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    Les politiques d'achats responsables s'installent à petits pas

    Un peu plus de la moitié des entreprises étudiées s'assurent que leurs pratiques et celles de leurs fournisseurs respectent des normes environnementales et les droits du travail

    MEC, une coopérative spécialisée dans la vente de vêtements et d’équipement de plein-air, reçoit une bonne note en matière d’achats responsables.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Olivier Morin MEC, une coopérative spécialisée dans la vente de vêtements et d’équipement de plein-air, reçoit une bonne note en matière d’achats responsables.
    Engagé, mais pas trop. L'adoption de politiques d'achats responsables, respectueuses de l'environnement et des droits de la personne, peine encore à se généraliser dans les grandes entreprises qui oeuvrent au Québec dans le domaine du divertissement, des télécommunications, de l'alimentation ou encore de la distribution alimentaire. C'est du moins ce qu'indique un rapport que la Coalition québécoise contre les ateliers de misère (CQCAM) et le Centre international de solidarité ouvrière (CISO) se préparent à dévoiler demain à Montréal.

    En forme de bulletin de notes, le document, dont Le Devoir a obtenu copie, montre du doigt Wal-Mart, Ultramar, Home Depot, Vidéotron ou Metro. Il loue aussi Mountain Equipment Coop (MEC) pour ses engagements exemplaires qui teintent désormais les achats de biens ou de services du marchand d'équipement de plein air.

    Dans les grandes lignes, sur 30 entreprises d'envergure passées au crible, seulement 17 — c'est un peu plus de la moitié — avaient une politique d'approvisionnement responsable ou encore un code de conduite afin de s'assurer que leurs pratiques et celles de leurs fournisseurs respectent les normes environnementales minimales, mais aussi les droits fondamentaux du travail, tels qu'édictés par l'Organisation internationale du travail (OIT) et la Déclaration universelle des droits de l'homme sur les salaires.

    Notons que l'analyse portait sur la transparence dont font preuve ces entreprises quant à leur engagement social ainsi que sur la qualité de l'information transmise en matière d'approvisionnement responsable par l'entremise d'un questionnaire envoyé qui leur a été adressé par le CISO et la CQCAM. La portée réelle de cet engagement sur le terrain n'a pas été mesurée.

    «Les résultats ne nous étonnent pas, a résumé Jean-François Michaud, qui a coordonné ce projet d'évaluation des compagnies. L'idée de l'approvisionnement responsable fait son chemin dans plusieurs entreprises, mais ce n'est pas encore généralisé.»


    Note de passage

    Après avoir mesuré les engagements en matière de gouvernance, de code conduite, mais aussi de contrôle des fournisseurs, les groupes de pression accordent finalement la note de passage, soit plus de 5 sur 10, à quatre entreprises: MEC (7,9), Ikea (5,7), Alcoa (5,6) et le Cirque du Soleil (5,3).

    «MEC est une coopérative [qui vend des vêtements de plein air] qui a intégré des valeurs différentes. Et ça se mesure, a résumé M. Michaud. Quant aux trois autres, elles sont engagées dans la même direction, mais leur engagement étant plus récent, elles n'ont pas encore atteint le même niveau», ajoute-t-il.

    Selon lui, les critiques adressées à Ikea et Alcoa quant au non-respect de l'environnement pour l'un et au travail des enfants pour l'autre dans les dernières années ne seraient toutefois pas étrangères à ce résultat.

    Ailleurs dans la sphère économique, le CISO et la CQCAM constatent également une prise de conscience plus grande des enjeux de l'approvisionnement responsable par plusieurs entreprises, un changement de cap qui témoigne «d'une préoccupation grandissante chez les consommateurs», dit M. Michaud.

    L'effet se fait sentir d'ailleurs sur des détaillants comme Canadian Tire, qui a obtenu une note (3,8) supérieure à la moyenne (3,6) du groupe des entreprises engagées. Le rapport précise que le quincaillier a décidé de respecter les conventions de base de l'OIT, mais fait aussi surveiller ses fournisseurs par une firme externe. Loblaws, pour ses politiques d'approvisionnement responsable en poisson — afin de ne pas nuire à la ressource — ou encore Rona, pour avoir fait le ménage chez ses fournisseurs de bois, se retrouvent également dans la liste des presque bons élèves établie par le groupe de défense des droits des travailleurs.


    Mauvais élèves

    À l'inverse, pour leur mutisme ou leur manque de transparence autour de l'inscription de leurs activités dans une logique de développement durable et de respect des droits de la personne, les pharmacies Jean Coutu et Pharmaprix, l'Équipe Spectra — l'entité derrière le Festival de jazz —, Vidéotron et le Club de hockey Canadien se retrouvent pour leur part en bas de la liste. Quant à Esso, Metro, Ultramar, Telus, Sobeys ou Sears, la timidité de leurs engagements ne leur permet pas d'obtenir une note supérieure à 1/10.

    Le spécialiste du plein air La Cordée arrive au milieu de la liste, mais ne s'en offusque pas: «Nous n'avons pas eu le temps de répondre au questionnaire, a indiqué au Devoir Yves Robert, directeur du marketing. Cela a une incidence sur la note.»

    Même s'il reconnaît l'importance d'une telle analyse des comportements des entreprises, M. Robert estime toutefois difficile d'adopter les comportements nécessaires pour se hisser au sommet d'un palmarès comme celui-là. «Nous faisons affaire avec des fournisseurs externes sur lesquels nous n'avons pas toujours le contrôle: l'information sur la provenance, les conditions de fabrication sont très difficiles à obtenir et donc à transmettre. Mais, c'est vrai, il faut bien commencer quelque part.»












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