Québec appuie sur l'accélérateur électrique
Les voitures tout électriques et hybrides rechargeables devront former 25 % des ventes en 2020
Photo : Agence Reuters Lucy Nicholson
Selon le plan en préparation, si le quart du parc automobile québécois était rechargé chaque soir, cela mobiliserait tout au plus 2 % du réseau hydroquébécois.
Québec se donne comme objectif de stimuler le marché des véhicules électriques, au point que cette filière représenterait 25 % des ventes annuelles de véhicules en 2020. C'est ce que précise une version récente du «plan d'action 2010-2015» consacré au développement de la filière des véhicules électriques, un plan que Québec se propose d'appuyer par une enveloppe d'environ 165 millions.
Ce plan, dont Le Devoir a obtenu copie, considère comme «véhicule électrique» (VE) deux types apparentés, mais différents, soit les tout-électriques et les hybrides rechargeables, dont l'apparition est imminente autant chez GM avec la Volt que chez Toyota avec une nouvelle génération de Prius «branchables».
Les hybrides rechargeables sont en réalité des véhicules tout électriques dotés de petits accumulateurs qui peuvent être rechargés en route grâce à une génératrice montée sous le capot. Ce dernier type de véhicule épargne aux contribuables la construction d'un réseau urbain de recharge, contrairement aux tout-électriques, en raison de leur autonomie totale. Ils peuvent cependant combler en mode électrique 80 % des besoins en déplacements des automobilistes en milieu urbain, ce qui réduit d'autant leur consommation de pétrole.
Selon ce plan d'action, Québec entreprendra dès l'automne prochain une vaste campagne de sensibilisation et de promotion des VE en plus d'organiser des projets de démonstration. L'achat en 2010 de 50 Miev de Mitsubishi, annoncé au Salon de l'auto en janvier, n'est toutefois pas mentionné dans le document et la proposition semble désormais ouverte à tous les constructeurs. Il en est de même pour un autre achat de 150 tout-électriques prévu en 2011.
Québec estime qu'il est primordial de consolider le noyau actuel de constructeurs, d'assembleurs, de concepteurs et de fabricants de pièces d'ici. On y retrouve notamment les Zenn, Nemo, Novabus, Paccar, Precicad, Wattman Trains et Bombardier Produits récréatifs, sans parler des 25 fabricants de pièces et de systèmes en activité à qui Québec réserve un soutien de 25 millions pour étoffer son aide à l'investissement de 15 à 25 % et de 25 à 40 % le soutien fiscal au développement des produits.
De plus, Québec entend mettre sur pied une table de concertation pour l'expansion de cette filière industrielle qui réunira les constructeurs, les assembleurs, les centres de recherche, etc., afin de déterminer notamment leurs besoins de financement et de main-d'oeuvre et de les aider sur les marchés d'exportations.
Réduire la dépendance au pétrole
Le plan d'action de Québec cible deux objectifs: réduire notre dépendance au pétrole et nos émissions de gaz à effet de serre. Il est totalement muet sur la réduction de la pollution urbaine, probablement un effet de l'absence du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) jusqu'à tout récemment dans la préparation du plan.
Plusieurs aspects techniques du document laissent par ailleurs songeur, probablement un effet cette fois de l'absence du ministère des Transports dans le comité de conception du plan d'action. Ce dernier a été animé en 2010 par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), qui s'y fait l'écho des préoccupations d'Hydro-Québec, et par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE).
Pour ces deux ministères, le Québec a plusieurs «atouts» pour développer la filière du VE et y intéresser les investisseurs, dont un savoir-faire déjà solide et reconnu, des entreprises et des centres d'expertises bien cotés. Mais on se dit conscient à Québec du fait que les grandes alliances stratégiques sont en train de se faire à l'échelle mondiale entre les grands et qu'il est temps d'aider nos entreprises à se tailler une place à ce niveau avant qu'il ne soit trop tard. L'immense production électrique du Québec est aussi un atout, précise le document, ce qui explique que les deux ministères voient déjà Hydro-Québec en train de planifier le futur réseau de recharge urbain, comme si ses échecs retentissants dans cette filière — notamment avec le moteur-roues — ne soulevaient pas des questions sérieuses.
De plus, ce plan d'action ne dit pas si l'ensemble des contribuables ou seuls les automobilistes utilisateurs paieront la note du futur réseau de recharge, s'il sera la propriété d'Hydro-Québec ou du secteur privé, qui opère déjà les stations-service.
Selon le plan en préparation, si le quart du parc automobile québécois était rechargé chaque soir, cela mobiliserait tout au plus 2 % du réseau hydroquébécois. Mais on y propose néanmoins d'approfondir la question.
Le plan prévoit aussi qu'il faudra intégrer les véhicules électriques dans la planification des transports collectifs afin de ne pas accroître la congestion routière avec des véhicules moins polluants. Mais on est conscient du fait qu'il faudra faire quelque chose pour la sécurité des piétons et des autres utilisateurs des routes, qui entendront beaucoup moins arriver ces véhicules, plus silencieux.
Québec songe aussi à des initiatives comme doter de points de recharge en priorité les stationnements incitatifs, aux portes des réseaux de transports en commun, une autre filière que Québec entend électrifier en priorité. Il se propose aussi de donner l'exemple par des achats importants dès 2010 pour parvenir à électrifier un tiers du parc gouvernemental d'ici 2020. Celui-ci compte présentement 3400 véhicules à moteur thermique.
Enfin, le plan prévoit aider financièrement les acheteurs de véhicules électriques en maintenant des crédits d'impôt — le dernier budget ne parlait pas de leur maintien — pour les véhicules électriques personnels. Québec songe aussi à rembourser 30 % du coût additionnel des camions électriques jusqu'à un plafond de 15 000 $ et à aider financièrement les propriétaires de taxis à passer aux VE.
Ce plan, dont Le Devoir a obtenu copie, considère comme «véhicule électrique» (VE) deux types apparentés, mais différents, soit les tout-électriques et les hybrides rechargeables, dont l'apparition est imminente autant chez GM avec la Volt que chez Toyota avec une nouvelle génération de Prius «branchables».
Les hybrides rechargeables sont en réalité des véhicules tout électriques dotés de petits accumulateurs qui peuvent être rechargés en route grâce à une génératrice montée sous le capot. Ce dernier type de véhicule épargne aux contribuables la construction d'un réseau urbain de recharge, contrairement aux tout-électriques, en raison de leur autonomie totale. Ils peuvent cependant combler en mode électrique 80 % des besoins en déplacements des automobilistes en milieu urbain, ce qui réduit d'autant leur consommation de pétrole.
Selon ce plan d'action, Québec entreprendra dès l'automne prochain une vaste campagne de sensibilisation et de promotion des VE en plus d'organiser des projets de démonstration. L'achat en 2010 de 50 Miev de Mitsubishi, annoncé au Salon de l'auto en janvier, n'est toutefois pas mentionné dans le document et la proposition semble désormais ouverte à tous les constructeurs. Il en est de même pour un autre achat de 150 tout-électriques prévu en 2011.
Québec estime qu'il est primordial de consolider le noyau actuel de constructeurs, d'assembleurs, de concepteurs et de fabricants de pièces d'ici. On y retrouve notamment les Zenn, Nemo, Novabus, Paccar, Precicad, Wattman Trains et Bombardier Produits récréatifs, sans parler des 25 fabricants de pièces et de systèmes en activité à qui Québec réserve un soutien de 25 millions pour étoffer son aide à l'investissement de 15 à 25 % et de 25 à 40 % le soutien fiscal au développement des produits.
De plus, Québec entend mettre sur pied une table de concertation pour l'expansion de cette filière industrielle qui réunira les constructeurs, les assembleurs, les centres de recherche, etc., afin de déterminer notamment leurs besoins de financement et de main-d'oeuvre et de les aider sur les marchés d'exportations.
Réduire la dépendance au pétrole
Le plan d'action de Québec cible deux objectifs: réduire notre dépendance au pétrole et nos émissions de gaz à effet de serre. Il est totalement muet sur la réduction de la pollution urbaine, probablement un effet de l'absence du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) jusqu'à tout récemment dans la préparation du plan.
Plusieurs aspects techniques du document laissent par ailleurs songeur, probablement un effet cette fois de l'absence du ministère des Transports dans le comité de conception du plan d'action. Ce dernier a été animé en 2010 par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), qui s'y fait l'écho des préoccupations d'Hydro-Québec, et par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE).
Pour ces deux ministères, le Québec a plusieurs «atouts» pour développer la filière du VE et y intéresser les investisseurs, dont un savoir-faire déjà solide et reconnu, des entreprises et des centres d'expertises bien cotés. Mais on se dit conscient à Québec du fait que les grandes alliances stratégiques sont en train de se faire à l'échelle mondiale entre les grands et qu'il est temps d'aider nos entreprises à se tailler une place à ce niveau avant qu'il ne soit trop tard. L'immense production électrique du Québec est aussi un atout, précise le document, ce qui explique que les deux ministères voient déjà Hydro-Québec en train de planifier le futur réseau de recharge urbain, comme si ses échecs retentissants dans cette filière — notamment avec le moteur-roues — ne soulevaient pas des questions sérieuses.
De plus, ce plan d'action ne dit pas si l'ensemble des contribuables ou seuls les automobilistes utilisateurs paieront la note du futur réseau de recharge, s'il sera la propriété d'Hydro-Québec ou du secteur privé, qui opère déjà les stations-service.
Selon le plan en préparation, si le quart du parc automobile québécois était rechargé chaque soir, cela mobiliserait tout au plus 2 % du réseau hydroquébécois. Mais on y propose néanmoins d'approfondir la question.
Le plan prévoit aussi qu'il faudra intégrer les véhicules électriques dans la planification des transports collectifs afin de ne pas accroître la congestion routière avec des véhicules moins polluants. Mais on est conscient du fait qu'il faudra faire quelque chose pour la sécurité des piétons et des autres utilisateurs des routes, qui entendront beaucoup moins arriver ces véhicules, plus silencieux.
Québec songe aussi à des initiatives comme doter de points de recharge en priorité les stationnements incitatifs, aux portes des réseaux de transports en commun, une autre filière que Québec entend électrifier en priorité. Il se propose aussi de donner l'exemple par des achats importants dès 2010 pour parvenir à électrifier un tiers du parc gouvernemental d'ici 2020. Celui-ci compte présentement 3400 véhicules à moteur thermique.
Enfin, le plan prévoit aider financièrement les acheteurs de véhicules électriques en maintenant des crédits d'impôt — le dernier budget ne parlait pas de leur maintien — pour les véhicules électriques personnels. Québec songe aussi à rembourser 30 % du coût additionnel des camions électriques jusqu'à un plafond de 15 000 $ et à aider financièrement les propriétaires de taxis à passer aux VE.
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