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Protection de la forêt boréale - L'entente historique sème la discorde chez les écologistes

Industrie forestière
Photo : Agence Reuters
Industrie forestière
L'Action boréale, le groupe fondé par le poete-chansonnier Richard Desjardins, a accueilli froidement l'entente intervenue mardi entre plusieurs grands groupes écologistes canadiens et l'état-major de l'industrie forestière canadienne.

Pour le président du groupe, Henri Jacob, «cette entente est plutôt décevante pour les groupes québécois qui ont porté le dossier de la forêt et qui n'ont pas été informés du tout de cette entente avant vendredi dernier, ce qui est notre cas. Ces groupes, pour la plupart de l'extérieur du Québec, suggèrent aux industriels de consulter les locaux et les autochtones, mais eux, n'ont pas senti le besoin de le faire... Mais ils viennent nous dire comment faire. Ils font exactement comme les papetières ont toujours fait: placer les gens devant un fait accompli.»

Henri Jacob soulève d'ailleurs plusieurs problèmes à la fois administratifs et juridiques «qui traduisent éloquemment le manque de connaissances de ces gens du milieu forestier québécois».

Ainsi, l'entente vaut pour trois ans. Mais dans les faits, il faut plus du double pour obtenir une protection confirmée d'une aire protégée.

«Dans trois ans, à la fin de cette entente, ajoute-t-il, quelles garanties a-t-on que les compagnies ne vont pas apparaître avec leurs machines dans ces supposés territoires protégés ou qu'ils ne changeront pas leur fusil d'épaule après avoir obtenu une trêve sur les marchés étrangers? De plus, dans sa forme actuelle, les compagnies ne réduisent en rien l'intensité de leur récolte globale même si elles conviennent de moratoires de coupe dans certains territoires. Mais cela veut dire que ce qu'elles ne récolteront pas d'un côté, elles vont le couper ailleurs où des acteurs sur le terrain voudraient peut-être, eux, protéger ces territoires.»

Le président de l'Action boréale s'interroge par ailleurs de ce que «tous ces groupes, qui ont leur siège social à Toronto», connaissent du Québec.

Il note que la zone de la forêt boréale apparaissant sur leur carte du Québec se rend jusqu'à la baie d'Ungava, «une région nordique où ne se rend pas la forêt boréale», précise-t-il. Il se surprend aussi de ce qu'aucun moratoire de coupe n'ait été acquis dans la région de Val-d'Or où se trouve le troupeau de caribous des bois le plus menacé au Québec, celui qui, en matière de conservation, devrait avoir la priorité pour des gens au fait du dossier du caribou.

De son côté, Mélissa Filion, de Greenpeace, dit qu'elle a lancé plusieurs perches aux écologistes québécois, sans succès.

Mais, dit-elle, l'entente ne ferme pas mais ouvre plutôt la porte aux groupes écologistes tout comme aux autres industriels du Québec qui n'y ont pas encore adhéré.

«Il s'agit, dit-elle, d'une première étape entre deux groupes, les industriels et les grands groupes canadiens, qui ont convenu d'une trêve, mais pour ce qui est des territoires à protéger, de la nécessaire consultation avec tout le monde, tout ça reste à faire. Et c'est là que si des groupes autochtones, et cela vaut pour les ONG, veulent être associés à la démarche, ils n'ont qu'à se manifester et nous serons heureux d'aborder les questions concrètes qui vont se poser avec tous les intéressés.»
 
 
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  • Marc Lapointe
    Abonné
    jeudi 20 mai 2010 05h05
    Richard Desjardins dans tout cela?
    Suite à la bombe forestière de mardi, j'ai été extrêmement surpris de voir que l'on avait oublié Richard Desjardins et son Action Boréale. C'est quand même lui le père de la présente révolution sur la protection de la forêt boréale. Mais je vois qu'il y a dissidence: "...accueilli froidement..." qu'il disait. Jusqu'à maintenant, j'étais heureux de cette entente bien qu'aussi je la trouvasse un oeu courte. Trois ans. Et après, qu'arrive t'il? On se remet ;a la coupe à blanc et à la déforestation? Mais la forêt aura eu quand même trois ans de répit. Merci Richard Desjardins.

  • Sanzalure
    Inscrit
    jeudi 20 mai 2010 07h30
    Comme déçu...
    Quand j'ai entendu la nouvelle à la radio, je n'en croyais pas mes oreilles ! Enfin une bonne nouvelle à travers toutes les catastrophes et les malheurs que les médias colportent quotidiennement.

    J'aurais dû m'en douter qu'il y avait anguille sous roche.

    D'autant plus décevant qu'on aurait tellement aimé y croire !

    Serge Grenier

  • Bouchez Jérémy
    Inscrit
    jeudi 20 mai 2010 08h37
    On se fout de qui?
    Tout à fait d'accord avec les réactions précédentes.
    Les groupes écologistes qui ont signé cet accord sont pitoyables et décevant...

    L'entente ne règle rien du tout, c'est de la poudre au yeux. Il faut dénoncer tout ça et renverser la vapeur. J'en veux surtout à Greenpeace (pour qui je verse 10$/mois) qui se parjure totalement. Les gars, vous aviez fumé quoi lorsque vous avez pris la décision?
    Les gens déçus pourraient se désabonner pour faire pression sur Greenpeace !!!

    Un écolo en colère (décidément en ce moment il y a de quoi !!!)

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    jeudi 20 mai 2010 11h37
    Spectacle désolant
    Greenpeas et tous les activistes qui se crêpent le chignon. Permettez-moi de rigoler un bon coup. Tous des ignorants de ce qu'est la forêt qui concluent une entente avec les industriels.

    Aucun élu, i.e. des gens qui représentent la population, pour participer à l'affaire. Les activistes s'assoient avec les industriels, qui eux sont habitués à la négociation, car ils veulent la paix. On doit mettre de l'eau dans son vin quand on négocie et voilà qu'on dénonce ces écolos qui tentent d'être réalistes et on les lapide.

    Cela prouve trois choses. La première est que les écolos sont des amateurs puisqu'ils n'ont pas compris qu'ils devaient, comme les politiciens en ont l'obligation, regrouper tous les intéressés et surtout la population. La seconde de ne pas voir pourquoi les industriels, eux, se sont contentés des Greenpeas et semblables, i.e. ceux qui sont en mesure de leur faire une mauvaise presse «internationale». La troisième est l'incapacité de s'entendre avec ceux qui ne partagent pas leur opinion.

  • jeanclro
    Abonné
    jeudi 20 mai 2010 11h40
    Entente Ecolo-forestièeres
    J'ai déjà été impliqué a sauvegarder nos forêts au Nouveau-Brunswick.
    L'expérience a été décevante. Les forestières sont deux ou 3 ans en avance de nos revendications. Quand qu'ils font des concession c'est parce que cela fait leurs affaires. Cela donne du répit, ils se font une bonne réputation et puis change de cap. Les écolos rester vigilants. Si les marchés redeviennent demandant vous aller revoir les horreurs! Les règlements vont changer, les inspection deviennent plus rares si non existant comme au NB. Bonne Chance!

  • epoque opaque
    Inscrit
    jeudi 20 mai 2010 12h04
    Trois ans c'est quand même mieux que rien du tout
    C'est vrai que rien n'est encore réglé, tant que le gouvernent québécois n'aura pas légiféré de manière concrète pour la protection de forêt boréale. Avec l'adoption de la loi 57 qui relègue aux élus régionaux le soin de décider quelle sera l'approche adoptée en matière de foresterie et dans un contexte où la situation de l'emploi est plus que catastrophique, cela équivaut à la liquidation des derniers espaces vierges du Québec. Il fallait agir vite pour que les gouvernements provinciaux prennent leur responsabilités dans le dossier des aires protégées.

    Je m'explique mal en quoi le rayonnement qui dépassent les frontière du Québec des groupes qui ont participé à cette entente, enlève de la crédibilité à celle-ci. Chauvinisme à part, si cette entente a des répercutions positives dans le reste du Canada, cela n'enlève rien aux résultats ici même au Québec, puis ce que certaines compagnies impliquées dans l'entente exploitent la forêt ailleurs au Canada. Comme je ne faisais pas partie moi non plus de ces négociations, je ne peux pas expliquer pourquoi, telle zone a été privilégiée plutôt qu'une autre. Peut-être que le secteur de Val-d'Or dont parle M. Jacob ne fait pas partie d'une zone allouée par un joueur représenté à la table, peut-être qu'il a fallût ajouter de l'eau dans le vin de tout le monde, pour en arriver là. Mais le rayonnement des groupes assis à cette table ne peut qu'être aussi garante d'un rapport de force plus costaud voire d'une impartialité quant au choix des zones à privilégier.

    Finalement, rappelons la réaction négative de M. Jacob au lendemain du coup d'éclat de Greenpeace au Saguenay en 2005. M. Jacob faisait alors valoir que la voie du boycott n'était pas la bonne. Notez que depuis SFK Pâtes, la compagnie visée par Greenpeace est allé chercher la certification FSC et que par la suite plusieurs compagnies ont suivi son exemple. En août 2009, avec sa nouvelle politique forestière, le géant mondial du papier jetable Kimberley-Clark s'est mis de la partie. C'est au pied du mur, que les principaux joueurs de l'industrie forestière décident finalement de se mettre au goût du jour pour satisfaire les exigences environnementales du 21e siècle.

    Maintenant que le boycott est révolu, espérons que les absents (qui ont parfois tort) se joindront à cet avancée, somme toute dans la bonne direction pour ajouter leur voix de manière constructive.
    Bravo Greenpeace, bonne continuité, dans le contexte d'économie globale, nous aurons de plus en plus besoin de groupe comme le vôtre.

  • Paul-André Bouchard
    Inscrit
    jeudi 20 mai 2010 14h14
    Est-ce que ça sent la "CAISSE ÉCOLOGISTE"
    Peut-on avoir accès aux livres de Greenpeace ?
    Est-ce qu'il n'y aurait-il pas quelque financement obtenu en échange de cette "SI BELLE ENTENTE" ? Je crois que Greenpeace s'est fait acheter avec du bois de chez-nous !

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 20 mai 2010 14h39
    Saisir cette perche à défaut de rien
    Je crois qu'on ne peut pas se permettre d'être complètement pessimiste sur cette question, ce serait trop désolant. Pourquoi ne pas s'accrocher à la perche qui est tendue par les derniers propos de cet article, ceux de la représentante de Greenpeace, Mélissa Filion?

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    jeudi 20 mai 2010 15h21
    Pas voter pour ça
    Comment peut-on laisser croire que la responsabilité revient aux écolos quand nous avons pas voter pour eux pour nous représenter.
    Bien que certains apporte un plus à notre société il n'en demeure pas moins que l'enfer est pavé de gens de bonne intention.

  • SylvainArchambault
    Inscrit
    jeudi 20 mai 2010 17h02
    Caribou de Val d'Or... la vraie raison
    Si l'habitat du caribou de Val d'Or n'est pas inclus dans l'entente c'est pour une excellente raison : son territoire n'est absolument pas compris dans les territoires alloués aux compagnies signataires de l'entente.
    C'est aussi simple que ça !!!

    L'aire de répartition du caribou de Val d'Or est entièrement comprise dans l'UAF 8351 et cette UAF est allouée aux compagnies Domtar, Norbord, Uniboard Canada et quelques autres mineures.

    Faisons des pressions sur ces compagnies pour qu'elles protègent l'habitat du caribou... au lieu de semer des doutes sur une entente qui est timide, mais qui représente au moins un pas en avant.

  • Bouchez Jérémy
    Inscrit
    jeudi 20 mai 2010 22h16
    On se revoir dans quelques années
    Je vais sauvegarder cet article et ces discussions et les ressortir dans quelques années quand on se rendra compte que les forestières ce seront bien foutu de tout le monde...

  • Richard Larouche
    Inscrit
    vendredi 21 mai 2010 07h13
    La forêt boréale a la baie d'Ungava ???
    Comme le dit si bien l'auteur, il semble que ces groupes "écologistes" (sic) basés à Toronto ne connaissent rien du tout à la forêt québécoise. La forêt boréale a la baie d'Ungava ? Vont-ils essayer de nous faire croire qu'il y a des forêts tropicales en Montérégie, un coup parti ? Quelle entente bâclée !

  • Chryst
    Abonné
    vendredi 21 mai 2010 13h58
    C’est clair à voir
    Que les intérêts du pays ne sont pas ceux du Québec.

  • SylvainArchambault
    Inscrit
    vendredi 21 mai 2010 14h47
    La forêt boréale jusqu'à la baie d'Ungava... hé oui !!!
    La plupart des spécialistes fixent à 10% de couvert forestier la limite inférieure pour dire qu'un paysage est couvert de forêt. C'est pour celà que tous s'entendent pour fixer la "limite des forêts" immédiatement au sud de la baie d'Ungava.

    La limite nord utilisée dans l'entente est basée sur les travaux de Brandt (The extent of the North American boreal zone. Environmental reviews vol. 17, p.101 -161.) et elle est strictement correcte.

    Brandt (2009) a effectué la compilation la plus récente et la plus exhaustive des connaissances cartographiques sur la zone boréale et sa forêt. Les données pour le Québec sont basées en grande partie sur les travaux de Serge Payette de l'Université Laval, le grand spécialiste de la limite nordique des forêts au Québec.

    Il est vrai que la partie nord de la forêt boréale (la toundra forestière) n'a aucune valeur commerciale et que le couvert forestier est très ténu... mais cette zone fait quand même partie de la "forêt boréale".

  • Noémi Desmarais
    Inscrite
    mercredi 26 mai 2010 00h34
    Pouvons-nous célébrer un peu S.V.P.?
    Bien d'accord avec epoque opaque et Sylvain Archambault.

    Jérémy c'est dommage que tu décides de retirer ton abonnement à Greenpeace alors que le support des membres sera cruciale surtout dans les trois prochaines années pour s'assurer que les entreprises avancent dans les 60 étapes prévues. Le rôle de Greenpeace à partir de maintenant, maintenir la pression sur le gouvernement dont c'est la responsabilité de légiférer et de protéger les territoires, faire pressions sur les entreprises comme Domtar qui ne sont pas dans l'entente (ex. forêt Broadback) et suivre de près les progrès des entreprises qui sont dans l'entente tout en continuant d'informer ses membres. Si d'ici trois ans les entreprises brisent les conditions bien définies dans l'entente, Greenpeace reprendra ses campagnes de boycott.

    Bien sûr cette entente n'est qu'un commencement et tout n'est pas réglé du jour au lendemain. Par contre, pour connaître personnellement Mme Filion, permettez moi de vous dire que cette responsable de campagne qui travaille d'arache-pied au bureau de Montréal connait très bien son dossier au Québec et est bien loin d'avoir été achetée par les entreprises forestières. Les objectifs de Greenpeace et des autres ONG sont bien clair : La protection de la forêt boréale. C'est vraiment dommage que certains qui ont aussi à coeur cet objectif se divisent ainsi.

    Greenpeace a une campagne de pression sur la forêt boréale depuis 2003 et d'énorme progrès ont été atteints depuis. Ces grosses entreprises travaillent à un niveau global et c'est la force de Greenpeace de pouvoir exercer de la pression a ce niveau.

    M. Desjardins pour qui j'ai un respect immense est bien sûr le pionnier de la défense de la forêt au Québec. Sa portée est cependant locale et maintenant que l'entente va aller de l'avant, les intérêts locaux et les concertations avec autochtones et autres acteurs deviennent prioritaires. Avant cette étape, le travail global (échelle nationale et internationale) était essentiel pour arriver à faire changer ces grosses entreprises de direction. Greenpeace a bien dit qu'à partir de maintenant les concertations se poseront territoires par territoires et espérons qu'Action Boréale prendra part à la table lorsqu'il sera question des territoires en Abitibi.

    En bout de ligne c'est au gouvernement de décider quels territoires deviendront des aires protégées permanentes. Mais maintenant, les gouvernements seront peut-être plus prompt à écouter les écologistes si les entreprises adhèrent davantage à des principes de protection des ressources.

    S.V.P. Cessons de nous chamailler et donnons une chance à cette entente qui a beaucoup de potentiels. Aussi, merci à tous de prendre connaissance directement de l'entente au lieu de forger votre opinion sur ce que les médias en rapporte.

    http://ententesurlaforetborealecanadienne.com/medi

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