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    Qualité de l'eau du Saint-Laurent - Ottawa tarde à renouveler sa stratégie pour le fleuve

    Le Plan d'action Saint-Laurent arrive à échéance mercredi, mais aucune négociation n'a lieu

    Le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, a été interrogé par les journalistes lors de son passage à Montréal au colloque organisé par l’Université McGill pour débattre d’une nouvelle stratégie de l’eau au Canada.
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, a été interrogé par les journalistes lors de son passage à Montréal au colloque organisé par l’Université McGill pour débattre d’une nouvelle stratégie de l’eau au Canada.
    Restaurer la santé du Saint-Laurent semble de moins en moins être une priorité pour Québec et Ottawa, car les deux gouvernements n'ont pas encore commencé à négocier le renouvellement du Plan d'action Saint-Laurent (PASL), un plan quinquennal dont la quatrième édition arrive pourtant à échéance mercredi prochain.

    C'est ce qu'a confirmé hier le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, lors de son passage à Montréal au colloque organisé par l'Université McGill pour débattre d'une nouvelle stratégie de l'eau au Canada.

    «L'accord quinquennal existant conclu avec le Québec arrive à échéance cette année, a déclaré le ministre Prentice dans son discours. J'ai bien hâte d'entreprendre avec mon homologue Line Beauchamp, ministre de l'Environnement et du Développement durable [sic], les travaux sur le renouvellement de cet accord, qui commenceront au cours des prochains mois.»

    Le quatrième Plan d'action Saint-Laurent était si minimaliste que les deux gouvernements n'avaient même pas diffusé leur communiqué de presse, car le plan entrait alors en vigueur six mois après l'échéance du précédent PASL, au grand dam des organismes qui attendaient leur financement et ses priorités.

    Alors que les deux premiers plans avaient permis à Québec et à Ottawa de serrer la vis à 110 des plus importants pollueurs du Saint-Laurent et de ses tributaires en mettant à profit simultanément leurs lois respectives, le troisième plan a misé sur une approche volontaire, de sorte que les PME ciblées ont envoyé paître les fonctionnaires et qu'aucune de la cinquantaine d'entreprises visées n'a accepté de nettoyer ses effluents.

    Piteux et décidés à ne pas perdre à nouveau la face, les deux gouvernements ont simplement décidé d'abandonner dans le quatrième plan toute nouvelle attaque concertée contre les principaux pollueurs du fleuve et de ses tributaires.

    Nouveau règlement

    Le ministre Prentice a par ailleurs évoqué hier à Montréal le règlement fédéral divulgué le 22 mars, Journée internationale de l'eau. Ce règlement instituera des normes de rejets maximaux d'eaux usées aux municipalités canadiennes d'ici la fin de 2010, a promis le ministre.

    Il s'agit d'un vieux dossier, débattu avec les provinces depuis plus de 10 ans et qui a donné lieu à quatre années d'échanges au sein du Conseil canadien des ministres de l'Environnement (CCME) avant qu'un accord ne soit conclu l'automne dernier.

    Plusieurs provinces, dont le Québec, invoquaient leurs compétences constitutionnelles pour éviter qu'Ottawa n'impose des normes de rejets aux usines d'épuration municipales, dont elles devront payer l'essentiel de la mise aux normes. Globalement, Ottawa estime que la modernisation des 3700 usines d'épuration canadiennes devrait coûter un peu plus de 6 milliards.

    Or, Montréal, Laval et Longueuil figurent en tête des villes canadiennes dont les usines d'épuration sont les plus polluantes. Selon un document fédéral obtenu par Le Journal de Montréal et Le Devoir, l'usine montréalaise est l'une des plus polluantes au Canada avec des rejets annuels de plus de 1 milliard de mètres cubes d'eaux usées partiellement traitées. Pour Ottawa, le traitement de l'usine de Montréal équivaut tout au plus à un traitement primaire, tout comme ceux faits à Laval et Longueuil.

    Montréal rétorque depuis des années que son traitement se rapproche, grâce à l'utilisation de produits chimiques, d'un traitement secondaire. Mais ce n'en est pas un, car ce type de traitement utilise préférentiellement des bactéries pour nettoyer la charge organique présente dans les eaux. De plus, l'usine de Montréal n'a aucun traitement tertiaire, ce qui fait que les billions de bactéries de ses eaux usées filent directement au fleuve. Enfin, son usine n'est dotée d'aucun bassin de rétention pour emmagasiner les trop-pleins des fortes pluies, de sorte que tout file alors au fleuve.

    Les rejets d'eaux usées de Montréal pendant une journée équivalent en volume au débit des chutes Niagara pendant un peu plus d'une heure.
     
     
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