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Deux hydroliennes seront installées dans le fleuve Saint-Laurent à Montréal

Une entreprise québécoise installera d'ici peu deux prototypes d'hydroliennes qui produisent de l'électricité grâce au courant marin dans le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Montréal.




Le projet pilote, réalisé par l'entreprise RSW RER et d'un coût total de 18 millions, a été dévoilé en grande pompe hier matin à Montréal lors d'une conférence de presse.

L'entreprise a obtenu une aide financière de 3 millions du gouvernement du Québec par le biais de l'Agence de l'efficacité énergétique.

«Nous souhaitons, par cet investissement, que le Québec soit un joueur majeur des énergies émergentes, a affirmé la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau. Avec nos 40 000 mégawatts d'hydroélectricité, nous sommes déjà des leaders sur le plan mondial en matière d'énergie verte et renouvelable.»

«Notre objectif, c'est non seulement de développer une nouvelle filière avec les hydroliennes, mais également une filière industrielle qui est 100 % québécoise», a ajouté la ministre.

Elle était accompagnée de son homologue fédéral, Christian Paradis, et de représentants de RSW. Le financement d'Ottawa, de 2,8 millions, proviendra de Technologies du développement durable Canada (TDDC).

Les deux turbines TREK, conçues et construites au Québec et d'une capacité de 250 kilowatts chacune, seront immergées dans le fleuve Saint-Laurent près du Vieux-Port de Montréal, au large de la Cité du Havre. Leur production sera suffisante pour alimenter en énergie l'équivalent de 750 foyers.

Mme Normandeau a souligné que l'électricité qui pourrait être produite par des turbines hydroliennes installées dans des cours d'eau de la province demeurerait une source d'énergie complémentaire pour le Québec.

Mais selon la ministre, elle pourrait être essentielle pour répondre à des besoins particuliers, comme ceux de communautés nordiques, qui s'approvisionnent en électricité grâce à des centrales au diesel polluantes et coûteuses.

Impact environnemental


Le vice-président de RSW et responsable du projet des hydroliennes, Imad Hamad, a dit qu'un suivi environnemental très «serré» sera assuré lors de l'installation des turbines. Il a également indiqué avoir travaillé en collaboration avec Pêches et Océans Canada pour respecter les normes environnementales.

Selon M. Hamad, puisque les hélices des hydroliennes fonctionneront à basse vitesse, elles ne risquent pas de gêner les espèces marines. Quant à l'impact sonore, M. Hamad a assuré qu'il serait minime.

Le mouvement écologiste Greenpeace ne partage toutefois pas cet avis et dit voir «d'un mauvais oeil le développement possible d'hydroliennes dans les rivières et les fleuves du Québec».

Dans un communiqué diffusé en fin de journée, le directeur de Greenpeace au Québec, Éric Darier, affirme que «ce n'est tout simplement pas l'option la plus judicieuse dans le contexte actuel de surplus énergétique électrique».

À son avis, les gouvernements auraient dû miser sur des investissements pour augmenter l'efficacité énergétique.

Selon Greenpeace, la stratégie du gouvernement du Québec en matière d'écoénergie pour affranchir le Québec des énergies fossiles «est en panne sèche».

«Bien que Greenpeace soit en faveur des énergies renouvelables, l'annonce d'aujourd'hui des gouvernements est de la poudre aux yeux pour détourner l'attention de l'opinion publique sur l'exploration et l'exploitation des énergies sales au Québec», a ajouté M. Darier.

L'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable (AQPR) a pour sa part dit «accueillir avec joie» l'annonce, ajoutant que cela permettra de créer de nombreux emplois dans ce secteur au Québec.
 
 
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  • Amie du Richelieu - Inscrit
    28 juillet 2010 06 h 50
    "Les rivières ont soif" : dans Le Nouvelliste d'hier
    D'une part, je me réjouis de voir le Québec investir dans autre chose que les combustibles fossiles ou le béton, mais d'autre part, je questionne l'investissement de fonds publics dans une source d'énergie qui dépend du débit de nos cours d'eau, alors que l'on connaît des bas niveaux records dans la plupart de nos lacs et nos rivières. Quand on sait qu'avec les changements climatiques, les scientifiques prévoient que cette situation n'ira qu'en s'aggravant, ne serait-on pas mieux d'améliorer le rendement et le prix de fonctionnement du solaire et de l'éolien?
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  • jpthoma1 - Abonné
    28 juillet 2010 09 h 39
    Greenpeace n'est pas d'accord!
    Ah bon!

    Mais au fait, ils sont d'accord avec quoi, à part la réduction de la consommation d'émergie?

    De plus, faire le lien entre les hydroliennes et la production d'énergies "sales" est le comble de la désinformation.

    Moi je vois plutôt un lien entre les hydroliennes et la production de "beurre de peanut", n'est-ce pas?
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  • louise elie - Inscrit
    28 juillet 2010 09 h 57
    l'ère des titans industriels est arrivée
    Les normes environnementales... ! ce qui pourrait être qualifié de sale en l'occurrence, ce sont tous les coûts en amont et en aval, comme les nuisances et la pollution engendrée par les matériaux qui entrent dans la fabrication de ces titans industriels ... car nous sommes entrés dans l'ère de l'industrrie titanesque, et ça va pas être beau ! ...

    Greenpeace exprime un point de vue qui tient compte de la globalité, nous avons en effet des surplus, un minimum de culture et de connaissances suffit pour comprendre que les ''surplus'' ne doivent plus être un objet de gloriole ou un signe de succès, c'est tout simplement de l'abus ... quand le gouvernement ne fait que parler d'économie, ça ne gêne pas trop de monde...quand un organisme ou un individu prête sa voix aux organismes de la planète qui n'ont pas voix humaine, ça gêne beaucoup de monde ! les mêmes qui se plaignent du niveau des cours d'eau ou de la qualité de l'air au centre-ville mais qui ne font rien dans leur quotidien pour améliorer les choses à leur propre échelle... l'ère des titans industriels est arrivée, avec la bénédiction de la société !
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  • P. Boutet - Abonné
    29 juillet 2010 13 h 49
    Question
    Si une entreprise québécoise construit une infrastructure en territoire fédéral, à qui appartiendra cette infrastructure et l'énergie qu'elle créera?

    Les eaux navigables ne sont elles pas de juridiction fédérale?
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