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Libre opinion - Environnement : plus de cohérence, M. Charest !

Scott McKay - Député du Parti québécois dans L'Assomption  27 janvier 2010  Actualités sur l'environnement
Il y a un an, le Parti québécois retrouvait le statut d'opposition officielle et notre chef, Pauline Marois, me nommait porte-parole en matière de développement durable et d'environnement. Quelle perspective exaltante pour moi, après une trentaine d'années d'engagement en écologie politique! Un an plus tard, et à peine terminée l'expérience de Copenhague, je voudrais dresser un portrait de ce que j'ai constaté.

Le rôle de porte-parole en matière de développement durable est un véritable défi, car c'est un sujet qui touche toutes les facettes de l'activité humaine, dont les questions d'efficacité énergétique, les énergies propres, le transport actif, le transport en commun, les technologies vertes et la participation du public aux grands projets de développement. La nature «transversale» des enjeux environnementaux fait en sorte que de nombreux ministères, sinon tout le gouvernement, se trouvent concernés.

En matière de développement durable, des mécanismes permettent aussi à la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs d'assurer une certaine concertation entre les ministères. Cependant, dans les faits, j'ai constaté que les ministres, au lieu de travailler en concertation pour le développement durable du Québec, défendent davantage leurs champs de compétence, comme s'il s'agissait d'une chasse gardée.

Utilisation de l'eau

L'an dernier, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité un projet de loi-cadre sur l'eau et un autre sur les changements climatiques. Les quelques gains enregistrés l'ont été après des années de retard, notamment en matière de gestion des matières résiduelles. On en attend toujours d'autres, comme les redevances sur l'utilisation commerciale de l'eau.

De nombreuses contradictions entachent la crédibilité de la ministre dans le dossier des changements climatiques. Les retombées de certaines actions positives ont été complètement sabotées par des gestes allant à l'opposé, notamment dans le dossier des transports, dans lequel les actions du gouvernement libéral de Jean Charest vont à l'inverse des objectifs de développement durable.

Ainsi, la ministre de l'Environnement, qui souhaite réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), ne pourra pas compter sur le soutien de sa collègue aux Transports qui, elle, mobilise la part du lion des investissements publics pour accroître la capacité de circulation automobile. D'ailleurs, interrogé sur la contradiction flagrante dans ce dossier, le premier ministre a répondu que «nous ne vivons pas en utopie». M. Charest sait pourtant que les émissions de GES dans les transports ont fortement augmenté depuis son élection, il y a sept ans. Il devrait aussi savoir que les solutions de rechange au transport individuel en automobile existent.

Transport en commun

Dans le dossier du train de l'Est, le ministère des Transports installe des lampadaires au beau milieu de l'emprise que l'Agence métropolitaine de transport (AMT) réserve au passage de son train de banlieue. Dans ma circonscription de L'Assomption, l'implantation par l'AMT de voies réservées au covoiturage le long de l'autoroute 40 se bute à l'opposition féroce du ministère des Transports. Le même ministère profite de l'état de délabrement de l'échangeur Turcot pour lancer un projet beaucoup plus vaste qui encouragera l'automobile plutôt que le transport en commun. Eh oui, que voulez-vous: «on ne vit pas en utopie»!

Nous le savons maintenant, le sous-sol québécois recèle du pétrole et du gaz. Le Parti québécois estime que ces ressources doivent être exploitées dans une perspective de développement durable. Or, on a appris que le développement des hydrocarbures a glissé hors de l'influence de la ministre de l'Environnement, au profit de la ministre des Ressources naturelles! Cette dernière a jugé bon d'inventer de toutes pièces, sans débat public, un nouveau processus d'évaluation d'impacts, contournant le BAPE et le ministère de l'Environnement. En ce qui concerne les gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent, le nombre de permis d'exploration explose (sans jeu de mots) et la ministre de l'Environnement ne souffle mot.

Au cours de la prochaine année, le gouvernement libéral de Jean Charest devra démontrer plus de cohérence en matière de développement durable. Avec l'appui de mes collègues du Parti québécois, j'entends poursuivre sans relâche mon travail afin que le gouvernement du Québec engage de réelles actions, fortes, débattues avec transparence. Parce que pour nous, le respect de l'environnement est tout... sauf une utopie.

*****

Scott McKay - Député du Parti québécois dans L'Assomption
 
 
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  • Amie du Richelieu
    Inscrit
    mercredi 27 janvier 2010 07h45
    Plus de transparence, Monsieur Charest!
    "En ce qui concerne les gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent, le nombre de permis d'exploration explose (sans jeu de mots) et la ministre de l'Environnement ne souffle mot." Monsieur McKay, je suis le dossier de la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des gaz dans le schiste, ou shale, de très près. Pourtant, je ne savais pas que Québec accordait déjà des permis à la pelle aux gazières dans la vallée du Saint-Laurent!

    La méthode de fracturation hydraulique utilisée par les gazières utilise de grandes quantités d'eau, mélangent l'eau à des recettes souvent secrètes et souvent toxiques, pour les injecter dans le sous-sol. Ceci cause une quantité de problèmes sociaux et environnementaux. Le blogue Les Ami(e)s du Richelieu en parle justement aujourd'hui. Il faut absolument que tous soient avertis des périls de cette soi-disant source d'énergie verte.

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