Libre opinion - Pour sauvegarder nos marées bleues
Nous sommes actuellement sur la «grand'terre», à Mont-Tremblant, pour un séjour avec la famille et les amis. Tous les gens qu'on rencontre nous parlent de nos Îles-de-la-Madeleine avec ferveur comme si c'était chez eux. Avec la même ferveur, ils parlent de la nécessité de protéger ce joyau d'une richesse inouïe.
Notre richesse à nous, c'est la santé. Notre propre santé, la santé de notre environnement, la santé de la faune et de la flore qui nous entourent, la santé de nos industries durables: les pêches, le tourisme, l'agroalimentaire... Notre richesse à nous, c'est notre manière de faire, notre manière de vivre, notre joie de vivre. Tout cela se traduit en une expression culturelle qui pulvérise les records en variété, en quantité et en qualité.
Notre richesse, c'est aussi les énergies alternatives renouvelables comme le vent, le soleil, la biomasse, etc. Notre richesse, c'est encore des réserves de gaz et de pétrole et notre sagesse nous dit de les garder en réserve justement.
En ce moment, nos yeux sont tournés vers le golfe du Mexique. Onze travailleurs ont laissé leur vie sur une plateforme pétrolière. Pour un temps indéterminé, des quantités incroyables de pétrole se déversent dans la mer et atteignent les côtes. Nos cousins, les pêcheurs louisianais, ont fait leurs dernières pêches pour très longtemps. On entend toutes sortes de choses: «C'est difficile à contenir... La pression est plus forte que prévu... BP va payer...» Payer quoi, au juste? Les véritables richesses du golfe du Mexique n'ont pas de prix. Une catastrophe comme celle-là dans le golfe du Saint-Laurent, ça signifie ni plus ni moins qu'une autre déportation des Acadiens, et là, «y pourrions même pas nous larguer en Louisiane!»
Mais même sans catastrophe d'une telle ampleur, les forages d'exploration et d'exploitation pétrolière et gazière comportent toujours, en plus des risques d'accident, l'usage de dangereux contaminants. Simplement pour lubrifier les énormes trépans de forage, il faut utiliser un cocktail de produits chimiques secrets, véritables poisons pour l'eau, les sols et l'air. Le simple bon sens nous dit: «Wô! C'est assez. STOP!»
Depuis quelques mois, j'ai pris ces fameux STOP en affection. Notre nouvelle voiture hybride acquise aux Îles-de-la-Madeleine s'arrête pile aux feux rouges, se recharge et repart automatiquement sur la pile aux feux verts. Et le plus beau dans tout ça, c'est qu'elle fait «des grands bouttes pas de gaz»! Les quelque 1300 km entre les Îles et Mont-Tremblant ont nécessité deux fois moins d'essence qu'une voiture traditionnelle. Wow! C'est un bon commencement vers l'invention d'un moteur générant lui-même sa propre motricité. On y arrive donc à notre indépendance par rapport au pétrole...
Des personnes ingénieures et ingénieuses nous disent que cette technologie existe déjà. Il suffit de la mettre en application. Pour une grand-mère comme moi, c'est génial. Je ne pensais jamais voir ça de mon vivant. Qu'est-ce qui nous empêche alors d'équiper de la sorte autos, bateaux, avions, tracteurs, tondeuses, souffleuses, alouette? Il y a des milliards à faire là-dedans et c'est sans risque pour l'environnement.
Le groupe Corridor Resources, qui veut forer sur le site Old Harry au nord-est des Îles de la Madeleine, doit sortir du corridor, laisser dormir «tranqu'Îles» le vieux Harry et ouvrir sur l'espace illimité des énergies alternatives. Notre pouvoir, il est là. En attendant, je réclame avec d'autres Madelinots, Québécois, Acadiens et autres Maritimers un moratoire permanent sur l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Et je rêve... Je rêve d'un statut de patrimoine mondial de l'UNESCO pour le majestueux fleuve Saint-Laurent, son estuaire et son golfe. Parfois, les rêves se réalisent et la vie nous fait de somptueux cadeaux.
En ce mois de la fête des Mères, offrons à notre mère la Terre un joyau d'une richesse inouïe: un collier d'îles, du Corps mort au Rocher aux oiseaux, paré de toutes ses perles du Havre Aubert à la Grande Entrée, «ces îles de la Madeleine, filles de buttes et de sillons». Sauvegarder nos marées bleues pour nous et pour les générations à venir.
***
Annie Landry - L'anse à la Cabane
Notre richesse à nous, c'est la santé. Notre propre santé, la santé de notre environnement, la santé de la faune et de la flore qui nous entourent, la santé de nos industries durables: les pêches, le tourisme, l'agroalimentaire... Notre richesse à nous, c'est notre manière de faire, notre manière de vivre, notre joie de vivre. Tout cela se traduit en une expression culturelle qui pulvérise les records en variété, en quantité et en qualité.
Notre richesse, c'est aussi les énergies alternatives renouvelables comme le vent, le soleil, la biomasse, etc. Notre richesse, c'est encore des réserves de gaz et de pétrole et notre sagesse nous dit de les garder en réserve justement.
En ce moment, nos yeux sont tournés vers le golfe du Mexique. Onze travailleurs ont laissé leur vie sur une plateforme pétrolière. Pour un temps indéterminé, des quantités incroyables de pétrole se déversent dans la mer et atteignent les côtes. Nos cousins, les pêcheurs louisianais, ont fait leurs dernières pêches pour très longtemps. On entend toutes sortes de choses: «C'est difficile à contenir... La pression est plus forte que prévu... BP va payer...» Payer quoi, au juste? Les véritables richesses du golfe du Mexique n'ont pas de prix. Une catastrophe comme celle-là dans le golfe du Saint-Laurent, ça signifie ni plus ni moins qu'une autre déportation des Acadiens, et là, «y pourrions même pas nous larguer en Louisiane!»
Mais même sans catastrophe d'une telle ampleur, les forages d'exploration et d'exploitation pétrolière et gazière comportent toujours, en plus des risques d'accident, l'usage de dangereux contaminants. Simplement pour lubrifier les énormes trépans de forage, il faut utiliser un cocktail de produits chimiques secrets, véritables poisons pour l'eau, les sols et l'air. Le simple bon sens nous dit: «Wô! C'est assez. STOP!»
Depuis quelques mois, j'ai pris ces fameux STOP en affection. Notre nouvelle voiture hybride acquise aux Îles-de-la-Madeleine s'arrête pile aux feux rouges, se recharge et repart automatiquement sur la pile aux feux verts. Et le plus beau dans tout ça, c'est qu'elle fait «des grands bouttes pas de gaz»! Les quelque 1300 km entre les Îles et Mont-Tremblant ont nécessité deux fois moins d'essence qu'une voiture traditionnelle. Wow! C'est un bon commencement vers l'invention d'un moteur générant lui-même sa propre motricité. On y arrive donc à notre indépendance par rapport au pétrole...
Des personnes ingénieures et ingénieuses nous disent que cette technologie existe déjà. Il suffit de la mettre en application. Pour une grand-mère comme moi, c'est génial. Je ne pensais jamais voir ça de mon vivant. Qu'est-ce qui nous empêche alors d'équiper de la sorte autos, bateaux, avions, tracteurs, tondeuses, souffleuses, alouette? Il y a des milliards à faire là-dedans et c'est sans risque pour l'environnement.
Le groupe Corridor Resources, qui veut forer sur le site Old Harry au nord-est des Îles de la Madeleine, doit sortir du corridor, laisser dormir «tranqu'Îles» le vieux Harry et ouvrir sur l'espace illimité des énergies alternatives. Notre pouvoir, il est là. En attendant, je réclame avec d'autres Madelinots, Québécois, Acadiens et autres Maritimers un moratoire permanent sur l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Et je rêve... Je rêve d'un statut de patrimoine mondial de l'UNESCO pour le majestueux fleuve Saint-Laurent, son estuaire et son golfe. Parfois, les rêves se réalisent et la vie nous fait de somptueux cadeaux.
En ce mois de la fête des Mères, offrons à notre mère la Terre un joyau d'une richesse inouïe: un collier d'îles, du Corps mort au Rocher aux oiseaux, paré de toutes ses perles du Havre Aubert à la Grande Entrée, «ces îles de la Madeleine, filles de buttes et de sillons». Sauvegarder nos marées bleues pour nous et pour les générations à venir.
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Annie Landry - L'anse à la Cabane
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