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    La Convention sur la biodiversité souhaite que le Canada donne l'exemple

    Sous la houlette des conservateurs de Stephen Harper, le Canada n'en finit plus d'essuyer des critiques pour son manque de leadership en matière de lutte contre les changements climatiques. Mais le secrétaire de direction de la Convention sur la biodiversité, Ahmed Djoghlaf, espère néanmoins qu'Ottawa participera davantage pour forcer la communauté internationale à mieux protéger la biodiversité, un aspect selon lui essentiel pour freiner le dérèglement du thermomètre planétaire.

    Le Canada n'a de toute façon pas d'autre choix. «Aucun gouvernement ne peut se permettre d'ignorer l'enjeu de la biodiversité», a insisté hier M. Djoghlaf au cours d'une entrevue en marge d'une allocution prononcée devant le Conseil des relations internationales de Montréal.

    Il croit d'ailleurs que cette question a plus de chances d'unir les États autour d'objectifs communs que le débat sur les changements climatiques. Dans les discussions au sujet de ces derniers, a-t-il dit, «il y a des intérêts à court terme qui sont contradictoires», notamment parce que certains pays sont producteurs de pétrole, exploitent des sables bitumineux ou sont insulaires. «Mais à long terme, nous sommes tous dans le même bateau. Et ce bateau va continuer à avancer ou à couler. On peut avoir à court terme plus d'argent en vendant du pétrole, mais à long terme, si on coule, on coulera tous avec notre pétrole.»

    Une partie de la solution

    M. Djoghlaf estime donc nécessaire de s'entendre sur la protection du vivant, ce qui aura un effet direct sur le climat. «La biodiversité fait partie de la solution, même si ce n'est pas vu comme cela à l'heure actuelle. Les changements climatiques sont perçus comme un problème de technologie et d'énergie. Ce n'est pas vrai. C'est un problème écologique, c'est un problème fondamentalement environnemental. Les forêts, les zones humides et les océans ont une contribution essentielle à faire.»

    Par exemple, la déforestation est responsable de 20 % des émissions de gaz à effet de serre chaque année. Et les tourbières, quoique ne représentant que 3 % de la superficie de la planète, séquestrent plus de 30 % du carbone. Or elles se détériorent rapidement en raison du développement effréné. Sans oublier l'acidification des océans, qui réduit de façon substantielle l'absorption du carbone.

    M. Djoghlaf appelle donc le Canada à agir pour jouer de nouveau son rôle de «rassembleur» sur les questions environnementales. «J'espère réellement qu'à l'occasion du G20, qui se tient en juin en Ontario, la biodiversité sera choisie par le Canada comme priorité. J'espère que le Canada aura la vision nécessaire pour sceller un accord entre les pays sur l'enjeu de la biodiversité.»

    L'année 2010 a été désignée Année internationale de la diversité biologique par l'ONU. Un sommet doit d'ailleurs avoir lieu en octobre à Nagoya, au Japon. L'objectif est d'adopter un plan stratégique 2011-2020 pour mieux protéger le tissu qui rend la vie possible sur la Terre, rien de moins. On souhaite aussi signer un protocole sur l'accès et le partage des bénéfices découlant de l'utilisation des ressources génétiques.












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