À l'Écomusée du fier monde - Les citoyens rêvent leur ville verte
« Habiter une ville durable » ouvre ses portes le 22 avril
Photo : Écomusée du fier monde
Vue d'une partie de l'exposition «Habiter une ville durable» à l'Écomusée du fier monde.
À retenir
Premier volet en juin 2009: dans le cadre des rendez-vous sur le développement durable Jeanne-Mance, le Centre de l'écologie urbaine de Montréal et l'Écomusée du fier monde constatent le présent, dressent un portrait de la situation et, chiffres à l'appui, démontrent l'ampleur des défis à relever. Fin 2009, l'exposition revient avec cette fois des outils, des expériences inspirantes d'ici et d'ailleurs. Ce troisième volet, intitulé «Rêver le possible», expose des idées, des réflexions, des engagements pris envers notre milieu de vie et fournis par les visiteurs lors des deux premiers temps de l'exposition.
«Le développement durable, ça se traduit différemment selon les types d'habitat, souligne Normand Brunet, commissaire de l'exposition. Les milieux naturels, les milieux agricoles ont leurs propres préoccupations. En ville, il y a des caractéristiques de densité, de territoire, il y a un nombre important d'automobiles, la qualité de l'air, la production de gaz à effet de serre, etc. Nous sommes en face d'un habitat spécifique qui a ses problématiques particulières et dont il faut absolument s'occuper puisque, au Québec, 80 % de la population vit en ville.»
S'en occuper, mais surtout sensibiliser la population et les pouvoirs publics. Car le développement durable ne peut véritablement prendre son envol s'il n'est pas porté par une action à la fois individuelle et collective. Ainsi, au cours de l'été dernier, un kiosque sur roulettes tiré par un vélo s'est promené sur différents lieux de festivités pour aller à la rencontre du public, lui présenter un condensé de l'exposition, le sensibiliser, voir comment il réagit, comment il se sent interpellé par la question, et recueillir son témoignage, ses idées. «C'est ce que nous allons exposer dans cette troisième phase, explique Normand Brunet. Nous reprenons une partie des deux premiers volets, mais nous illustrons surtout ce que les citoyens nous ont dit, leur façon d'aborder cet enjeu métropolitain, de la collecte des résidus alimentaires jusqu'à la présence de marchés saisonniers dans tous les quartiers, en passant par l'aménagement de toits verts au centre-ville, par exemple.»
Des citoyens responsables ?
Sensibilisés, les Montréalais? Plus ou moins. «Il y a encore de grosses lacunes, admet le commissaire. Il y a beaucoup de gens qui savent ce qu'ils pourraient faire, comme prendre moins souvent leur voiture, mais qui ne le font pas. Et puis, il y a quand même ceux qui sont actifs, qui font du compost notamment. Ils ont une réflexion, particulièrement sur ce que les autorités publiques devraient mettre en place. Il y a encore un travail d'éducation à mener, et cette exposition est aussi là pour ça, mais, règle générale, aujourd'hui, la population est consciente des enjeux, des problèmes et même des solutions. Ce qui ne signifie pas qu'elle adopte les gestes responsables.»
Et la municipalité dans tout ça? Comment se situe Montréal par rapport aux autres villes à travers le Canada et tout autour du monde? L'adoption du plan stratégique de développement durable est un bon début. Certaines actions ont déjà été réalisées, mais l'exposition prône l'accélération. Le système collectif de vélo-partage Bixi est louangé comme une innovation en Amérique du Nord. Idem pour son équivalent automobile Communauto, qui inspire bien des villes partout sur la planète. «Le plan de transport est intéressant également, en matière de formulation, estime M. Brunet. Mais il faut maintenant réellement l'implanter et favoriser le transport actif, mieux travailler sur la place des piétons, leur assurer des aménagements adéquats, sensibiliser les automobilistes, etc.»
Propositions venues d'hier
Des propositions, des innovations, des expériences que les créateurs de l'exposition sont allés également chercher ailleurs, partout dans le monde. Comme le tramway parisien, qui a refait surface en 1992 après avoir disparu dans les années 1930. Comme à Stockholm, où le quartier Hammarby, situé près du centre-ville, a été conçu selon le principe de l'écologie industrielle et comporte un système intégré de gestion de l'énergie, de l'eau et des déchets. Ainsi, le traitement des eaux usées de la collectivité génère un biogaz qui alimente les cuisinières domestiques et les autobus, et les déchets solides sont collectés par des systèmes d'extraction sous vide pour le recyclage, le compostage et la production de combustibles pour le chauffage.
Plus proche de nous, l'écovillage de Cleveland est caractérisé par la construction de logements écologiques et abordables, par l'investissement dans des infrastructures pour le transport en commun et le transport actif, ainsi que par l'abondance des espaces publics destinés à l'agriculture urbaine, aux aires de jeux et de rencontres sociales. Alors que, à Portland, la transformation de bâtiments industriels vacants en logements ou en autres lieux à caractère social préserve le patrimoine culturel et l'identité de la ville.
«Dans le développement durable, les dimensions sociale et écologique sont très liées, explique Normand Brunet. L'une ne va pas sans l'autre. Au-delà du tri sélectif, l'équité, la solidarité, la participation, l'accès à une certaine qualité de vie pour tous, c'est fondamental. C'est pourquoi l'exposition s'intéresse à trois thématiques distinctes: consommer, se déplacer, se loger. Mais nous restons cependant confrontés à l'individualisme et au fait que tout notre système économique, politique, social est fondé sur la consommation. La crise que nous venons de traverser aurait été un moment idéal pour changer de modèle... mais celui-ci n'a pas été remis en question. Nous sommes aux prises avec une tendance lourde, un système bien implanté. L'exposition explore des pistes, mais le défi est grand et le chemin va être encore long.»
***
Infos pratiques
Habiter une ville durable, du 22 avril au 13 juin, à l'Écomusée du fier monde, 2050, Amherst, Montréal. Métro Berri-Uqam.
Plein tarif: 6 $, tarif réduit: 4 $. Afin de souligner le Jour de la Terre, l'accès à l'exposition sera gratuit du 22 au 25 avril.
www.ecomusee.qc.ca
***
Collaboratrice du Devoir
«Le développement durable, ça se traduit différemment selon les types d'habitat, souligne Normand Brunet, commissaire de l'exposition. Les milieux naturels, les milieux agricoles ont leurs propres préoccupations. En ville, il y a des caractéristiques de densité, de territoire, il y a un nombre important d'automobiles, la qualité de l'air, la production de gaz à effet de serre, etc. Nous sommes en face d'un habitat spécifique qui a ses problématiques particulières et dont il faut absolument s'occuper puisque, au Québec, 80 % de la population vit en ville.»
S'en occuper, mais surtout sensibiliser la population et les pouvoirs publics. Car le développement durable ne peut véritablement prendre son envol s'il n'est pas porté par une action à la fois individuelle et collective. Ainsi, au cours de l'été dernier, un kiosque sur roulettes tiré par un vélo s'est promené sur différents lieux de festivités pour aller à la rencontre du public, lui présenter un condensé de l'exposition, le sensibiliser, voir comment il réagit, comment il se sent interpellé par la question, et recueillir son témoignage, ses idées. «C'est ce que nous allons exposer dans cette troisième phase, explique Normand Brunet. Nous reprenons une partie des deux premiers volets, mais nous illustrons surtout ce que les citoyens nous ont dit, leur façon d'aborder cet enjeu métropolitain, de la collecte des résidus alimentaires jusqu'à la présence de marchés saisonniers dans tous les quartiers, en passant par l'aménagement de toits verts au centre-ville, par exemple.»
Des citoyens responsables ?
Sensibilisés, les Montréalais? Plus ou moins. «Il y a encore de grosses lacunes, admet le commissaire. Il y a beaucoup de gens qui savent ce qu'ils pourraient faire, comme prendre moins souvent leur voiture, mais qui ne le font pas. Et puis, il y a quand même ceux qui sont actifs, qui font du compost notamment. Ils ont une réflexion, particulièrement sur ce que les autorités publiques devraient mettre en place. Il y a encore un travail d'éducation à mener, et cette exposition est aussi là pour ça, mais, règle générale, aujourd'hui, la population est consciente des enjeux, des problèmes et même des solutions. Ce qui ne signifie pas qu'elle adopte les gestes responsables.»
Et la municipalité dans tout ça? Comment se situe Montréal par rapport aux autres villes à travers le Canada et tout autour du monde? L'adoption du plan stratégique de développement durable est un bon début. Certaines actions ont déjà été réalisées, mais l'exposition prône l'accélération. Le système collectif de vélo-partage Bixi est louangé comme une innovation en Amérique du Nord. Idem pour son équivalent automobile Communauto, qui inspire bien des villes partout sur la planète. «Le plan de transport est intéressant également, en matière de formulation, estime M. Brunet. Mais il faut maintenant réellement l'implanter et favoriser le transport actif, mieux travailler sur la place des piétons, leur assurer des aménagements adéquats, sensibiliser les automobilistes, etc.»
Propositions venues d'hier
Des propositions, des innovations, des expériences que les créateurs de l'exposition sont allés également chercher ailleurs, partout dans le monde. Comme le tramway parisien, qui a refait surface en 1992 après avoir disparu dans les années 1930. Comme à Stockholm, où le quartier Hammarby, situé près du centre-ville, a été conçu selon le principe de l'écologie industrielle et comporte un système intégré de gestion de l'énergie, de l'eau et des déchets. Ainsi, le traitement des eaux usées de la collectivité génère un biogaz qui alimente les cuisinières domestiques et les autobus, et les déchets solides sont collectés par des systèmes d'extraction sous vide pour le recyclage, le compostage et la production de combustibles pour le chauffage.
Plus proche de nous, l'écovillage de Cleveland est caractérisé par la construction de logements écologiques et abordables, par l'investissement dans des infrastructures pour le transport en commun et le transport actif, ainsi que par l'abondance des espaces publics destinés à l'agriculture urbaine, aux aires de jeux et de rencontres sociales. Alors que, à Portland, la transformation de bâtiments industriels vacants en logements ou en autres lieux à caractère social préserve le patrimoine culturel et l'identité de la ville.
«Dans le développement durable, les dimensions sociale et écologique sont très liées, explique Normand Brunet. L'une ne va pas sans l'autre. Au-delà du tri sélectif, l'équité, la solidarité, la participation, l'accès à une certaine qualité de vie pour tous, c'est fondamental. C'est pourquoi l'exposition s'intéresse à trois thématiques distinctes: consommer, se déplacer, se loger. Mais nous restons cependant confrontés à l'individualisme et au fait que tout notre système économique, politique, social est fondé sur la consommation. La crise que nous venons de traverser aurait été un moment idéal pour changer de modèle... mais celui-ci n'a pas été remis en question. Nous sommes aux prises avec une tendance lourde, un système bien implanté. L'exposition explore des pistes, mais le défi est grand et le chemin va être encore long.»
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Infos pratiques
Habiter une ville durable, du 22 avril au 13 juin, à l'Écomusée du fier monde, 2050, Amherst, Montréal. Métro Berri-Uqam.
Plein tarif: 6 $, tarif réduit: 4 $. Afin de souligner le Jour de la Terre, l'accès à l'exposition sera gratuit du 22 au 25 avril.
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