Automobile - La France prend le virage électrique à pleine vitesse
L'Hexagone se dotera de 50 000 véhicules tout électriques... et ce n'est qu'un début
Photo : Agence France-Presse Torsten Silz
L’ensemble du système en France devrait comprendre 4 millions de points de recharge électriques privés et 400 000 gérés par des services publics.
Alors qu'au Québec, on parle de développer le marché de l'auto électrique au cours de la prochaine décennie, en France, on en parle en termes de mois, voire de jours, depuis le lancement de la stratégie française, la semaine dernière.
C'est jeudi qu'un consortium de sociétés publiques françaises a lancé un premier appel d'offres pour se doter dans les prochains mois de 50 000 véhicules tout électriques, soit l'onde première d'un électro-choc dirigé vers les grands constructeurs français qui ont pris l'engagement de mettre sur le marché dans moins de 12 mois pas moins de 60 000 autres véhicules électriques.
Ce premier appel d'offres, dont l'ampleur vise «à garantir aux constructeurs français une demande suffisante pour qu'ils puissent lancer la production de véhicules électriques en toute sécurité à une échelle industrielle», fait partie, au même titre que l'entente de commercialisation passée avec Renault et PSA, de la nouvelle stratégie de déploiement des véhicules électriques à travers toute la France.
Par ailleurs, cette stratégie comprend des ententes «signées» avec 12 «collectivités territoriales» qui se sont engagées à créer dans les prochains mois un réseau d'infrastructures de recharge pour les hybrides rechargeables et les tout électriques. Ces postes de recharge ne compteront que pour 5 à 10 % des postes créés, parce qu'ils s'ajouteront à ceux que le secteur privé va construire sur les autoroutes, dans les stationnements commerciaux ainsi que dans les édifices à bureaux et à logements, ce qu'une nouvelle norme de construction va rendre obligatoire dès 2010.
Globalement, le plan français estime à 60 millions d'euros les investissements qui seront consacrés à la construction des premières infrastructures, soit 1250 sites de recharge disponibles dès 2012. En 2015, le plan prévoit qu'il y aura 900 000 points de recharge privés et 75 000 publics. En 2020, l'ensemble du système devrait comprendre 4 millions de points de recharge privés et 400 000 gérés par des services publics.
Aides financières
Le plan d'action de la France, dévoilé la semaine dernière par le ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, Jean-Louis Borloo, prévoit aussi des assistances financières importantes pour les collectivités et les communes, responsables des infrastructures de recharge avec les constructeurs automobiles.
Parmi les collectivités qui se sont engagées à mettre en place les infrastructures de recharge à l'intention des 110 000 véhicules qui commenceront à rouler dans huit mois, on note celles de Paris, Bordeaux, Grenoble, Rennes, Strasbourg et Nice.
En parallèle à son appui aux collectivités, le gouvernement français prévoit investir 750 millions d'euros pour financer le développement des véhicules «décarbonés». Cette somme s'ajoute au cadre du Pacte automobile, dans lequel il a déjà accepté de verser 250 millions d'euros pour favoriser l'industrialisation des véhicules «décarbonés» et l'amélioration de leur sécurité.
La France a aussi déjà investi 70 millions en prêts pour une usine de batteries, capable d'en produire jusqu'à 350 000 par année à Flins. Une partie de ces fonds va aussi servir à mettre au point une filière commerciale et industrielle complète pour la récupération et le recyclage des batteries, en particulier celles au lithium.
Le quart du marché
Avec ce plan d'action, la France espère que les véhicules électriques accapareront 27 % du marché en 2025. Cet objectif est inférieur à celui de 25 % des ventes annuelles, que cible Québec pour 2020, sans avoir pourtant de constructeurs nationaux établis en appui de sa stratégie, selon le projet de plan d'action de déploiement des véhicules électriques ici, que révélait Le Devoir récemment.
Avec son plan, la France pense pouvoir engendrer une activité économique et industrielle d'une valeur de 15 milliards d'euros en 2030, de réduire ses importations de pétrole de 4 milliards de tep (tonnes équivalent de pétrole) et de réduire ainsi ses émissions de de 17,5 millions de tonnes de GES d'ici 2020, soit 3 % du bilan national d'émissions en 2007.
Aide aux consommateurs
La stratégie française repose d'autre part sur deux mesures capitales d'aide aux consommateurs.
D'abord, la France est décidée à maintenir le malus-bonus mis en place il y a deux ans pour réduire les taxes payées à l'achat et pour l'immatriculation des véhicules peu énergivores. Cette réduction des coûts d'achat et d'opération, le «bonus», est payée par le «malus» imposé aux propriétaires de véhicules énergivores, dont la facture grimpe en fonction des émissions de gaz à effet de serre rejetées par leur véhicule. Le système est neutre fiscalement pour l'État.
Ce malus-bonus, précise le plan français, «a eu un effet majeur sur les comportements d'achat de véhicules». Ce système a augmenté de 70 % le nombre de véhicules qui ont bénéficié du bonus, ce qui a permis à la France de réduire d'un gramme par mois les émissions moyennes des véhicules vendus, contre une réduction d'un gramme par an antérieurement. Pour le ministre Borloo, cela démontre que «le marché existe donc pour des véhicules écologiques», ce qui est d'autant plus évident qu'un décompte par son ministère indique que 35 modèles tout électriques ou hybrides rechargeables seront sur le marché en France dès janvier 2012.
Mais en plus du malus-bonus, le gouvernement français accordera une subvention de 5000 euros à l'achat d'un véhicule électrique et de 2000 euros pour un hybride rechargeable.
Le plan français précise par ailleurs que les constructeurs préparent de nouveaux services propres au marché du véhicule électrique, comme ceux liés au service des batteries et à la maîtrise des charges. Plusieurs se préparent aussi à fonctionner par forfait pour minimiser les mauvaises surprises.
Enfin, l'apparition des voitures électriques va aussi modifier le concept de mobilité urbaine, note le plan, avec de nouveaux modes d'autopartage, des véhicules électriques en libre-service et des navettes intermodales.
C'est jeudi qu'un consortium de sociétés publiques françaises a lancé un premier appel d'offres pour se doter dans les prochains mois de 50 000 véhicules tout électriques, soit l'onde première d'un électro-choc dirigé vers les grands constructeurs français qui ont pris l'engagement de mettre sur le marché dans moins de 12 mois pas moins de 60 000 autres véhicules électriques.
Ce premier appel d'offres, dont l'ampleur vise «à garantir aux constructeurs français une demande suffisante pour qu'ils puissent lancer la production de véhicules électriques en toute sécurité à une échelle industrielle», fait partie, au même titre que l'entente de commercialisation passée avec Renault et PSA, de la nouvelle stratégie de déploiement des véhicules électriques à travers toute la France.
Par ailleurs, cette stratégie comprend des ententes «signées» avec 12 «collectivités territoriales» qui se sont engagées à créer dans les prochains mois un réseau d'infrastructures de recharge pour les hybrides rechargeables et les tout électriques. Ces postes de recharge ne compteront que pour 5 à 10 % des postes créés, parce qu'ils s'ajouteront à ceux que le secteur privé va construire sur les autoroutes, dans les stationnements commerciaux ainsi que dans les édifices à bureaux et à logements, ce qu'une nouvelle norme de construction va rendre obligatoire dès 2010.
Globalement, le plan français estime à 60 millions d'euros les investissements qui seront consacrés à la construction des premières infrastructures, soit 1250 sites de recharge disponibles dès 2012. En 2015, le plan prévoit qu'il y aura 900 000 points de recharge privés et 75 000 publics. En 2020, l'ensemble du système devrait comprendre 4 millions de points de recharge privés et 400 000 gérés par des services publics.
Aides financières
Le plan d'action de la France, dévoilé la semaine dernière par le ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, Jean-Louis Borloo, prévoit aussi des assistances financières importantes pour les collectivités et les communes, responsables des infrastructures de recharge avec les constructeurs automobiles.
Parmi les collectivités qui se sont engagées à mettre en place les infrastructures de recharge à l'intention des 110 000 véhicules qui commenceront à rouler dans huit mois, on note celles de Paris, Bordeaux, Grenoble, Rennes, Strasbourg et Nice.
En parallèle à son appui aux collectivités, le gouvernement français prévoit investir 750 millions d'euros pour financer le développement des véhicules «décarbonés». Cette somme s'ajoute au cadre du Pacte automobile, dans lequel il a déjà accepté de verser 250 millions d'euros pour favoriser l'industrialisation des véhicules «décarbonés» et l'amélioration de leur sécurité.
La France a aussi déjà investi 70 millions en prêts pour une usine de batteries, capable d'en produire jusqu'à 350 000 par année à Flins. Une partie de ces fonds va aussi servir à mettre au point une filière commerciale et industrielle complète pour la récupération et le recyclage des batteries, en particulier celles au lithium.
Le quart du marché
Avec ce plan d'action, la France espère que les véhicules électriques accapareront 27 % du marché en 2025. Cet objectif est inférieur à celui de 25 % des ventes annuelles, que cible Québec pour 2020, sans avoir pourtant de constructeurs nationaux établis en appui de sa stratégie, selon le projet de plan d'action de déploiement des véhicules électriques ici, que révélait Le Devoir récemment.
Avec son plan, la France pense pouvoir engendrer une activité économique et industrielle d'une valeur de 15 milliards d'euros en 2030, de réduire ses importations de pétrole de 4 milliards de tep (tonnes équivalent de pétrole) et de réduire ainsi ses émissions de de 17,5 millions de tonnes de GES d'ici 2020, soit 3 % du bilan national d'émissions en 2007.
Aide aux consommateurs
La stratégie française repose d'autre part sur deux mesures capitales d'aide aux consommateurs.
D'abord, la France est décidée à maintenir le malus-bonus mis en place il y a deux ans pour réduire les taxes payées à l'achat et pour l'immatriculation des véhicules peu énergivores. Cette réduction des coûts d'achat et d'opération, le «bonus», est payée par le «malus» imposé aux propriétaires de véhicules énergivores, dont la facture grimpe en fonction des émissions de gaz à effet de serre rejetées par leur véhicule. Le système est neutre fiscalement pour l'État.
Ce malus-bonus, précise le plan français, «a eu un effet majeur sur les comportements d'achat de véhicules». Ce système a augmenté de 70 % le nombre de véhicules qui ont bénéficié du bonus, ce qui a permis à la France de réduire d'un gramme par mois les émissions moyennes des véhicules vendus, contre une réduction d'un gramme par an antérieurement. Pour le ministre Borloo, cela démontre que «le marché existe donc pour des véhicules écologiques», ce qui est d'autant plus évident qu'un décompte par son ministère indique que 35 modèles tout électriques ou hybrides rechargeables seront sur le marché en France dès janvier 2012.
Mais en plus du malus-bonus, le gouvernement français accordera une subvention de 5000 euros à l'achat d'un véhicule électrique et de 2000 euros pour un hybride rechargeable.
Le plan français précise par ailleurs que les constructeurs préparent de nouveaux services propres au marché du véhicule électrique, comme ceux liés au service des batteries et à la maîtrise des charges. Plusieurs se préparent aussi à fonctionner par forfait pour minimiser les mauvaises surprises.
Enfin, l'apparition des voitures électriques va aussi modifier le concept de mobilité urbaine, note le plan, avec de nouveaux modes d'autopartage, des véhicules électriques en libre-service et des navettes intermodales.
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