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GIEC - S'ouvrir ou disparaître

Thierry Libaert - Maître de conférences à Sciences-Po Paris et Christophe Roux-Dufort - Professeur de management à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval  27 juillet 2010  Actualités sur l'environnement
Depuis près d'un an, la controverse sur le réchauffement climatique s'est amplifiée. Cette contestation s'attache aux aspects les plus techniques du problème et à la réalité même du changement climatique, mais également au mode de fonctionnement de l'organisation internationale d'études sur le climat, le GIEC, également connu sous son sigle américain IPCC (International Panel on Climate Change).

Les partisans du climato-scepticisme, ceux qui dénoncent la réalité du dérèglement du climat, concentrent souvent leurs attaques sur le mode de fonctionnement de cette organisation comme point d'appui d'une dénonciation plus globale sur la crédibilité de la menace climatique. Les critiques proviennent de régions du monde très diverses et commencent à faire sentir leurs effets sur une opinion publique qui se met à douter des politiques d'entreprises ou des choix d'actions gouvernementaux. Doutes d'autant plus prononcés que l'affaire dite du «Climategate» qui, sur la base d'échanges de courriers électroniques entre experts, suggérait que des scientifiques du climat les plus influents du GIEC s'étaient rendus coupables de graves dérives déontologiques, a contribué à la montée des critiques sur cette institution.

Un rapport indépendant conduit par Sir Muir Russel et publié en juillet a conclu à l'absence de tout résultat sciemment tronqué. Malgré ces conclusions, la publication n'a en rien réduit la force de la suspicion qui pèse sur cette organisation, jetant ainsi les bases d'une crise de légitimité profonde au coeur d'une institution souvent perçue comme opaque. [...]

Citadelle assiégée

Nous savons qu'en situation de crise, le premier réflexe des organisations, quels que soient leur taille ou leur statut, est de vouloir se protéger en se refermant. Parfois pour prendre un peu de recul et agir, souvent pour dénier la réalité et fuir certaines responsabilités. Le GIEC n'y fait malheureusement pas exception.

Alors qu'il lui est demandé davantage de transparence dans ses prises de décisions, davantage d'ouverture sur les interlocuteurs externes, nous assistons plutôt à une absence totale de compréhension du jeu des acteurs et de leurs attentes. Aucune empathie, aucune reconnaissance des erreurs commises, aucun engagement envers l'avenir en dehors de la sempiternelle création de commissions.

Pire encore, le GIEC semble plonger dans le syndrome de la citadelle assiégée. Ainsi l'envoi par le président du GIEC, Rajendra Pachauri, le 5 juillet dernier, d'une lettre adressée aux 831 experts responsables de la préparation du cinquième rapport devant être publié en 2013 et 2014, leur demandant de «se tenir à distance des médias», démontre une incompréhension majeure des enjeux dans lesquels le GIEC évolue.

Penser en outre qu'il existe un complot des pétroliers américains, de pseudoscientifiques en mal de notoriété et une déformation systématique des médias peut, certes, reposer sur quelques éléments, mais éloigne dangereusement d'une réponse adaptée.

L'attitude reste

En matière de crise, la perception de l'attitude d'une organisation l'emporte souvent sur la réalité de l'événement et de ses conséquences. Notre souvenir de Tchernobyl, du sang contaminé, de la vache folle ou de l'Exxon Valdez se situe davantage dans la vision d'une fermeture de l'organisation, sa volonté de minimisation constante, plutôt que dans les conséquences réelles de ce qui s'est passé. La vision du directeur général de BP lors d'une régate de luxe a détruit tous les efforts de l'entreprise d'apparaître concernée par l'événement.

La gestion de crise est inséparable de la communication de crise, et cette dernière n'est pas un choix stratégique, c'est une nécessité de survie. Renforcer les procédures ne saurait améliorer notablement la situation du GIEC si celui-ci ne mesure pas la nécessité d'un changement d'attitude et d'une plus grande ouverture.

Si le GIEC ne communique pas, personne ne pourra le faire à sa place, ni les entreprises suspectes a priori d'écoblanchiment, ni les politiques qui déplaceront le débat, ni les ONG environnementales. Pourtant parées de toutes les vertus de la légitimité, celles-ci risqueraient d'amplifier un effet boomerang par une perception de collusion militante avec les résultats du GIEC. [...]

En excluant l'hypothèse d'une décision d'un président souhaitant conserver l'intégralité du pouvoir et de la prise de parole pour ses propres objectifs, on assisterait à une erreur majeure aux conséquences potentiellement graves. Le débat climatique risque de disparaître, non pas en raison d'avancées scientifiques ou d'une meilleure argumentation, mais par l'implosion d'une structure incapable d'ouverture.

***

Thierry Libaert - Maître de conférences à Sciences-Po Paris, auteur de La Communication de crise (Dunod, 2005)

***

Christophe Roux-Dufort - Professeur de management à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, auteur de Gérer et décider en situation de crise (Dunod, 2003)
 
 
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  • Archambault Francois
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 06h18
    "Management" ou gestion?
    Un peu de français s'il-vous-plaît!

  • Michel Rebelo
    Inscrit
    mardi 27 juillet 2010 07h22
    Wow !
    Bonjour,

    Vous écrivez "Un rapport indépendant conduit par Sir Muir Russel et publié en juille"

    Un rapport indépendant commandé et payé par l'université elle même impliquée ! Wow ! On se croirait dans le domaine du burlesque !

    C'est à cause de ce genre d'histoire que cette organisation (GIEC) menée "dans les faits" par des écologistes ayant des intérêts dans les énergies renouvelables devrait être éventuellement dissoute

  • Maco
    Abonné
    mardi 27 juillet 2010 08h37
    Gestion et communication ...
    «Ceux qui dénoncent la réalité». Incroyable formule!

    «Sur la crédibilité de la menace climatique». Extraordinaire!

    Deux constatations. La première est que la preuve est faite sans l'ombre d'un doute (un doute nous étreint). La seconde c'est qu'il n'y a point de salut sans leurs préceptes.

    Ils sont les envoyés de Mère-Nature.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 27 juillet 2010 09h10
    Les chercheurs cherchent
    Le GIEC est l'organisation internationale d'études sur le climat et regroupe donc des scientifiques récoltant et analysant des données sur le climat. On lui reproche ici la piètre qualité de sa communication avec les interlocuteurs extérieurs à son organisation. Mais son mandat comprenait-il au départ ce volet? Les climato-sceptiques, eux, ne font pas de recherche scientifique et se spécialisent au contraire dans la contestations des travaux faits par les chercheurs. Ils ne font que ça, de la communication. Est-ce vraiment le rôle de ceux qui font un travail scientifique urgent et essentiel de répondre aussi à ceux qui se complaisent à les distraire de leur mission?

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    mercredi 28 juillet 2010 04h56
    Aucune transparence pour ce comité.

    Les chercheurs dans les labos on ne les entends tout simplement pas même qu'ils n'ont aucune chance d'échanger et de questionner. Plusieurs sont sortis des rangs de peine et de misère parce qu'ils sont tout simplement saboter.
    Après avoir consulter la liste des gens de cet organisation on retrouve des personnes dont la participation est assez récente à mon grand étonnement parce que il y a près de 15 ans que l’on discutait dans les ministères des ressources naturelles de plusieurs pays avec les industries forestière et autres la façon de faire que l’On retrouve aujourd’hui à l’exception que les noms de plusieurs multinationales ne sont plus à l’affiche dans les sites que j’ai revisitées récemment. Si on ne veut rendre de compte à personne ils disparaîtront.
    La modération et une vision globale manque, on demande de changer les façon de vivre sans pour autant avoir la sagesse de discuter, de modérer afin d’éviter des catastrophes plus grandes pour des raisons d’improvisation. Chose certaine la biomasse est une énergie sale et porte à conséquence sur nos santés et nos vies. Le cycle du CO2 avec celui absorbé par les arbres pour ma part j’ai jamais vue un arbre « m’enboucaner, » me lancer des métaux lourds, des HAP, des dioxines et furanes, COV et des particules fines 10 et 2.5 etc. qui s’infiltre dans ma maison et mes poumons dans le gras animal et les œufs et sur les légumes de jardin. Si cette énergie était propre nul besoin de cheminée pour cracher ses polluants et sa suie!

  • jipebe29
    Inscrit
    mercredi 28 juillet 2010 05h02
    @France Marcotte
    Il y a des problèmes structuraux, méthodologiques, et des doutes scientifiques.
    Aspects structuraux et méthodologiques du GIEC
    - Ses objectifs sont fixés par ses statuts, élaborés par l'UNEP, et orientent les travaux sur le RCA (Réchauffement Climatique Anthropique)
    - Une fois que le rapport scientifique (ARx) est rédigé, le résumé pour les politiques (SPM) est élaboré par les dirigeants du GIEC et les gouvernements. Le SPM ne contient plus aucune nuance, aucune interrogation, et il est publié en premier.
    - Puis, le rapport ARx est modifié pour être mis en conformité avec le SPM et il est publié avec 6 mois de retard.
    L'équipe dirigeante du GIEC applique les consignes de l'ONU et de l'UNEP et elle est responsable de cette parodie de science.
    Ce processus est absolument non conforme à l'éthique scientifique la plus élémentaire, et le SPM n'a donc aucune crédibilité, car il est issu d'un mélange de science et de politique.

  • jipebe29
    Inscrit
    mercredi 28 juillet 2010 05h13
    @France Marcotte (2)
    Il y a de nombreux climato-sceptiques qui font (ou ont fait) de remarquables travaux scientifiques qui mettent à mal les conclusions du GIEC : Gerlich et Tscheuschner, Courtillot, Svensmark, Miskolczi, Lindzen, Jaworowski, Callendar, Godlewski; Leroux, ... et de nombreux autres. Mais les médias n'en parlent pas, ou très peu, ou véhiculent des attaques ad hominem. C'est à cause de ces travaux, publiés dans les revues à comité de lecture, que de nombreuses personnes, comme moi, non spécialistes (mais avec une solide culture scientifique) sont devenues climato-sceptiques. La communication des carbocentristes et du GIEC est omniprésente, mais ne répond jamais aux questions qui les dérangent. Elle ne fait que véhiculer un dogme. Qui engendre des dépenses folles pour une chimère....

  • jipebe29
    Inscrit
    mercredi 28 juillet 2010 05h16
    @ France Marcotte (3) (et aux autres...)
    Que constatons-nous à propos des modèles du GIEC? Que leurs projections ne sont pas conformes aux observations, car:
    - elles ne prévoient pas la stagnation des températures depuis 2001 (mesures satellitaires);
    - elles ne prévoient pas le refroidissement relatif des océans
    - elles ne prévoient pas la stagnation actuelle de la montée des océans (2 à 3 mm/an dans les années précédentes). Source :
    http://www.academie-sciences.fr/publications/compt Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales LEGOS
    Site Internet : www.legos.obs-mip.fr/fr/equipes/gohs/equipe
    - la signature des gaz à effet de serre CO2/CH4 (les points chauds des zones sub-tropicales), prévue comme une validation forte des modèles du GIEC, n'a jamais pu être observée par les ballons-sondes météo
    - la relation causale supposée entre le CO2 et la température est démentie par l'analyse fine des carottes de glace : durant les 500 000 dernières années, ce n'est jamais le CO2 qui a fait monter les températures, mais l'accroissement des températures qui a été suivie, avec un retard typique de 800 ans, par l'augmentation du taux de CO2. Pourquoi ce processus naturel aurait-il changé? Parce que telle est la volonté de l'ONU et de l'UNEP ?

    Pourquoi le GIEC a-t-il posé le postulat d'une relation causale CO2--> températures ainsi que le postulat du rôle pivot du CO2 dans le processus d'effet de serre? Dans les sciences de la Nature, on ne construit pas des modèles à partir de postulats non vérifiés par l'observation.

    Nous pouvons donc en conclure que le climat évolue essentiellement en fonction d'autres causes et que les modèles climatiques ne prennent pas ces causes en considération pour la bonne raison qu'ils ne les connaissent pas.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mercredi 28 juillet 2010 11h04
    jipebe29
    Que préconisez-vous? Laisser aller les choses et se réjouir de l'augmentation du parc automobile par exemple parce que c'est bon pour l'économie?

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