jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 19h32
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Qualité de l'eau du Saint-Laurent - Ottawa tarde à renouveler sa stratégie pour le fleuve

Le Plan d'action Saint-Laurent arrive à échéance mercredi, mais aucune négociation n'a lieu

Le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, a été interrogé par les journalistes lors de son passage à Montréal au colloque organisé par l’Université McGill pour débattre d’une nouvelle stratégie de l’eau au Canada.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, a été interrogé par les journalistes lors de son passage à Montréal au colloque organisé par l’Université McGill pour débattre d’une nouvelle stratégie de l’eau au Canada.
Restaurer la santé du Saint-Laurent semble de moins en moins être une priorité pour Québec et Ottawa, car les deux gouvernements n'ont pas encore commencé à négocier le renouvellement du Plan d'action Saint-Laurent (PASL), un plan quinquennal dont la quatrième édition arrive pourtant à échéance mercredi prochain.

C'est ce qu'a confirmé hier le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, lors de son passage à Montréal au colloque organisé par l'Université McGill pour débattre d'une nouvelle stratégie de l'eau au Canada.

«L'accord quinquennal existant conclu avec le Québec arrive à échéance cette année, a déclaré le ministre Prentice dans son discours. J'ai bien hâte d'entreprendre avec mon homologue Line Beauchamp, ministre de l'Environnement et du Développement durable [sic], les travaux sur le renouvellement de cet accord, qui commenceront au cours des prochains mois.»

Le quatrième Plan d'action Saint-Laurent était si minimaliste que les deux gouvernements n'avaient même pas diffusé leur communiqué de presse, car le plan entrait alors en vigueur six mois après l'échéance du précédent PASL, au grand dam des organismes qui attendaient leur financement et ses priorités.

Alors que les deux premiers plans avaient permis à Québec et à Ottawa de serrer la vis à 110 des plus importants pollueurs du Saint-Laurent et de ses tributaires en mettant à profit simultanément leurs lois respectives, le troisième plan a misé sur une approche volontaire, de sorte que les PME ciblées ont envoyé paître les fonctionnaires et qu'aucune de la cinquantaine d'entreprises visées n'a accepté de nettoyer ses effluents.

Piteux et décidés à ne pas perdre à nouveau la face, les deux gouvernements ont simplement décidé d'abandonner dans le quatrième plan toute nouvelle attaque concertée contre les principaux pollueurs du fleuve et de ses tributaires.

Nouveau règlement

Le ministre Prentice a par ailleurs évoqué hier à Montréal le règlement fédéral divulgué le 22 mars, Journée internationale de l'eau. Ce règlement instituera des normes de rejets maximaux d'eaux usées aux municipalités canadiennes d'ici la fin de 2010, a promis le ministre.

Il s'agit d'un vieux dossier, débattu avec les provinces depuis plus de 10 ans et qui a donné lieu à quatre années d'échanges au sein du Conseil canadien des ministres de l'Environnement (CCME) avant qu'un accord ne soit conclu l'automne dernier.

Plusieurs provinces, dont le Québec, invoquaient leurs compétences constitutionnelles pour éviter qu'Ottawa n'impose des normes de rejets aux usines d'épuration municipales, dont elles devront payer l'essentiel de la mise aux normes. Globalement, Ottawa estime que la modernisation des 3700 usines d'épuration canadiennes devrait coûter un peu plus de 6 milliards.

Or, Montréal, Laval et Longueuil figurent en tête des villes canadiennes dont les usines d'épuration sont les plus polluantes. Selon un document fédéral obtenu par Le Journal de Montréal et Le Devoir, l'usine montréalaise est l'une des plus polluantes au Canada avec des rejets annuels de plus de 1 milliard de mètres cubes d'eaux usées partiellement traitées. Pour Ottawa, le traitement de l'usine de Montréal équivaut tout au plus à un traitement primaire, tout comme ceux faits à Laval et Longueuil.

Montréal rétorque depuis des années que son traitement se rapproche, grâce à l'utilisation de produits chimiques, d'un traitement secondaire. Mais ce n'en est pas un, car ce type de traitement utilise préférentiellement des bactéries pour nettoyer la charge organique présente dans les eaux. De plus, l'usine de Montréal n'a aucun traitement tertiaire, ce qui fait que les billions de bactéries de ses eaux usées filent directement au fleuve. Enfin, son usine n'est dotée d'aucun bassin de rétention pour emmagasiner les trop-pleins des fortes pluies, de sorte que tout file alors au fleuve.

Les rejets d'eaux usées de Montréal pendant une journée équivalent en volume au débit des chutes Niagara pendant un peu plus d'une heure.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • P. Boutet
    Abonné
    samedi 27 mars 2010 11h43
    Avant 1981!
    Le programme d'assainissement des eaux du Québec (PAEQ) a été mis en place au début des années 80. Il est difficile de s'imaginer le débit d'eau usées qui filait directement au fleuve avant la construction des usines d'épuration.

    Il est intéressant de constater comment l'approche volontaire est traitée par les entreprises polluantes: ces dernières envoient paître les fonctionnaires et aucune ne traite maintenant ses rejets polluants.

    Je me souviens d'un certain Lucien Bouchard qui nous entretenait il y a une dizaine d'années, avec la conviction d'un évêque en chaire, du sens éthique des entreprises!

    Pour les entreprises, le sens de l'éthique passe par le filtre du profit. Ce sont donc des amendes salées qui les font agir de façon éthique.

    On n'y peut rien, sans volonté politique, l'environnement devient la poubelle du système capitaliste. Et comme on a des gouvernements sous influence, la volonté politique passe par le désir des amis du pouvoir.

  • Marie-Claude Bélanger
    Abonnée
    samedi 27 mars 2010 13h58
    Voter avec nos REER
    Ça demande un peu de travail mais il est possible de retracer les pollueurs en question et de choisir nos fonds communs de placement de façon à les écarter... Si nos gouvernements ne travaillent pas, faut faire les choses à leur place!

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 27 mars 2010 20h00
    Faut d"abord dépolluer en amont : Les grands Lacs et la rivière Outaoouais
    Pendant que les québécois se regardent le nombril, le gouvernement Harper a décidé de dépolluer les grands lacs qui sont en amont du fleuve. Rien ne sert de dépolluer le fleuve si ses sources sont polluées. C'est l'ABC de la logique même.

    C'est ce à quoi travaille le gouvernement Harper en ce moment. Mais quand on est assis sur notre derrière à attendre les autres, on s'impatiente...

    Leffort concerté de ce gouvernement et des résidents a dépollué le havre d'Hamilton. Après Sydney Steel au Cap Breton, c'est le deuxième site le plus pollué du Canada et les deux sont sur la liste des sites à dépolluer du protocole de Kyoto.

    http://www.on.ec.gc.ca/success-stories/co/hamilton

    Ils se sont aussi attaqué à d'autres sites dans les grands lacs.

    http://www.on.ec.gc.ca/greatlakes/default.asp?lang

  • Amie du Richelieu
    Inscrit
    dimanche 28 mars 2010 10h24
    @ Trudel et Harper
    Les villes qui polluent le plus auront 10 ans pour s'adapter aux nouvelles normes. 500 villes polluantes auront 30 ans pour s'ajuster. C'est loin d'être d'une révolution!

    http://www.torontosun.com/news/columnists/greg_wes

    Johanne Dion
    Amie du Ricihelieu
    http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/

  • Guy Fafard
    Inscrit
    lundi 29 mars 2010 23h51
    Le meilleur traitement des égoûts
    Une première étape simple que tous peuvent faire, est de choisir des savons avec moins de phosphates et de ne pas verser de produits chimiques polluants dans nos éviers.

    On sait que les 15 premières minutes de pluie génèrent des eaux noires et très polluées. La création de bassins de rétention peut permettre une vertaine décantation et permettre aux usines d'épuration d'opérer plus efficacement.

    Si vous voulez le meilleur traitement des égoûts il doit se faire à la source. Il en est de même des fleuves et des rivières. Vous pourrez vérifier auprès de n'importe quel ingénieur ou environnementaliste.

    Merci monsieur Francoeur pour cette nouvelle.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012