mardi 7 février 2012 Dernière mise à jour 22h03
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Émissions de GES - Une politique made in USA

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a annoncé en catimini, en plein week-end, que le Canada allait se coller aux États-Unis dans la lutte contre les gaz à effet de serre. L'alignement sur la politique de l'administration du président Obama sera total. Si celles-ci devaient évoluer, le Canada adapterait ses politiques à l'avenant. Pour l'instant, c'est à la baisse. Curieux mimétisme de la part d'un pays souverain.

e ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, justifie cette approche par la nécessité d'harmoniser au plan continental les méthodes et les objectifs de réduction des GES. Il est vrai que le Canada et les États-Unis partagent un même territoire et une même économie. Un certain degré d'harmonisation est inévitable, de la même façon qu'il est souhaitable que tous les pays du monde agissent de concert. On ne peut être contre la vertu.

Le problème ici tient au fait que le Canada se met à la remorque des politiques américaines. Il renonce même à tenter de les influencer. Dans le cas présent, l'objectif de réduction des GES que s'apprêtent à déterminer les États-Unis est de 17 % d'ici 2020 par rapport à leur niveau de 2005. Le Canada, qui avait déjà établi que son objectif allait être de 20 %, le ramène à 17 %. Et le ministre indique que si la position finale des États-Unis devait être différente, il s'ajusterait en conséquence. Or, la loi dite de Waxman-Markey qui fixe cibles et méthodes de réduction des GES est toujours à l'étude au Sénat américain. Si elle n'était pas adoptée, le Canada se retrouverait techniquement sans objectif de réduction de ses GES.

Cette abdication de son pouvoir souverain comme gouvernement du Canada est faite délibérément par les conservateurs de Stephen Harper, qui ont trouvé là une justification à un énième recul sur le plan de la lutte contre les GES. Recul qui pourra être suivi d'autres, puisque l'administration Obama se heurte à une résistance encore plus grande qu'au Canada à l'adoption de réductions le moindrement importantes des GES.

L'effet direct de cette nouvelle politique sera d'obliger les groupes de pression, qu'il s'agisse d'industries ou de groupes environnementaux, à tenter d'influencer la politique américaine et de faire leur lobby directement à Washington. Chose qu'avait d'ailleurs bien compris le gouvernement Charest en adoptant il y a quelques semaines un règlement sur le contrôle des émissions de GES du parc automobile, que le ministre Prentice a qualifié il y a deux jours de «sottise».

Québec n'est pas si sot que cela. Il a compris que s'il voulait contrer les politiques timides d'Ottawa, il lui fallait s'aligner sur le mouvement pro-Kyoto américain. Ce règlement est calqué sur un règlement similaire de la Californie, que 14 autres États américains ont aussi adopté. Au Canada, deux autres provinces au moins, la Colombie-Britannique et le Manitoba, songent à suivre ce mouvement. Par la force du nombre et du poids économique que représentent ces États, l'industrie automobile n'aura d'autre choix que d'adopter les normes les plus sévères. Ce n'est pas sans raison que Jim Prentice a ainsi cherché à se moquer du règlement québécois. Pour empêcher que d'autres provinces suivent le Québec sur cette voie, il n'y a pas de meilleur moyen que de discréditer ses politiques.

Le gouvernement fédéral ayant défini les choses clairement, ce dont il lui faut accorder le mérite, l'on sait maintenant où doit avoir lieu la bataille. Washington devient encore un peu plus la vraie capitale du Canada.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Robert Henri
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 08h48
    Politique assasine
    J'ai honte. De plus en plus honte de vivre en ce pays. Je souhaite que Harper et son gang de %

  • Richard Gendron
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 10h32
    Soupir
    On s'ennuie presque de Jean Chrétien !! Lorsque G.W. Bush, fraîchement élu, a annoncé que les É.-U. ne signeraient pas le Protocole de Kyoto, Chrétien a maintenu le cap et a fait en sorte que ce protocole soit voté par le Parlement canadien, qui l'a effectivement adopté. Aujourd'hui Harper utilise tous les prétextes pour en faire autant sinon moins que les É.-U. et il y réussit même en situation minoritaire parce qu'Ignatieff refuse d'envisager la seule voie de changement : créer une coalition pour gouverner avec le NPD et le Bloc. D'un côté on a un mercenaire à la solde de l'industrie pétrolière albertaine et de l'autre, de la petite politique partisane et égocentrique. Quelle tristesse !

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 10h46
    Protocole de Kyoto
    Les États-Unis ont signé le Protocole de Kyoto. Jean-René Dufort a même montré à la télé la signature de Bill Clinton. Ils ne l'ont pas entériné, ce qui est une prérogative du Sénat.

    Le problème, c'est que les rédacteurs de la Constitution des EU avaient tellement peur du pouvoir qu'ils ont mis plein de mécanismes pour que les instances puissent se bloquer les unes des autres, entraînant le gouvernement le plus paralysé qu'on puisse concevoir.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mercredi 3 février 2010 19h35
    Qui ne dit mot consent
    M. Descôteaux dit: "Ce n'est pas sans raison que Jim Prentice a ainsi cherché à se moquer du règlement québécois (règlement sur le contrôle des émissions de GES du parc automobile). Pour empêcher que d'autres provinces suivent le Québec sur cette voie, il n'y a pas de meilleur moyen que de discréditer ses politiques." Question: a-t'on déjà eu un gouvernement fédéral aussi machiavélique? Et voilà que Washington est la véritable capitale du Canada? Et où sont les politiciens souverainistes du Québec pour donner le sens qu'il faudrait à de telles dérives et en tirer parti? À moins que tous soient désormais consentants pour que nous devenions le 51e état des États-Unis? Pouah!

  • hamel
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 20h22
    Où est Claude ?
    Je ne vois pas de commentaire de monsieur Archambault. Aurait-il mangé sa langue fédéraliste-qui-n'en-est-pas ?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012