samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Phénix de l'environnement - Les artisans québécois d'un développement durable

C'est le 22 mai dernier qu'ont été remis les Phénix de l'environnement en cette année 2003. Depuis maintenant six ans, ce concours rend hommage aux artisans québécois du développement durable. Dix-sept prix Phénix ont été décernés à des entreprises, des organismes, des municipalités, des écoles et des individus dans cinq catégories. Voici les lauréats et les lauréates selon les catégories.

Préservation, conservation et utilisation durable de la biodiversité

L'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles et des marais du Nord, de Québec, remporte le Phénix pour ses actions visant la protection et la conservation de la biodiversité. Depuis 22 ans, l'APEL Saint-Charles s'est donné pour mission de sensibiliser la population à la sauvegarde et la mise en valeur des milieux aquatiques et riverains de cette région.

L'organisme gère aussi un sentier d'interprétation fréquenté par 20 000 personnes chaque année. En 2002, plusieurs interventions ont été menées en amont du lac Saint-Charles, dans une perspective de gestion par bassins versants.

Le parc marin Saguenay-Saint-Laurent à Tadoussac a été récompensé pour ses efforts visant la réduction de l'impact de ses activités sur la biodiversité. Ce parc marin, d'une superficie de 1100 km2, jouit d'un statut particulier du fait qu'il constitue une aire marine de conservation.

Un règlement est venu encadrer les activités d'observation en mer des baleines. Ce règlement, une première à l'échelle canadienne, assure aux mammifères marins le respect de leur mode de vie tout en permettant à ceux qui le désirent de les découvrir.

Situé au coeur d'un parc de maisons mobiles dans un milieu à faible revenu, le jardin communautaire Ruisseau Bois-Joli, à Sept-Îles, a été honoré pour ses actions visant la restauration de la biodiversité d'un habitat naturel ou l'aménagement écologique d'un milieu urbain.

En dix ans, on a nettoyé le ruisseau, aménagé les berges, restauré la frayère à éperlans et construit quatre jardins sur un site autrefois à l'abandon. De plus, en impliquant les jeunes, ce projet s'est révélé un excellent outil pour contrer la violence chez ces derniers.

Le parc de la Rivière-des-Mille-Îles, à Laval, a gagné le Phénix pour sa contribution au maintien de la biodiversité en général. Ce parc est géré par Éco-Nature, un organisme sans but lucratif. «Nous nous sommes donné la mission de protéger, de mettre en valeur — donc d'aménager — et de rendre accessible à la population les milieux naturels de cette région, en particulier les îles», explique Jean Lauzon d'Éco-Nature.

Ce vaste programme nécessite la collaboration de 11 municipalités situées sur les deux rives de la rivière des Mille-Îles. De plus, Éco-Nature a dressé le portrait écologique de cette région comprenant un inventaire complet des espèces animales menacées, comme le chevalier cuivré et la couleuvre brune.

Pour mener à bien son vaste programme, Éco-Nature dispose d'un budget de 1,4 million de dollars. «Environ 60 % de cette somme provient des divers paliers de gouvernements et 40 % d'activités autogénérées telles la location d'embarcations et l'organisation de randonnées guidées.»

***

Mise en valeur des matières résiduelles

Prorec inc. a reçu le prix en tant qu'entreprise de réemploi, de tri et de récupération, de recyclage et de compostage. Cette entreprise de Sainte-Sophie d'Halifax se spécialise dans la valorisation et la promotion de la récupération de denrées non comestibles végétales et laitières.

Grâce à de nouvelles technologies développées suite aux recherches de Bernard Lachance, agronome, l'entreprise a mis au point des outils de tri, de désemballage ou de broyage capables d'extraire des résidus, tels le sucre liquide, le chocolat, la farine et bien d'autres produits secs ou liquides.

Eka Chimie Canada inc., à Valleyfield, est récompensée pour son programme de réduction des résidus. Cette usine de chlorate de sodium utilise désormais comme produit secondaire l'hydrogène qu'elle rejetait autrefois dans l'atmosphère.

Grâce à un nouveau procédé, on peut maintenant comprimer l'hydrogène et l'acheminer à une entreprise voisine, qui s'en sert alors comme combustible pour une chaudière. Cette collaboration a permis de réduire de 70 % les émissions d'Eka Chimie et de réduire aussi de 70 % les émissions de gaz carbonique de l'usine cliente.

C'est l'implantation d'un programme de récupération ou de réduction s'adressant à la population qui a valu à la municipalité de Sainte-Julienne son Phénix. «Nous avons commencé par implanter un programme de récupération, explique Marcel Jetté, maire de Sainte-Julienne, et chaque maison dispose maintenant d'un bac de récupération. Cela fonctionne à merveille, et ça se fait sur une base volontaire, sans règlement municipal.»

Le programme a si bien réussi qu'on a depuis introduit un volet compostage domestique. «On offre des cours de compostage et déjà, cette année, on a vendu 200 composteurs.» On a aussi lancé un programme d'embellissement qui vise à nettoyer les dépôts désordonnés de détritus, un défi de taille en milieu rural. «On pense à tort qu'en campagne, tout est permis.»

De plus, la municipalité participe au programme des villes et villages fleuris en encourageant tant les résidants que les commerçants à aménager des espaces fleuris. Cette année, l'accent est mis sur le fait de fleurir les potagers.

Moisson Montréal, le CRE de Montréal, le CRE de Laval, le Collège de Rosemont et Normand Legault et Roger Paquette, agriculteurs à Saint-Laurent, reçoivent le prix en tant qu'individus ou organismes à but non lucratif ayant contribué à la transformation ou à la réduction des matières résiduelles.

Moisson Montréal distribue chaque jour 70 tonnes d'aliments récupérés de bonne qualité. Une activité de cette envergure génère des résidus dont 60 % sont de nature organique et, donc, compostables. C'est la solution qui a été mise en place.

***

Savoir-faire en matière de développement durable

Le complexe papetier Cascades inc. à Kingsey Falls se voit attribuer le prix de l'entreprise ayant mis en place un système de gestion environnementale. Chef de file nord-américain dans la fabrication et la commercialisation de produits faits à partir de fibres recyclées, l'entreprise s'est donné pour mission de développer des technologies et des procédés de fabrication qui optimisent la consommation d'eau et réduisent les rejets à la source.

Sani-Terre inc., de Normandin, est honorée pour la conception et le développement de produits ou de procédés novateurs en environnement. Entrepreneur forestier de métier, Christian Mathieu était conscient des effets néfastes du lavage de la machinerie en forêt et, par conséquent, du délestage de contaminants dans le sol et dans l'eau.

Grâce à un camion-usine qui se rend sur place, il a mis au point un nouveau procédé qui permet d'effectuer le travail de façon sécuritaire en récupérant les contaminants comme les huiles, les graisses et les métaux lourds.

H. Lafontaine ltée, à Magog, a remporté le Phénix en tant qu'entreprise exportatrice de produits, de technologie ou de savoir-faire liés à la protection de l'environnement. L'entreprise est spécialisée dans le domaine des produits de traitement de l'eau.

«Nous produisons des vannes murales, c'est-à-dire de gros robinets, explique André Fontaine, qui servent à contrôler le débit d'eau dans les usines de filtration ou de traitement des eaux usées.» Gros robinets en effet, puisque la taille moyenne est d'environ 14 pieds par 14 pieds!

«Nos produits sont présents un peu partout dans le monde, aux États-Unis, mais aussi en Amérique du Sud et ailleurs. Nous sommes aussi liés de près à des entreprises européennes qui livrent, clé en main, de telles usines.» Afin de se rapprocher de sa clientèle, H. Lafontaine a ouvert des places d'affaires en France, en Angleterre et au Brésil.

De plus, l'entreprise est reconnue pour son utilisation du Qualimètre. «C'est une méthode d'analyse de la performance d'une entreprise selon une foule de paramètres.» Cette méthode permet de mieux connaître l'entreprise et ainsi d'en améliorer la performance. Elle sert aussi de mesure de balisage (bench-marking).

Aluminerie de Bécancour inc. gagne le Phénix en tant qu'entreprise ayant utilisé des procédés ou des technologies pour améliorer sa performance environnementale. Cette grande entreprise québécoise a fait preuve d'innovation en se dotant d'une politique environnementale et d'un plan stratégique de réduction des émissions de gaz à effet de serre conformes au protocole de Kyoto.

***

Éducation et sensibilisation

Le Phénix de la conception ou développement d'un outil de communication sur la protection de l'environnement a été remis à La Forêt mobile inc., de Loretteville. La Forêt mobile se consacre à l'éducation et à la sensibilisation en matière d'environnement en produisant des disques, des vidéocassettes et des spectacles.

Déjà, bon nombre d'enfants connaissent le personnage d'Arthur l'aventurier. On estime que les activités de La Forêt mobile ont permis de rejoindre près d'un million d'enfants et d'adultes.

L'école secondaire Cap-Jeunesse à Saint-Jérôme a reçu le prix en tant qu'établissement d'enseignement primaire ou secondaire ayant collaboré à la diffusion de l'importance de la sauvegarde de l'environnement. À l'intérieur du curriculum scolaire, l'école a mis sur pied un projet de renaturalisation de l'espace à l'arrière de l'école. Près de 300 élèves et parents ont participé en plantant des arbres et en aménageant, entre autres, un jardin de plantes indigènes.

Le Centre régional de l'environnement de l'Estrie, à Sherbrooke, a remporté le Phénix soulignant une action de concertation ou l'organisation d'un colloque, d'un projet de formation ou d'un autre événement lié à l'environnement. Depuis 1993, le CREE, en menant plusieurs projets de front, assume le leadership régional en matière environnementale et tient à faire reconnaître l'Estrie comme la région verte du Québec.

L'opération «Adoptez une rivière» gagne aussi un Phénix dans cette même catégorie. Rappelons que ce mouvement est né afin de contester le programme de l'ancien gouvernement qui permettait la construction de mini-centrales hydroélectriques sur les rivières du Québec. Réunissant en un vaste réseau des artistes, tel Paul Piché, ainsi que les syndicats et bon nombre de groupes communautaires et environnementaux, ce mouvement a réussi à sensibiliser la population à ce problème et à faire reculer le gouvernement.

Selon Alain Saladzius, porte-parole du mouvement, ce prix tombe à point nommé puisqu'il «vient reconnaître l'importance du dossier et nous permettra de rallier davantage de gens». M. Saladzius fait remarquer que le nouveau gouvernement ne s'est pas encore prononcé à ce sujet et il craint que le projet d'établir des mini-centrales ne reparte de plus belle. «Nos contacts sur le terrain nous indiquent que les promoteurs sont déjà à l'oeuvre.»

Aller de l'avant avec ce projet serait, selon lui, une grave erreur. «Nous avons visité les sites et il y a là de véritables petits bijoux. Plusieurs présentent un fort potentiel de développement dans le domaine du tourisme écologique.» C'est du moins l'argument qu'il entend faire valoir. «La construction d'une mini-centrale laisse peu de retombées économiques aux citoyens de la région. Par contre, la prise en charge des sites par le milieu, le développement d'une industrie récréotouristique est synonyme de création d'emplois et d'activité économique régionale.»

***

Phénix de la jeunesse

Le Phénix de la jeunesse a été remporté par John McDonnell de Buckingham. Étudiant en science politique à l'Université d'Ottawa, ce jeune homme a conçu et mis sur pied un programme de sensibilisation et d'interprétation de la forêt pour les enfants du primaire. Il s'intéresse tout particulièrement à la forêt Blanche, l'une des dernières forêts anciennes du sud du Québec.

«J'ai eu l'idée de ce projet en 1999 lorsque j'ai été embauché pour nettoyer les sentiers, explique-t-il. Je trouvais ce site très beau et je me suis aperçu que personne ne l'exploitait. C'est alors que j'ai pensé à mettre sur pied ce projet d'interprétation de la nature. J'espérais aussi pouvoir me créer un emploi dans ma région.»

Après deux années de bénévolat, une subvention du Fonds Jeunesse du Québec lui permet de se verser un salaire et de recruter des animateurs. À ce jour, près de 5000 écoliers ont pu profiter du programme.

Il entend bien sûr aller de l'avant avec ce projet et même lui donner de l'ampleur: «Comme les enfants doivent payer un tarif pour les excursions que nous organisons, il est même possible que nous puissions éventuellement rendre ce projet rentable.»

Preuve que les préoccupations environnementales ne sont pas incompatibles avec le sens des affaires.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012