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    Miniparc de voitures électriques sur la Rive-Sud

    Hydro-Québec s'associe à Mitsubishi

    Le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, et la nouvelle i-MIEV de Mitsubishi.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, et la nouvelle i-MIEV de Mitsubishi.
    La politique québécoise de développement des véhicules électriques se laisse découvrir par volets: hier, au Salon de l'auto de Montréal, Hydro-Québec, la société Mitsubishi et la municipalité de Boucherville dévoilaient un de ces volets, dont Québec a réussi à attacher les fils, soit la mise en circulation d'un miniparc de 50 voitures électriques sur la Rive-Sud.

    Cette annonce a mis un peu de vert dans ce 42e Salon international de l'auto qui, selon l'expression d'un des chroniqueurs automobile du Devoir, Philippe Laguë, est un «copier-coller des Salons des autres années», sans innovation marquante qui traduirait le virage d'une industrie qui aurait pris la mesure de sa responsabilité dans le dossier des changements climatiques.

    La présidente du Salon, Anne Leblanc, une concessionnaire Mercedes de Laval, a noté d'entrée de jeu hier que cette industrie avait été prise au dépourvu par le règlement québécois sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) du parc automobile québécois, annoncé par la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, le 29 décembre dernier. Incidemment, c'est hier que ce règlement, qui imposera une réduction de la moyenne de consommation aux nouvelles voitures vendues d'ici 2016, est entré en vigueur.

    Pour le président de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ), Me Jacques Béchard, l'industrie serait prête à adopter les normes nord-américaines que prépare présentement le président Obama sur le modèle mis de l'avant par la Californie, et qui tiendra lieu de politique nationale au Canada. Mais il estime que les normes québécoises sont plus sévères et qu'elles créent ainsi au Québec un système différent, «inéquitable», qui va encourager l'achat des gros véhicules aux États-Unis parce que les concessionnaires d'ici devront en réduire les ventes pour ne pas subir les pénalités financières du nouveau règlement.


    Un premier parc électrique

    L'annonce par Hydro-Québec de la mise en circulation de 50 petites voitures i-MIEV de Mitsubishi vise à vérifier les conditions d'implantation d'un éventuel parc de voitures tout électrique au Québec. Plusieurs types de conducteurs vont profiter de ce projet de 4,5 millions, dont des employés municipaux de Boucherville et ceux de l'Institut de recherche en électricité du Québec (IREQ), un organisme qui se retrouve dans cette municipalité. D'autres personnes, plus ordinaires, pourrait-on dire, vont s'ajouter à la liste afin de constituer un échantillon représentatif de la population. La performance de ces véhicules sera suivie de très près, hiver comme été, dans des modes de conduite personnelle très variés.

    Ce projet pilote permettra globalement de tester l'efficacité des petites i-MIEV au Québec, ainsi que leur performance en recharge. Le petit véhicule peut être rechargé en six heures sur une prise de 220 volts, ou en une dizaine d'heures sur une prise de 110 volts. Mais une prise spéciale permet aussi de le charger à haute puissance en une vingtaine de minutes, ce qui permet de lui redonner environ 80 % de son autonomie théorique de 120 km. Cette petite voiture peut utiliser les autoroutes urbaines, car sa vitesse de pointe atteint 130 km/h.

    Hydro-Québec profitera par ailleurs de cette expérience pour évaluer les besoins de recharge de ce petit parc roulant et son impact sur le réseau d'électricité local, ce qui lui permettra aussi, précise son communiqué, d'évaluer le «déploiement d'une infrastructure de recharge» par la société d'État.

    La question a soulevé beaucoup d'intérêt et de débats hier parmi les journalistes présents, qui se demandaient si Hydro-Québec refilerait la facture de cette infrastructure à l'ensemble de ses clients ou si elle l'attribuerait aux seuls automobilistes qui utiliseront ce mode de transport, comme le secteur privé l'a fait en mettant en place son réseau de stations-service.

    En Ontario, où on s'apprête à annoncer un projet-pilote similaire, mais avec un parc de 300 voitures — la rumeur veut qu'il s'agisse de voitures Nissan —, le débat est ouvert sur cette question d'équité fiscale. Plusieurs chercheurs estiment que les hybrides rechargeables, la nuit à la maison, offrent une meilleure solution puisqu'elles n'exigeront pas la mise en place d'une infrastructure dont le coût pourrait se calculer en milliards de dollars à terme.


    Le vert pâlit

    Les commentaires étaient plutôt acerbes hier parmi les chroniqueurs automobiles, qui se remémoraient l'annonce, il y a deux ans, selon laquelle le Salon automobile de Montréal se positionnerait comme «le plus vert» de tous dans un créneau unique en Amérique.

    Pour Philippe Laguë, la production automobile de l'année continue de faire gros, lourd et puissant, aux dépens de la consommation et du climat. «La section verte, dit-il, est famélique et apporte peu de neuf par rapport aux dernières années.»

    Son collègue Daniel Breton, lui aussi chroniqueur automobile «vert» au Devoir, est encore plus critique. Les constructeurs ne parlaient pas de voitures vertes hier, dit-il: ils n'insistaient plus comme dans les dernières années sur l'importance du virage qu'ils prévoient faire, et les nouveautés de taille se faisaient rares. «Le vert au Salon, disait-il avec ironie, ça se résume à la couleur du tapis...» On pouvait néanmoins admirer la nouvelle Fiesta de Ford et sa nouvelle hybride Fusion, ainsi que deux grosses BMW, à diesel et hybride.

    Selon Pascal Boissé, le troisième chroniqueur automobile du Devoir, qui incidemment revenait du Salon de Detroit, ce n'est peut-être même plus à Detroit, et encore moins à Montréal, que se dessine désormais l'avenir de cette industrie, mais aux Salons de l'Inde et à celui de Dubaï. On peut y entrevoir les tendances que l'Asie est en train de développer et qui risquent à terme, avec son énorme marché, de bousculer les constructeurs nord-américains et européens une fois de plus.












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