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    Le pergélisol recule dans le nord de la province

    Des données récentes confirment que la détérioration du pergélisol s’est accélérée au cours des 50 dernières années.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Daniel Sannum Lauten Des données récentes confirment que la détérioration du pergélisol s’est accélérée au cours des 50 dernières années.
    La limite méridionale du pergélisol se situe aujourd'hui 130 km plus au nord qu'il y a 50 ans, dans la région de la baie James, affirment des chercheurs de l'Université Laval dans la revue Permafrost and Periglacial Processes. Ce recul du sol gelé en permanence coïncide avec une augmentation des températures moyennes annuelles de deux degrés Celsius depuis 1988.

    On savait que le pergélisol se détériorait dans les régions nordiques et que sa dégradation à l'échelle du continent avait débuté dès la fin du XIXe siècle, voire qu'elle était devenue manifeste au fil du XXe siècle. Or, des données récentes confirment que la détérioration du pergélisol s'est accélérée au cours des 50 dernières années, et ce, particulièrement dans la région de la baie James, sa limite méridionale dans les basses terres du Québec, explique Serge Payette, du Centre d'études nordiques.

    À sa limite méridionale, le pergélisol se trouve uniquement dans les tourbières où il forme des «palses», sorte de monticules de tourbe qui a été soulevée au-dessus de la surface de la tourbière sous l'action de la glace. On trouve aussi du pergélisol sur les plus hauts sommets du Québec méridional, tels que le mont Jacques-Cartier en Gaspésie et une colline du Parc des grands jardins dans Charlevoix, où «le vent balaie la neige et permet à l'onde de gel de pénétrer dans le sol».

    Après avoir effectué des vérifications sur le terrain par l'entremise de forages, Serge Payette et l'étudiant-chercheur Simon Thibault ont constaté que la limite du pergélisol a reculé de 130 km vers le nord depuis 1957, année où ont été prises des photos aériennes de la région. «Il y a 30 ans, on trouvait du pergélisol légèrement au nord de la région de la Matagami, alors que les dernières formes évidentes de pergélisol que l'on a détectées récemment se situent autour de la région de Radisson», fait savoir M. Payette qui a observé des flaques d'eau et des affaissements à l'endroit où se trouvaient jadis des poches de pergélisol.

    Les chercheurs ont par ailleurs noté une élévation des températures moyennes annuelles de deux degrés dans ces régions depuis 1988. «Il y a eu une augmentation marquée à partir de 1994. En 1988, la température moyenne annuelle de l'air tournait autour de -7 degrés Celsius et maintenant, elle approche -5», précise le scientifique.

    Depuis une vingtaine d'années, les bourgeons ouvrent plus tôt au printemps. Les températures hivernales sont moins basses. L'élévation des températures s'accompagne d'une augmentation des précipitations de neige. Or, le froid pénètre beaucoup plus difficilement dans un épais couvert de neige, explique le chercheur. «Le couvert de neige qui s'est épaissi dans le nord du Québec au cours des 20 dernières années est certainement un des facteurs qui pourraient expliquer la disparition et le recul du pergélisol dans l'ensemble des tourbières», estime le chercheur.

    Les deux auteurs de l'article croient bien sûr que la disparition du pergélisol découle du réchauffement climatique, mais ils s'interdisent de l'affirmer formellement étant donné qu'ils ne disposent de données météorologiques que depuis 1988.












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