Lettres - Fédéralisme et environnement
S'il y a un domaine où le Canada, comme grand État fédéral et en vertu de ses compétences constitutionnelles, pourrait montrer son utilité, c'est bien l'environnement, mais il ne le fait pas.
La semaine dernière, durant la canicule, presque 60 % du smog frappant le Québec provenait de l'Ontario. Cela nous coûte très cher, notamment au chapitre de la santé des Québécois (morts prématurées, attaques cardiaques, crises d'asthme, etc.) et des écosystèmes. Qu'attend Ottawa pour obliger Toronto à nettoyer ses centrales thermiques? C'est que l'Ontario est si puissant et populeux, qu'il est risqué pour un parti pancanadien de se l'aliéner. Le poids de cette province est si important, qu'elle impose en réalité sa loi (c'est ce même Ontario qui pousse le conservateur — et l'Ontarien — Jim Flaherty à créer une commission des valeurs mobilières unique à Toronto, ce qui nous fera perdre à terme notre Autorité des marchés financiers).
Il en va autrement aux États-Unis, où, en vertu de l'article dit de «bon voisinage» inscrit dans le Clean Air Act, qui autorise le contrôle de la pollution interétatique, l'Environmental Protection Agency obligera 31 États à nettoyer de fond en comble leurs centrales thermiques. Voilà un État fédéral utile. Aucune de ses 50 entités n'est assez puissante pour imposer sa loi au détriment des autres.
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Sylvio Le Blanc, Montréal, le 11 juillet 2010
La semaine dernière, durant la canicule, presque 60 % du smog frappant le Québec provenait de l'Ontario. Cela nous coûte très cher, notamment au chapitre de la santé des Québécois (morts prématurées, attaques cardiaques, crises d'asthme, etc.) et des écosystèmes. Qu'attend Ottawa pour obliger Toronto à nettoyer ses centrales thermiques? C'est que l'Ontario est si puissant et populeux, qu'il est risqué pour un parti pancanadien de se l'aliéner. Le poids de cette province est si important, qu'elle impose en réalité sa loi (c'est ce même Ontario qui pousse le conservateur — et l'Ontarien — Jim Flaherty à créer une commission des valeurs mobilières unique à Toronto, ce qui nous fera perdre à terme notre Autorité des marchés financiers).
Il en va autrement aux États-Unis, où, en vertu de l'article dit de «bon voisinage» inscrit dans le Clean Air Act, qui autorise le contrôle de la pollution interétatique, l'Environmental Protection Agency obligera 31 États à nettoyer de fond en comble leurs centrales thermiques. Voilà un État fédéral utile. Aucune de ses 50 entités n'est assez puissante pour imposer sa loi au détriment des autres.
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Sylvio Le Blanc, Montréal, le 11 juillet 2010
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