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Sommet sur la biodiversité de Montréal - Montréal protège mal sa biodiversité

Les villes n'ont plus d'excuses pour ne plus agir, plaide le président du Centre québécois du droit de l'environnement

Plusieurs intervenants du Sommet sur la biodiversité de Montréal ont noté qu’une des failles dans la protection des écosystèmes de la région était l’absence ou l’inapplication des normes de protection des rives.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Plusieurs intervenants du Sommet sur la biodiversité de Montréal ont noté qu’une des failles dans la protection des écosystèmes de la région était l’absence ou l’inapplication des normes de protection des rives.
La protection de la biodiversité sur l'île de Montréal souffre de plusieurs failles malgré les progrès accomplis au cours des dernières années.

Cette conclusion faisait globalement consensus hier, y compris de la part de la Ville, au Sommet sur la biodiversité de Montréal, organisé par le Conseil régional de l'environnement au centre Gelber.

Grâce à 30 millions de dollars d'investissements au cours des dernières années, Montréal a haussé le niveau d'aires protégées sur son territoire de 3,2 % à 5,2 %, mais les ajouts qui vont permettre d'atteindre l'objectif de 6 % en milieu terrestre et de 2 % en milieu aquatique risquent de coûter cher, compte tenu de la propension à l'étalement urbain et à construire inutilement grand.

Mais les villes n'ont plus d'excuses pour ne pas protéger leurs milieux humides, leurs rives et berges, les forêts urbaines et les autres écosystèmes qui permettent à la petite et grande faune de survivre sur l'île de Montréal, cerfs compris.

Selon Me Jean-François Girard, président du Centre québécois du droit de l'environnement, la Cour suprême du Canada a reconnu clairement le pouvoir des villes à protéger des écosystèmes jugés d'intérêt public, «ce qui n'est pas une expropriation» qui commande de lourdes compensations.

Pourtant, l'excuse classique des villes est qu'elles n'ont ni les pouvoirs ni l'argent pour protéger l'essentiel de leur patrimoine naturel. C'est faux, affirme Me Girard, car les administrations municipales peuvent, par un zonage approprié, interdire «n'importe quelle activité» sur un terrain privé au nom de l'intérêt public et de l'environnement.

Mais au lieu de protéger des zones humides ou forestières par des règlements de zonage, les villes mettent plutôt de côté d'importantes sommes afin d'acquérir ces terrains, ce qui se justifie uniquement si elles veulent les utiliser. Protéger n'exige pas d'acquérir, selon Me Girard, qui récuse aussi les excuses du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, qui se cache souvent derrière la dévolution de pouvoirs aux municipalités pour ne pas agir. Ces responsabilités déléguées, a-t-il poursuivi, n'annulent en aucune façon le pouvoir de contrôle de l'action municipale que conserve le ministère.

Le seul vrai problème, a-t-il dit, c'est la volonté politique.

Pas de normes pour les rives

Plusieurs intervenants ont noté qu'une des failles dans la protection des écosystèmes de la région de Montréal, et en particulier sur l'île elle-même, était l'absence ou l'inapplication des normes de protection des rives, le milieu privilégié d'échanges entre la terre et l'eau, ce qui en fait le deuxième maillon le plus important de la biodiversité après les milieux humides.

Les avis étaient partagés hier sur la nécessité de protéger la totalité des milieux humides de l'île de Montréal, voire ceux de la Communauté métropolitaine (CMM) dans son ensemble. Mais en général, les différents conférenciers appelés à se prononcer sur la question ont plaidé pour une protection la plus intégrale possible, du fait qu'il en reste très peu en raison de l'étalement urbain et de la manie de construire trop grand et en faible densité.

Enfin, certains ont plaidé pour une vaste consultation publique pour harmoniser les différents types de protection accordés aux rapides de Lachine par des règles claires, à la hauteur de leur exceptionnelle valeur écologique.
 
 
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  • Amie du Richelieu
    Inscrit
    mercredi 28 avril 2010 07h00
    "Le seul vrai problème...c'est la volonté politique"
    Comme pour les installations de grands barrages hydro-électriques, les décisions importantes qui impactent sur un héritage collectif comme un cours d'eau ne devraient pas se faire localement, ou dépendre de l'approbation ou le refus de la population locale. La santé des écosystèmes des lacs, rivières et du fleuve est trop importante pour tomber sous la juridiction locale. La capacité de jouir ou non d'un cours d'eau ou d'un lac ne devrait pas dépendre non plus de décisions qui se font localement. Je pense ici à un projet de promenade riveraine dans ma ville qui aurait permis aux gens d'apprécier de près un paysage de rivière et même de s'en entourer sans même se mouiller les pieds, projet payé en grande partie avec des subventions. Pourtant, une liste de signatures de quelques Richelois a remisé ce projet sur les tablettes. Il est important de remettre les gens en contact avec leurs cours d'eau pour qu'ils en apprécient la beauté et ainsi prendre conscience de l'importance de celui-ci et lui redonner la place qu'il a besoin pour se maintenir en santé (bandes riveraines et milieux humides).

    Johanne Dion
    Amie du Richelieu
    http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/

  • SusanK
    Abonné
    mercredi 28 avril 2010 14h19
    Quelle volonté politique?
    La Ville de Montréal s'apprête à construire une petite tour à Pierrefonds sur le bord de l'eau où 23 espèces de poissons ont été répertoriées ainsi que la torture géographique et la couleuvre brune.

    Pour l'administration Tremblay, le mot 'biodiversité' n'existe que pour leurs propres gains personnels.

    Quant à leurs consultations publiques, faîtes-moi pas rire. Tout est décidé d'avance et après ils ont le culot de nous parler qu'ils sont démocratiques.

  • Annoula
    Inscrit
    jeudi 29 avril 2010 23h38
    Trop docile, votre commentaire sur la politique !
    Et que dire des BPC, enterrés dans le sud ouest de Mtl, qui se déversent encore dans notre Fleuve ? et de l'atrazine ? de l'aluminium etc... etc...
    La tolérance de la haute quantité de polluants toxiques dans nos cours d'eau est absolument dégueulasse. Incroyable mais vrai et si triste. Je ferais mieux d'aller voir nos belles baleines Bélugas dans le Bas du Fleuve avant qu'elles meurent toutes de cancer.

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