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    Évolution du climat - Le GIEC est invité à se réformer pour restaurer la confiance

    11 février 2010 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse | Actualités sur l'environnement
    Montagnes
    Photo: Archives Le Devoir Montagnes
    Paris — Secoué par une série de polémiques, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) doit renforcer ses procédures, évoluer, voire être transformé profondément, estiment plusieurs scientifiques qui ont contribué à ses travaux.

    Créé il y a plus de 20 ans, auréolé d'un prix Nobel de la paix, le GIEC publie, tous les six ou sept ans, un rapport qui sert de référence dans les négociations internationales sur le changement climatique.

    Dans une tribune publiée hier dans la revue Nature et intitulée «Le GIEC, faut-il le révérer, le transformer ou le supprimer?», cinq scientifiques avancent des propositions, allant d'une fréquence de publication beaucoup plus rapide à la création d'un instrument permettant un «débat ouvert» de type Wikipédia.

    Depuis trois mois, les polémiques, alimentées par un pilonnage systématique d'une partie de la presse britannique, se multiplient au sujet de cet organisme créé par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

    Fondées ou non, elles mettent la pression sur cet organisme qui a largement contribué, par ses travaux, à placer l'urgence climatique sur le devant de la scène diplomatique.

    Peu avant le sommet mondial de Copenhague éclate l'affaire du «Climategate»: des milliers de courriels des climatologues réputés ayant collaboré avec le GIEC sont publiés sur Internet. Certains d'entre eux, pris isolément, laissent penser qu'ils ont masqué des données contredisant le réchauffement planétaire.

    Plus embêtant pour un organisme chargé d'éclairer les décisions des politiques: le GIEC a dû admettre, en janvier, qu'il avait commis une «regrettable erreur» en affirmant, dans son dernier rapport en 2007, que les glaciers de l'Himalaya reculaient plus vite que les autres glaciers du monde et «pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant».

    Pour Mike Hulme, de l'Université d'East Anglia, au Royaume-Uni, le constat est clair: la structure et les procédures du GIEC sont «périmées».

    Trois entités plutôt qu'une

    Le chercheur suggère de le dissoudre après la publication du prochain rapport, en 2014, et de mettre en place trois entités distinctes: la première, chargée des connaissances scientifiques, publierait régulièrement de courtes synthèses sur l'état des connaissances; la deuxième se concentrerait sur les impacts régionaux; et la troisième, sur les réponses politiques possibles.

    Pour Thomas Stocker, de l'Université de Berne, en Suisse, le GIEC ne doit en aucun cas «céder à la pression» de publier toujours plus vite et doit revendiquer sans complexes, dans un débat souvent passionnel, un rapport au temps différent de celui des ONG, institutions ou groupes de pression.

    Eduardo Zorita, du centre de recherche GKSS, situé près de Hambourg en Allemagne, juge que le GIEC occupe aujourd'hui «un espace flou entre la science et la politique» et suggère de le transformer en une agence indépendante, citant en exemple l'Agence internationale de l'énergie atomique.

    Pour John Christy, de l'Université d'Alabama, aux États-Unis, la seule façon de refléter «l'hétérogénéité des points de vue scientifiques» serait de créer une sorte de «Wikipedia-GIEC». «Le résultat serait plus utile que de gros livres et offrirait une représentation plus honnête de ce que notre science naissante peut offrir», estime-t-il.

    Le président du GIEC, l'Indien Rajendra Pachauri, qui a écarté toute idée de démission, met en avant «un historique d'évaluations transparentes et objectives sur plus de 21 ans, établies par des dizaines de milliers de scientifiques de tous les coins de la planète».












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