Les réacteurs CANDU ne poseraient «aucun risque pour la santé et la sécurité»
La Commission canadienne de sécurité nucléaire (CCSN) a affirmé hier que «les réacteurs CANDU sont sécuritaires» et qu'ils «ne posent aucun risque pour la santé et la sécurité des Canadiens». Sinon, elle les fermerait.
Répliquant à la divulgation hier dans Le Devoir de son plan de validation des mesures actuelles permettant le contrôle de l'emballement possible des CANDU en cas de bris majeurs, le président de la CCSN, Michael Binder, écrit que son organisme, «en collaboration avec le secteur nucléaire, continue de réaliser et de mettre à jour des travaux de recherche visant à améliorer la culture de sûreté et de mieux comprendre les défis potentiels des centrales nucléaires en exploitation ou en cours de remise à neuf. Le phénomène appelé contre-réaction de réactivité cavitaire positive du caloporteur dans les réacteurs CANDU est bien connu et bien compris. Il a été étudié en profondeur et documenté par des experts de la CCSN et les exploitants de centrales nucléaires. Somme toute, les réacteurs CANDU sont sûrs et sécuritaires et continuent de l'être.»
Le président de la commission fédérale estime que toute comparaison avec Tchernobyl est «outrageante et inutile». Il ne nie pas cependant que le même phénomène a accéléré la destruction du réacteur russe à l'époque.
Le Devoir précisait de son côté hier que le Canada avait depuis les années 1990 ajouté plusieurs mesures de sécurité additionnelles aux CANDU, comme deux systèmes d'arrêt indépendants, et obligé certaines centrales, comme celle de Bruce, à ralentir leur production en permanence (au maximum à 93 % de sa puissance de conception). Le Devoir soulignait aussi que le confinement des réacteurs CANDU était beaucoup plus élaboré.
D'autre part, le président de la CCSN a déclaré que le rapport cité par Le Devoir était «d'ordre public». Mais le journaliste Gilles Provost, qui l'a dévoilé en primeur sur Internet, a précisé au Devoir qu'il avait réclamé ce rapport mais en vain depuis deux mois.
Enfin, M. Binder affirme que la CCSN n'a exigé dans son rapport «aucune nouvelle exigence réglementaire».
En plus de demander aux propriétaires de centrales de déposer pour le 1er avril leur plan de démonstration et de tests quant à l'efficacité totale des contrôles mis en place pour contrôler la réactivité positive des CANDU, la CCSN leur a aussi demandé de préparer et de déposer, en parallèle, un plan avec échéancier de conversion des réacteurs actuels à des combustibles faiblement enrichis. La CCSN veut ainsi éviter des délais inutiles de conversion si la démonstration des contrôles de sécurité n'était pas faite à sa satisfaction.
Pour Shawn-Patrick Stencil, le porte-parole de Greenpeace en matière de nucléaire, «au Canada, la capacité des systèmes d'arrêt des CANDU en cas d'accident n'a pas encore été démontrée par des tests ou par des expériences. En 2005, en prévision de la construction de nouveaux réacteurs, la CCSN a proposé un nouveau cadre de réglementation pour l'autorisation d'exploitation de nouveaux réacteurs, basé sur des normes de sécurité internationales qui favorisaient une réactivité négative plutôt qu'un système de réactivité positive comme dans les CANDU.»
«EACL, poursuit-il, s'est plaint des conséquences de ces normes pour la promotion des CANDU-6 à l'échelle internationale et sur l'exploitation des réacteurs au Canada. Pourtant, si les normes internationales modernes étaient appliquées rigoureusement ici, un réacteur à réactivité positive tel que le CANDU-6 ne pourrait plus être construit. En 2008, EACL a d'ailleurs été forcée d'abandonner le projet de construire deux petits réacteurs Maple à Chalk River parce qu'ils présentaient une réactivité positive incontrôlable.»
Répliquant à la divulgation hier dans Le Devoir de son plan de validation des mesures actuelles permettant le contrôle de l'emballement possible des CANDU en cas de bris majeurs, le président de la CCSN, Michael Binder, écrit que son organisme, «en collaboration avec le secteur nucléaire, continue de réaliser et de mettre à jour des travaux de recherche visant à améliorer la culture de sûreté et de mieux comprendre les défis potentiels des centrales nucléaires en exploitation ou en cours de remise à neuf. Le phénomène appelé contre-réaction de réactivité cavitaire positive du caloporteur dans les réacteurs CANDU est bien connu et bien compris. Il a été étudié en profondeur et documenté par des experts de la CCSN et les exploitants de centrales nucléaires. Somme toute, les réacteurs CANDU sont sûrs et sécuritaires et continuent de l'être.»
Le président de la commission fédérale estime que toute comparaison avec Tchernobyl est «outrageante et inutile». Il ne nie pas cependant que le même phénomène a accéléré la destruction du réacteur russe à l'époque.
Le Devoir précisait de son côté hier que le Canada avait depuis les années 1990 ajouté plusieurs mesures de sécurité additionnelles aux CANDU, comme deux systèmes d'arrêt indépendants, et obligé certaines centrales, comme celle de Bruce, à ralentir leur production en permanence (au maximum à 93 % de sa puissance de conception). Le Devoir soulignait aussi que le confinement des réacteurs CANDU était beaucoup plus élaboré.
D'autre part, le président de la CCSN a déclaré que le rapport cité par Le Devoir était «d'ordre public». Mais le journaliste Gilles Provost, qui l'a dévoilé en primeur sur Internet, a précisé au Devoir qu'il avait réclamé ce rapport mais en vain depuis deux mois.
Enfin, M. Binder affirme que la CCSN n'a exigé dans son rapport «aucune nouvelle exigence réglementaire».
En plus de demander aux propriétaires de centrales de déposer pour le 1er avril leur plan de démonstration et de tests quant à l'efficacité totale des contrôles mis en place pour contrôler la réactivité positive des CANDU, la CCSN leur a aussi demandé de préparer et de déposer, en parallèle, un plan avec échéancier de conversion des réacteurs actuels à des combustibles faiblement enrichis. La CCSN veut ainsi éviter des délais inutiles de conversion si la démonstration des contrôles de sécurité n'était pas faite à sa satisfaction.
Pour Shawn-Patrick Stencil, le porte-parole de Greenpeace en matière de nucléaire, «au Canada, la capacité des systèmes d'arrêt des CANDU en cas d'accident n'a pas encore été démontrée par des tests ou par des expériences. En 2005, en prévision de la construction de nouveaux réacteurs, la CCSN a proposé un nouveau cadre de réglementation pour l'autorisation d'exploitation de nouveaux réacteurs, basé sur des normes de sécurité internationales qui favorisaient une réactivité négative plutôt qu'un système de réactivité positive comme dans les CANDU.»
«EACL, poursuit-il, s'est plaint des conséquences de ces normes pour la promotion des CANDU-6 à l'échelle internationale et sur l'exploitation des réacteurs au Canada. Pourtant, si les normes internationales modernes étaient appliquées rigoureusement ici, un réacteur à réactivité positive tel que le CANDU-6 ne pourrait plus être construit. En 2008, EACL a d'ailleurs été forcée d'abandonner le projet de construire deux petits réacteurs Maple à Chalk River parce qu'ils présentaient une réactivité positive incontrôlable.»
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