Journée internationale de la biodiversité - En ces temps de marée noire...
22 mai 2010
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Marie-José Auclair, Véronique Bisaillon et Louise Gratton
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Actualités sur l'environnement
Malgré les efforts de protection et de conservation de l'environnement déployés partout sur la planète jusqu'à maintenant, force est de constater les pertes sans cesse croissantes de la biodiversité.
Le rapport Perspectives mondiales de la diversité biologique 3, du Secrétariat de la convention sur la diversité biologique (CDB), souligne ce bilan inquiétant et l'urgence d'agir. Non seulement l'objectif «de parvenir, d'ici à 2010, à une réduction importante du rythme actuel d'appauvrissement de la diversité biologique» n'est pas atteint, mais la situation empire. Selon la CDB, l'empreinte écologique de l'humanité dépasse en effet la «biocapacité» de la Terre de manière plus importante que lors de l'acceptation de l'objectif en 2002.
Selon certaines estimations, la moitié des espèces vivantes connues pourraient disparaître d'ici un siècle compte tenu du rythme d'extinction des espèces, qui est 1000 fois plus élevé aujourd'hui qu'au cours des derniers millénaires. La modification des habitats naturels par l'urbanisation croissante et l'expansion des terres agricoles, la surexploitation d'espèces sauvages, les espèces exotiques envahissantes, la pollution, les changements climatiques érodent la diversité biologique et s'intensifient. Une cause importante de ce dépérissement est l'absence de réglementation et le relâchement des autorités publiques pour protéger les milieux naturels. Pourtant, la biodiversité, c'est la vie!
La biodiversité non seulement englobe toutes les formes de vie, mais s'étend à la diversité génétique (à l'échelle des individus comme à celle des populations) et à la diversité des écosystèmes. À peine 1,75 million de plantes, d'animaux et de micro-organismes ont été répertoriés jusqu'à maintenant sur la Terre et on estime qu'il en existerait plus de 30 millions! Selon le rapport du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB), les populations de vertébrés ont chuté de près d'un tiers entre 1970 et 2006 et les amphibiens sont exposés au risque d'extinction le plus élevé, avec une diminution de 42 %, alors que le déclin des oiseaux atteint 40 %. Au Québec, la survie de plus de 500 espèces animales et végétales est considérée comme étant précaire selon la SNAP.
Pourquoi préserver la biodiversité
En plus de la valeur intrinsèque de chacune des espèces, la biodiversité nous rend une gamme de services tout aussi diversifiés que vitaux: nourriture, médicaments, filtration de l'eau et de l'air, captage de CO2, pollinisation des cultures, prévention des inondations et de catastrophes naturelles, sans compter ses valeurs spirituelles, récréatives et éducatives. Une espèce qui s'éteint est perdue à tout jamais.
Éventuellement, c'est la qualité des services écologiques qui peut en être affectée. La perte de biodiversité n'est donc pas qu'une perte écologique, mais a des conséquences sociales et économiques déjà bien réelles tel que nous l'a déjà montré l'effondrement des stocks de morue, dont plusieurs populations sont en voie de disparition. Bref, l'être humain fait partie intégrante de la biodiversité et sa survie même en dépend.
Un changement de valeurs
Devant ce cuisant constat d'échec à freiner la perte de biodiversité, la question est maintenant de savoir si nous sommes collectivement prêts à faire les efforts nécessaires pour remédier à la situation. Individuellement, on peut agir de différentes façons pour réduire notre empreinte écologique. Mais l'ampleur de la problématique environnementale, elle-même liée à celle de la croissance des inégalités sociales, est telle qu'elle commande aussi et surtout des changements en profondeur du fonctionnement de nos sociétés.
Malgré des intentions et objectifs formulés par nos gouvernements visant un «développement durable», la place de l'économie comme principe organisateur de nos sociétés et celle de la croissance comme référentiel de progrès social sont rarement remises en question. C'est pourtant là que tout se joue.
L'économie et les principes d'efficacité économique ne devraient-ils pas en toute logique être au service du développement social et humain, dans le respect de l'intégrité écologique? En d'autres mots, le développement social se poserait alors comme finalité, l'intégrité écologique comme condition et l'économie comme moyen. Évidemment, un tel changement de mentalité ne se fait pas sans difficultés. Mais devant les conséquences avérées et appréhendées de catastrophes écologiques, des perturbations du climat ou de la destruction des milieux naturels, avons-nous vraiment le choix?
***
Marie-José Auclair, Véronique Bisaillon et Louise Gratton - Respectivement présidente, coordonnatrice aux partenariats et aux communications et secrétaire et conseillère scientifique à Corridor appalachien
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Appuient ce texte les organismes suivants: Corridor appalachien, l'Association de conservation de la nature de Stukely-Sud, l'Association de conservation du mont Écho, Conservation des vallons de la Serpentine, la Fiducie foncière du marais Alderbrooke, la Fiducie foncière du mont Pinacle, la Fiducie foncière de la vallée Ruiter, la Fondation Marécages Memphrémagog, Nature Québec, le Parc d'environnement naturel de Sutton, le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec, le Réseau de milieux naturels protégés, les Sentiers de l'Estrie, la Société de conservation du corridor naturel de la rivière au Saumon, la Société de protection foncière du lac Montjoie, la Société pour la nature et les parcs du Canada.
Le rapport Perspectives mondiales de la diversité biologique 3, du Secrétariat de la convention sur la diversité biologique (CDB), souligne ce bilan inquiétant et l'urgence d'agir. Non seulement l'objectif «de parvenir, d'ici à 2010, à une réduction importante du rythme actuel d'appauvrissement de la diversité biologique» n'est pas atteint, mais la situation empire. Selon la CDB, l'empreinte écologique de l'humanité dépasse en effet la «biocapacité» de la Terre de manière plus importante que lors de l'acceptation de l'objectif en 2002.
Selon certaines estimations, la moitié des espèces vivantes connues pourraient disparaître d'ici un siècle compte tenu du rythme d'extinction des espèces, qui est 1000 fois plus élevé aujourd'hui qu'au cours des derniers millénaires. La modification des habitats naturels par l'urbanisation croissante et l'expansion des terres agricoles, la surexploitation d'espèces sauvages, les espèces exotiques envahissantes, la pollution, les changements climatiques érodent la diversité biologique et s'intensifient. Une cause importante de ce dépérissement est l'absence de réglementation et le relâchement des autorités publiques pour protéger les milieux naturels. Pourtant, la biodiversité, c'est la vie!
La biodiversité non seulement englobe toutes les formes de vie, mais s'étend à la diversité génétique (à l'échelle des individus comme à celle des populations) et à la diversité des écosystèmes. À peine 1,75 million de plantes, d'animaux et de micro-organismes ont été répertoriés jusqu'à maintenant sur la Terre et on estime qu'il en existerait plus de 30 millions! Selon le rapport du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB), les populations de vertébrés ont chuté de près d'un tiers entre 1970 et 2006 et les amphibiens sont exposés au risque d'extinction le plus élevé, avec une diminution de 42 %, alors que le déclin des oiseaux atteint 40 %. Au Québec, la survie de plus de 500 espèces animales et végétales est considérée comme étant précaire selon la SNAP.
Pourquoi préserver la biodiversité
En plus de la valeur intrinsèque de chacune des espèces, la biodiversité nous rend une gamme de services tout aussi diversifiés que vitaux: nourriture, médicaments, filtration de l'eau et de l'air, captage de CO2, pollinisation des cultures, prévention des inondations et de catastrophes naturelles, sans compter ses valeurs spirituelles, récréatives et éducatives. Une espèce qui s'éteint est perdue à tout jamais.
Éventuellement, c'est la qualité des services écologiques qui peut en être affectée. La perte de biodiversité n'est donc pas qu'une perte écologique, mais a des conséquences sociales et économiques déjà bien réelles tel que nous l'a déjà montré l'effondrement des stocks de morue, dont plusieurs populations sont en voie de disparition. Bref, l'être humain fait partie intégrante de la biodiversité et sa survie même en dépend.
Un changement de valeurs
Devant ce cuisant constat d'échec à freiner la perte de biodiversité, la question est maintenant de savoir si nous sommes collectivement prêts à faire les efforts nécessaires pour remédier à la situation. Individuellement, on peut agir de différentes façons pour réduire notre empreinte écologique. Mais l'ampleur de la problématique environnementale, elle-même liée à celle de la croissance des inégalités sociales, est telle qu'elle commande aussi et surtout des changements en profondeur du fonctionnement de nos sociétés.
Malgré des intentions et objectifs formulés par nos gouvernements visant un «développement durable», la place de l'économie comme principe organisateur de nos sociétés et celle de la croissance comme référentiel de progrès social sont rarement remises en question. C'est pourtant là que tout se joue.
L'économie et les principes d'efficacité économique ne devraient-ils pas en toute logique être au service du développement social et humain, dans le respect de l'intégrité écologique? En d'autres mots, le développement social se poserait alors comme finalité, l'intégrité écologique comme condition et l'économie comme moyen. Évidemment, un tel changement de mentalité ne se fait pas sans difficultés. Mais devant les conséquences avérées et appréhendées de catastrophes écologiques, des perturbations du climat ou de la destruction des milieux naturels, avons-nous vraiment le choix?
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Marie-José Auclair, Véronique Bisaillon et Louise Gratton - Respectivement présidente, coordonnatrice aux partenariats et aux communications et secrétaire et conseillère scientifique à Corridor appalachien
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Appuient ce texte les organismes suivants: Corridor appalachien, l'Association de conservation de la nature de Stukely-Sud, l'Association de conservation du mont Écho, Conservation des vallons de la Serpentine, la Fiducie foncière du marais Alderbrooke, la Fiducie foncière du mont Pinacle, la Fiducie foncière de la vallée Ruiter, la Fondation Marécages Memphrémagog, Nature Québec, le Parc d'environnement naturel de Sutton, le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec, le Réseau de milieux naturels protégés, les Sentiers de l'Estrie, la Société de conservation du corridor naturel de la rivière au Saumon, la Société de protection foncière du lac Montjoie, la Société pour la nature et les parcs du Canada.








