenne?

Collectif d'auteurs  3 août 2010  Actualités sur l'environnement
En l’absence d’études rigoureuses et validées, l’exploitation du gaz de schiste correspond à une vaste expérimentation aux dépens des citoyens et des écosystèmes.<br />
Photo : Yan Doublet - Le Devoir
En l’absence d’études rigoureuses et validées, l’exploitation du gaz de schiste correspond à une vaste expérimentation aux dépens des citoyens et des écosystèmes.
Les choix énergétiques du Québec ne seraient-ils qu'une affaire d'«enthousiasme», de «conviction profonde», de foi joviale en somme, comme on peut lire dans la «libre opinion» d'André Caillé, publiée récemment dans Le Devoir (6 juillet 2010) et Le Soleil (13 juillet)?

Les promoteurs se lancent dans une entreprise de «grande séduction» du public, qu'il importe de convaincre du bien-fondé, de la nécessité et de l'urgence d'exploiter les hydrocarbures, en particulier le gaz de schiste (shale gas) au Québec. Car le problème se situerait non pas dans ce projet lui-même, qui annonce un nouvel eldorado, mais dans l'ignorance et les préjugés des citoyens.

En vue de favoriser le développement de cette filière énergétique, on se hâte — en toute «transparence» — d'informer les incultes et de faire la démonstration de l'acceptabilité sociale du projet: l'exploitation des ressources gazières «est bonne pour le Québec, tant sur le plan énergétique, économique qu'environnemental». Dixit André Caillé et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF).

Mais qui donc serait contre une telle vertu? Tous ceux qui examinent sérieusement ce dossier! De plus en plus de citoyens, d'organisations et de groupes environnementaux — l'AQLPA en tête, avec Nature-Québec, la Coalition Au Secours!, la Fondation Suzuki, Équiterre, Greenpeace et autres — ont compris l'incohérence et les problèmes d'envergure inhérents à ce projet et réclament d'urgence sa remise en question.


Sous le secret commercial

On apprend entre autres que les informations communiquées à la population par le MRNF proviennent des experts des compagnies gazières elles-mêmes et n'ont pas fait l'objet de vérifications. Bien qu'il s'agisse d'une situation de risques majeurs, le développement du gaz de schiste a été soustrait à la démarche gouvernementale d'évaluation environnementale. La Loi sur les mines a préséance sur toute autre loi canadienne ou québécoise (dont la Loi sur la qualité de l'environnement, la Loi sur l'eau, la Loi sur le développement durable, etc.). Et le secret commercial scelle le couvercle.

À défaut de déconstruire ici un à un les arguments de monsieur Caillé et des porte-parole du MRNF, voici quelques affirmations qu'il sera possible d'appuyer dans un autre contexte.

1) L'exploitation du gaz de schiste implique de nombreux problèmes. Entre autres:
  • utilisation et contamination de très grandes quantités d'eau (alors que les plans d'eau sont en bas des niveaux historiques)
  • utilisation d'une quantité importante de divers produits chimiques (multipliée par le nombre de puits et par le nombre d'années);
  • risques d'émanation de gaz nocifs (dont le radon et le méthane);
  • problème d'acceptabilité sociale dans une zone d'exploitation densément peuplée, avec de nombreux conflits d'usage potentiels, dont l'usage industriel des meilleures terres agricoles; absence de réglementation;
  • gestion des risques et mesures d'urgence inexistantes ou inadéquates;
  • techniques d'extraction générant beaucoup de gaz à effet de serre et mise à disposition de nouvelles ressources en hydrocarbure de nature à accroître la demande; absence d'études sur le bilan carbone d'une telle filière;
  • retombées économiques douteuses en raison, entre autres, des nombreuses externalités; etc.
2) Les «leçons d'ailleurs» — via les médias et les rapports d'enquête — sont de nature à nous inquiéter vivement (fuites, explosions et incendies, fissures dans le ciment et les tuyaux devant contenir les boues de fracturation, etc.). En l'absence d'études rigoureuses et validées — connaît-on bien entre autres les spécificités du sous-sol de la vallée du Saint-Laurent et la dynamique de circulation des eaux profondes et des gaz souterrains? —, l'exploitation du gaz de schiste correspond à une vaste expérimentation, aux dépens des citoyens et des écosystèmes.

3) Les messages concernant les retombées économiques et les emplois potentiels de cette filière (beaucoup de camionnage!) se basent sur un scénario de développement à grande échelle, avec évidemment des impacts à grande échelle. Par ailleurs, les chiffres avancés (2 milliards de revenus pour le Québec) ne sont pas mis en perspective du budget global et au regard d'autres solutions, et ils sont très contestables en matière de retombées collectives: tout au privé!

4) Aux «leçons d'ailleurs» s'ajoutent les «leçons du passé». L'histoire de l'énergie au Québec montre qu'il y faut se méfier des «bulles»: souvenons-nous du nucléaire dans les années 1960, de l'éthanol (maïs grain), du Suroît. L'exploitation du gaz de schiste est une «bulle» politico-économique qui pourrait être très préjudiciable au développement énergétique à long terme du Québec.

5) Le fait de privilégier les hydrocarbures empêche de mettre résolument l'accent sur le développement des énergies renouvelables en opérant une distorsion sur les forces du marché et en déviant les actions du gouvernement des objectifs fixés dans ses programmes relatifs à l'environnement et au développement durable, dont celui des changements climatiques.

6) Il n'y a pas d'urgence: le gaz ne s'échappera pas. Le seul véritable facteur qui pousse à une exploitation rapide est l'expiration des permis octroyés aux compagnies. Un moratoire s'impose, dès maintenant — sans attendre la nouvelle politique et le cadre législatif qui s'annoncent (et qui seront créés en collaboration avec l'industrie). Les activités gazières en cours deviennent le point de départ d'un engrenage fort inquiétant et qui pourrait s'avérer très coûteux pour le Québec s'il fallait racheter les droits de produire (qu'on pense aux échecs des centrales de Bécancour ou de Gentilly).

7) En cohérence avec le principe de précaution, il faut exiger des études d'impacts aux échelles locale, régionale et macrorégionale de ce développement industriel majeur; ces études doivent être à l'abri de toute collusion politico-économique.

8) Une consultation publique (audience générique) doit être mise en place (BAPE), abordant tous les aspects de la problématique et aussi les solutions de rechange.

9) Des études comparatives de rendement énergétique et de rentabilité économique à long terme entre différentes filières devront être menées en vue de produire une nouvelle politique énergétique véritablement éclairée — qui ne se limite pas à générer des mesures réglementaires pour mieux permettre des choix inappropriés.

10) Il existe des liens étroits entre les différentes problématiques énergétiques au Québec: le gaz de schiste, le forage pétrolier, les ports méthaniers, les pipelines, le nucléaire, les petites centrales, le harnachement inutile des dernières grandes rivières, le développement chaotique de l'éolien, etc. Une réflexion en profondeur est essentielle à cette étape d'un tournant énergétique majeur au Québec.

Voilà donc quelques-unes des bonnes raisons de s'opposer, de résister et surtout de poursuivre la mise en place des conditions d'une véritable souveraineté énergétique à long terme. Nous devons nous y appliquer sans relâche.

***

Collectif d'auteurs
Parmi les signataires:
  • Lucie Sauvé, Ph. D., titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l'environnement, Université du Québec à Montréal;
  • Pierre Batelier, coordonnateur développement durable et responsable pédagogique du DESS gestion et développement durable, HEC Montréal;
  • André Bélisle, président, et Kim Cornelissen, vice-présidente, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique;
  • Johanne Béliveau, au nom du regroupement Mobilisation gaz de schiste;
  • Martine Chatelain, présidente de la Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau;
  • Michel A. Duguay, Ph. D., Faculté des sciences et de génie, Université Laval.
 
 
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  • Andre Vallee
    Abonné
    mardi 3 août 2010 02h34
    Qui couche avec qui?
    Le Plan Nord, le MNRF, Monsieur Caillé, la manne qui jaillit du sous-sol, les experts, le développement économique, la richesse sociale, les Arabes québécois, Rabaska, le forage dans le Golfe, ... et puis quoi encore?
    Pourquoi ne pas confier la gestion du système de santé aux représentants des compagnies pharmaceutiques et les cours de pédagogie à IBM?
    Que les VRAIS scientifiques qui ne couchent qu'avec leurs documents scientifiques parlent plus fort.
    Merci pour votre texte.

  • alen
    Inscrit
    mardi 3 août 2010 03h46
    Pauvre Québec
    Wow! J'ai eu peur pour un instant que vous fassiez appel au MESSAGE de la Vierge aux enfants!

  • Amie du Richelieu
    Inscrit
    mardi 3 août 2010 07h34
    On vous a à l'oeil!
    L'ONG Pennsylvania Land Trust vient de rendre public un rapport basé sur leurs demandes à l'information auprès du Department of Environmental Protection (EPA). Les compagnies de forage à la recherche du gaz naturel dans le shale Marcellus ont commis 1,435 infractions en 2,5 années. 952 violations sont considérées comme étant dangereuses à l'environnement. Presque la moitié des infractions avaient à voir avec de la mauvaise planification pour éviter l'érosion et la sédimentation et des constructions inappropriées pour contenir les eaux usées de la fracturation hydraulique. Ces installations étaient mal scellées ou la structure n'était pas solide. Il y a eu 155 citations émises pour avoir déversé des déchêts industriels sur le sol ou dans les eaux publiques. Traduction libre partielle d'un article: http://www.pennlive.com/midstate/index.ssf/2010/08

    Nous avons toutes les raisons du monde pour se méfier des belles paroles des exploitants et d'exiger de nos politiciens des lois qui protégeront adéquatement les citoyens et l'environnement.

    Johanne Dion
    Amie du Richelieu
    http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 3 août 2010 08h13
    Surtout ne pas s'assoupir (soupir...)
    Aussitôt qu'on a le dos tourné c'est la même chose, les vautours prennent leurs aises... Qu'est-ce que c'est que ce foutu pays où on ne peut pas quitter des yeux les élus sans qu'ils nous trahissent, quitter des yeux ce qu'on aime sans se le faire chiper? Ça une démocratie? Plutôt une dictature qu'on a une mince possibilité de contrer, "en nous y appliquant sans relâche"...

  • François Dugal
    Abonné
    mardi 3 août 2010 08h42
    La liste
    Sortez la liste des contributeurs!

  • Pierre LacombeP
    Abonné
    mardi 3 août 2010 10h40
    Halte là... Les exploitants sont là !
    Il est sûrement temps de revoir la loi des mines qui date d'une époque révolue où le Québec et le Canada étaient un vaste territoire inhabité où tout était à faire. Il est inconcevable qu'aujourd'hui le premier exploitant minier venu puisse décider de faire déménager tout un quartier d'une ville comme on l'a vu dernièrement à Malartic pour y creuser une mine à ciel ouvert. C'est logiquement plus important de de donner préséance à la qualité de l'environnement, de l'eau et au développement durable plutôt que d'enrichir les directeurs et quelques actionnaires qui profiterons de ces exploitations.

  • Bernard Terreault
    Abonné
    mardi 3 août 2010 10h54
    Argument convaincant
    Je ne suis pas un alarmiste de nature, ni un romantique opposant systématique à l'enrichissement matériel. Mais le fait que ce fameux gaz, s'il est là, y est encore pour longtemps, nous invite à ne rien brusquer et à attendre de voir comment le développement des shales se fait réellement en Pensylvannie et ailleurs. Après tout, le Québec ne fait pas face à une disette appréhendée d'énergie! ─ on ne parle que de projets énergivores, construire le nouveau pont vers Laval, prolonger l'autoroute 50, agrandir le Dix-30, élargir l'autoroute 10, implanter des hydroliennes et des éoliennes, réaliser le Plan Nord.

  • Jean-Claude Préfontaine
    Abonné
    mardi 3 août 2010 11h18
    Carence cognitive de nos fonctionnaires ou bien...
    Encore une fois, nos fonctionnaires n'ont pas les connaissances nécessaires pour évaluer les allégations des promoteurs ni pour réaliser des analyses d'impacts. À moins que ceux qui savent aient été tenus occupés ailleurs comme dans le dossier Rabaska. En effet, lors des audiences du BAPE, les fonctionnaires présents n'étaient pas capables de répondre aux questions du public sans s'appuyer sur les démonstrations des promoteurs. Ils démontraient tous une absence de jugement critique, incapables de développer leur propre argumentaire. Ou peut-être que lors rôle était d'être complaisants face aux promoteurs.

    «Dis-moi qui te paye et je te dirai ce que tu dois penser.»

  • mhparant
    Inscrit
    mardi 3 août 2010 13h23
    Non à l'exploitation du pétrole et du gaz au Québec
    Monsieur le Premier Ministre Jean Charest

    Nous désirons par la présente vous signifier notre désaccord en ce
    qui a trait à toute exploitation du pétrole et du gaz au Québec.

    Le pétrole est non seulement une matière néfaste pour l’environnement, il est dorénavant clair à la lumière des événements récents dans le Golf du Mexique (marée noire BP) et l’expérience de l’Alberta, avec ses sables bitumineux (1600 canards tués par des déversements d’huile, nappes d’eau contaminées, air souillé), que son exploitation détruit l’environnement.

    La grande région du Fleuve St-Laurent et son embouchure vers la mer renferment des joyaux (flore, espèces marines, etc. …) que nous ne sommes pas prêts à mettre en péril pour une poignée de dollars. Nous sommes en profond désaccord avec l’exploitation du pétrole et du gaz au Québec. Nous sommes opposés à ce que notre gouvernement prenne une telle direction dans l’exploitation de nos ressources naturelles à court, moyen ou long terme. De plus, nous nous demandons « à qui appartiennent les rives du St-Laurent » et comment est-il concevable que des compagnies pétrolières puissent s’installer sur nos terres, nos rives, notre fleuve, enfin détruire notre environnement et le paysage, sans qu’aucun rapport d’enquête ou de consultation publique n’ait été mené à terme pour leur "donner" un droit d'exploitation.

    suite

    http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/point

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    mardi 3 août 2010 19h19
    Le pétrole et le gaz: des énergies sales
    Le Québec amis l'accent sur l'hydro-électricité, une énergie qui comporte ses incovénients mais qui est beaucoup plus propre que les combustibles fossiles. Développons l'énergie solaire et éolienne et laissons ces énergies sales dans le sol.

    Ma foi, on se croirait dans une véritable république de bananes. Je ne sais pas si on va s'en sortir.

  • Christian Gagnon
    Inscrit
    mercredi 4 août 2010 15h35
    Je refuse de me laisser faire !
    Vous dites que vous refuser que VOTRE gouvernement vende nos terres et ressources aux plus offrants ? Mais est-ce bien NOTRE gouvernement ? Ne serait-ce pas plutôt celui des multinationales, Power Corp en tête de liste ? Charest sait qu'il ne sera pas élu à une prochaine élection, alors que feriez-vous à sa place ? SÛR qu'il va tout faire pour vendre un maximum à TOTAL et aux autres pétrolières, avec des clauses empêchant les gouvernements subséquents de revenir sur ces accords à moins de payer un max ! Prenez exemple du projet de terminal gazier à Lévis (Total/Desmarais/Gazprom) et pas une cenne pour le Québec en plus ! Vous n'avez encore rien vu de la destruction causé par le pétrole, le gaz de shit ou les mines ! Regardez ce que les multinationales des énergies sales ont fait au Nigéria, à l'Équateur ! Attachez votre tuque avec de la broche en titane, parce que les prochains 20 ans feront du Québec un état du Tiers Monde ! Z'avez pas voulu mettre vos culottes et devenir souverain - et par 2 fois plutôt qu'une - et ainsi vous occuper de vos affaires ? Et bien vous pouvez pleurer maintenant ! Soyez sûr que le Québec que vous connaissez et que vous aimez se pourrira pour de bon, tout les indices l'indiquent !
    Je souhaiterais donc que les Québécois mettent leurs culottes au lieu de faire semblant de s'occuper de leurs petites affaires et de faire l'autruche... mais justement, ils laissent passer les GROSSES affaires ! Ils préfèrent que d'autres s'en occupent ! Et ceux qui s'en occupent, le font pour des intérêts PRIVÉS, pas pour nous ! Et à ceux qui votent du côté de Charest, esclaves de votre militantisme déplacé, réveille-vous donc ! C'est pas vrai que vous aurez tous une part du gâteau à Charest. il est bien trop égoïste ! Sinon, tant pis pour vous bandes de ploucs ! Quand nos enfants crèveront des dommages collatéraux dû à l'exploitation sans gène de nos ressources, vous serez tenus responsable comme Charest ! Ma

  • marcel berube
    Inscrit
    jeudi 5 août 2010 22h34
    quebec versus tiers-monde...
    La majoritédu teritoire du québec est dans une situation similaire au pays limitrophe du desert du sahara,où la vie humaine est peu favorable(rien ou à peu rien pour se nourir) mais grâce... au interfinancement des services publiques et l'endettement des autres générations,les gens qui vivent dans ces régions ont un impact environemental autrement plus élevé que ceux qu'on croit plus pauvre qu'eux... les iles de la madeleine sont -elles plus riches que haïti ,j'en doute beaucoup ,mais leur consomation de petrole est le plus élevé au québec par habitant(electricité,pêches,touristes,autos,bateaux etc.),mais ils veulent comme bien d'autres un moratoire sur l'exploitation du gaz et du pétrole dans le golfe. Il y a quelque chose qui resemble à la bêtisse humaine. Faire une diversion pour poluer sur le bras des autres générations. Merci ,c'était ma réflexions.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    dimanche 8 août 2010 10h14
    Agression contre la population et prochaine peste
    Voir à ce sujet l'excellente chronique de Foglia dans La Presse de samedi dernier. Il y aura mille puits pour exploiter le gaz de schiste et ces pruits sont mis en place près des habitants. Mettons que 100 personnes seront dérangées ( bruit du moteur des génératrices, passage des camions, odeurs,etc.), cela fait 100 000 personnes incommodées. Déjà ou l'exploitation a commencé, les maisons ont été substantiellement dévaluées.

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