Climat: salve de critiques contre Ottawa
L'objectif de réduction des GES a été abaissé
Les partis d'opposition et les groupes environnementaux fustigent les nouvelles cibles de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) dévoilées sans tambour ni trompette par le gouvernement conservateur samedi.
Le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, a annoncé in extremis qu'Ottawa s'alignerait sur Washington en matière de réduction de GES et que le gouvernement canadien se donnait dix ans pour diminuer ses rejets de 17 % par rapport à ceux de 2005.
«Tout au long du processus, nous avons manifesté notre intention de respecter le dénouement de la Conférence de Copenhague et d'aligner nos politiques en matière d'énergie propre et de changements climatiques avec celles de l'administration Obama», a déclaré M. Prentice, samedi soir, à l'occasion d'une conférence de presse à Calgary.
Les États-Unis avaient pour leur part fait savoir jeudi qu'ils comptaient réduire leurs émissions d'«environ 17 %» par rapport à 2005, et ce, d'ici 2020.
«Nous savons qu'il nous est possible d'atteindre notre objectif, nous sommes prêts à le respecter, et les autres pays devront faire de même», a renchéri Jim Prentice.
Le gouvernement canadien balaie ainsi du revers de la main sa cible d'abaisser les rejets de GES de 20 %, par rapport à ceux de 2006. «On se doutait bien que le gouvernement canadien ne respecterait pas l'avis des scientifiques, mais jamais on ne pensait que le gouvernement pousserait l'odieux en reniant ses propres objectifs de réduction de GES», a déclaré Bernard Bigras, porte-parole du Bloc québécois en matière d'Environnement. M. Bigras déplore par ailleurs qu'Ottawa ait engagé six fois moins d'argent par habitant que Washington dans la lutte contre les changements climatiques.
«La nouvelle cible va conduire à augmenter les émissions de gaz à effet de serre plutôt qu'à les réduire», souligne pour sa part Greenpeace. Le groupe environnement Greenpeace estime que les objectifs dévoilés par le gouvernement canadien feraient augmenter les émissions de gaz carbonique de 2,5 % par rapport au niveau de 1990.
Or en 2006, le Canada s'était fixé l'objectif de réduire ses émissions de 3 % par rapport à la même l'année. «Cette nouvelle cible est donc encore pire que celle précédemment adoptée par le Canada de -20 % sous le niveau de 2006, qui équivalait à une réduction de 3 % sous le niveau de 1990, toujours d'ici 2020.»
Greenpeace exige une réduction de 25 à 40 % des GES sous le niveau de 1990, et ce, d'ici à 2020, pour les pays industrialisés.
Le porte-parole du Parti libéral du Canada en matière d'environnement et d'énergie, David McGuinty, a manifesté son étonnement à la suite de l'annonce de Jim Prentice. «Le plan américain, qui compte plus de 1400 pages et qui est très détaillé, a été développé pour les États-Unis et non pour le Canada. [...] Au Canada, nous n'avons toujours pas de plan pour les changements climatiques», a-t-il déclaré à La Presse canadienne. «Il n'y a pas vraiment d'annonce ici.»
«Non satisfait d'avoir saboté l'effort international à Copenhague, le gouvernement Harper doit encore affaiblir les cibles canadiennes», juge quant à elle la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May.
Minuit moins une pour le Canada
Le ministre de l'Environnement s'est gardé d'expliquer dans le détail la stratégie gouvernementale pour atteindre ses objectifs de réduction des GES. «Éventuellement, nous nous pencherons sur les sables bitumineux et sur les différentes sources d'émissions. Mais, aujourd'hui, notre objectif était de nous acquitter de nos obligations relativement à l'accord», a fait remarquer M. Prentice, à 24 heures de l'expiration du délai convenu par les pays signataires de l'Accord de Copenhague pour communiquer leurs objectifs de réduction de GES aux Nations unies.
M. Prentice a néanmoins indiqué que le Canada et les États-Unis harmoniseraient leurs objectifs de réduction dans certains secteurs d'activité. «À partir de 2011, nous allons mettre en place des normes d'émissions [de CO2 pour toutes les automobiles en circulation en Amérique du Nord]», ainsi qu'en matière de «transport aérien, maritime et pour les poids lourds».
Le Secrétariat de la convention sur le climat publiera aujourd'hui la liste des engagements de chaque pays dans la lutte contre les GES.
Les États de l'Union européenne (UE) se sont donné dix ans pour réduire de 20 % leurs émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 1990. L'UE s'est dite prête à intensifier son effort de guerre, en haussant de 30 % ses émissions de GES, «en cas d'offres comparables» des autres pays industrialisés «et de contributions adéquates» des pays émergents.
Alors que l'Accord de Copenhague a pour objectif de limiter à 2 °C le réchauffement de la planète par rapport à l'ère préindustrielle, les engagements actuels produiront une hausse des températures de 3,5 °C, selon le cabinet de consultant spécialisé Ecofys. «Les États-Unis, ce n'est pas assez, l'Union européenne, ce n'est pas assez. Pour la plupart des grands pays développés, c'est bien moins que ce qui était espéré, sauf pour le Japon et la Norvège», estime Niklas Hoehne, d'Ecofys.
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Avec La Presse canadienne et Reuters
Le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, a annoncé in extremis qu'Ottawa s'alignerait sur Washington en matière de réduction de GES et que le gouvernement canadien se donnait dix ans pour diminuer ses rejets de 17 % par rapport à ceux de 2005.
«Tout au long du processus, nous avons manifesté notre intention de respecter le dénouement de la Conférence de Copenhague et d'aligner nos politiques en matière d'énergie propre et de changements climatiques avec celles de l'administration Obama», a déclaré M. Prentice, samedi soir, à l'occasion d'une conférence de presse à Calgary.
Les États-Unis avaient pour leur part fait savoir jeudi qu'ils comptaient réduire leurs émissions d'«environ 17 %» par rapport à 2005, et ce, d'ici 2020.
«Nous savons qu'il nous est possible d'atteindre notre objectif, nous sommes prêts à le respecter, et les autres pays devront faire de même», a renchéri Jim Prentice.
Le gouvernement canadien balaie ainsi du revers de la main sa cible d'abaisser les rejets de GES de 20 %, par rapport à ceux de 2006. «On se doutait bien que le gouvernement canadien ne respecterait pas l'avis des scientifiques, mais jamais on ne pensait que le gouvernement pousserait l'odieux en reniant ses propres objectifs de réduction de GES», a déclaré Bernard Bigras, porte-parole du Bloc québécois en matière d'Environnement. M. Bigras déplore par ailleurs qu'Ottawa ait engagé six fois moins d'argent par habitant que Washington dans la lutte contre les changements climatiques.
«La nouvelle cible va conduire à augmenter les émissions de gaz à effet de serre plutôt qu'à les réduire», souligne pour sa part Greenpeace. Le groupe environnement Greenpeace estime que les objectifs dévoilés par le gouvernement canadien feraient augmenter les émissions de gaz carbonique de 2,5 % par rapport au niveau de 1990.
Or en 2006, le Canada s'était fixé l'objectif de réduire ses émissions de 3 % par rapport à la même l'année. «Cette nouvelle cible est donc encore pire que celle précédemment adoptée par le Canada de -20 % sous le niveau de 2006, qui équivalait à une réduction de 3 % sous le niveau de 1990, toujours d'ici 2020.»
Greenpeace exige une réduction de 25 à 40 % des GES sous le niveau de 1990, et ce, d'ici à 2020, pour les pays industrialisés.
Le porte-parole du Parti libéral du Canada en matière d'environnement et d'énergie, David McGuinty, a manifesté son étonnement à la suite de l'annonce de Jim Prentice. «Le plan américain, qui compte plus de 1400 pages et qui est très détaillé, a été développé pour les États-Unis et non pour le Canada. [...] Au Canada, nous n'avons toujours pas de plan pour les changements climatiques», a-t-il déclaré à La Presse canadienne. «Il n'y a pas vraiment d'annonce ici.»
«Non satisfait d'avoir saboté l'effort international à Copenhague, le gouvernement Harper doit encore affaiblir les cibles canadiennes», juge quant à elle la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May.
Minuit moins une pour le Canada
Le ministre de l'Environnement s'est gardé d'expliquer dans le détail la stratégie gouvernementale pour atteindre ses objectifs de réduction des GES. «Éventuellement, nous nous pencherons sur les sables bitumineux et sur les différentes sources d'émissions. Mais, aujourd'hui, notre objectif était de nous acquitter de nos obligations relativement à l'accord», a fait remarquer M. Prentice, à 24 heures de l'expiration du délai convenu par les pays signataires de l'Accord de Copenhague pour communiquer leurs objectifs de réduction de GES aux Nations unies.
M. Prentice a néanmoins indiqué que le Canada et les États-Unis harmoniseraient leurs objectifs de réduction dans certains secteurs d'activité. «À partir de 2011, nous allons mettre en place des normes d'émissions [de CO2 pour toutes les automobiles en circulation en Amérique du Nord]», ainsi qu'en matière de «transport aérien, maritime et pour les poids lourds».
Le Secrétariat de la convention sur le climat publiera aujourd'hui la liste des engagements de chaque pays dans la lutte contre les GES.
Les États de l'Union européenne (UE) se sont donné dix ans pour réduire de 20 % leurs émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 1990. L'UE s'est dite prête à intensifier son effort de guerre, en haussant de 30 % ses émissions de GES, «en cas d'offres comparables» des autres pays industrialisés «et de contributions adéquates» des pays émergents.
Alors que l'Accord de Copenhague a pour objectif de limiter à 2 °C le réchauffement de la planète par rapport à l'ère préindustrielle, les engagements actuels produiront une hausse des températures de 3,5 °C, selon le cabinet de consultant spécialisé Ecofys. «Les États-Unis, ce n'est pas assez, l'Union européenne, ce n'est pas assez. Pour la plupart des grands pays développés, c'est bien moins que ce qui était espéré, sauf pour le Japon et la Norvège», estime Niklas Hoehne, d'Ecofys.
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Avec La Presse canadienne et Reuters
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