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Environnement - Le vrai danger: ne plus former de cerveaux

Pour un des rares chercheurs québécois directement associés aux travaux du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), le principal impact des compressions qui pourraient frapper dans deux ans le programme de recherche de la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère n'est peut-être pas un exode de nos spécialistes vers d'autres pays.
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  • Jean de Cuir
    Abonné
    mercredi 13 janvier 2010 09h53
    Cerveau?
    Quel type de cerveau ne voit l`urgence d`agir à tous les plans au sujet de l`"aménagement`" de la biosphère? Il y a un sondage psychique à faire ici! De tout ce que j`ai lu, il semble qu`il y a encore des sceptiques qui ne peuvent déceler les constats qui s`accumulent. Pourquoi? Pardonner ici la récupération, mais faudra-t-il établir une écologie du cerveau?
    Voir entre aures Gregory Bateson !

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    mercredi 13 janvier 2010 11h30
    Bravo pour les nuances

    Entre autres nuances, celle que vous citez de M. Éric Duchemin est capitale :

    « En effet, explique en entrevue au Devoir Éric Duchemin, professeur associé à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM, les défections qu'on pourrait enregistrer au Canada, principalement dans le domaine de la modélisation climatique, auront beaucoup moins d'impacts que les «conséquences structurelles sur la formation des étudiants» universitaires partout au pays. »

    En effet, au fil des années, les modélisateurs travaillant pour le GIEC ont dû se rendre à l'évidence que leurs modélisations futuristes n'avaient rien à voir avec la réalité qui, elle, selon la théorie du chaos que nous vérifions en météo, restera toujours imprévisible avec précision au-delà d'une semaine.

    Mais à moyen et à long terme, les coupures effectuées par Harper dans la recherche scientifique au Canada auront sûrement des conséquences sur notre capacité comme pays de dialoguer avec les autres pays sur tous les sujets scientifiques.

    Une autre nuance répond à ma préoccupation depuis une dizaine d'années. La voici :

    « Par contre, estime ce même chercheur, si les fonds présentement alloués à la modélisation sur le climat pourraient s'étioler aux dépens des programmes de la fondation sur le climat, ceux consacrés à l'adaptation aux changements climatiques sont par contre en hausse. Et c'est heureux, dit-il, parce que, si on connaît mieux maintenant la problématique atmosphérique, il est impératif de s'atteler à la tâche de savoir ce qu'il faut faire pour protéger les populations humaines et les grands écosystèmes, comment revoir les politiques qui contribuent actuellement à augmenter leur fragilité. Or, heureusement, dit-il, les fonds affluent dans ce secteur, principalement de sources internationales. Et des organismes comme Ouranos, qui se spécialise au Québec dans les politiques d'adaptation, sont moins touchés que d'autres qui dépendent davantage des fonds fédéraux. »

    Voilà le mot clé : adaptation. Si nous ne pouvons prédire les températures qu’il fera dans trente ans, ou les dangers d'inondations, nous pouvons au moins prévoir les zones de fragilité et travailler à les renforcer. Voilà le travail à faire en lien avec le climat. Plutôt que de jouer aux devins modélisateurs, travailler à l'adaptation des populations humaines aux changements climatiques prévisibles mais jamais certains à moyen et surtout à long terme.

    En conclusion, il serait bon que les divergences scientifiques cessent d’amener les médias à taxer de «sceptiques du climat» les scientifiques qui pensent que le CO2 ne constitue pas un facteur important dans les changements climatiques. De leur côté, ceux qui utilisent Internet parce que aucun grand média ne veut les publier auraient avantage à ne pas trop mettre de l’avant les fortunes que peuvent faire des Gore ou Guilbault en exploitant le filon de ce qu’ils appellent la Pensée Unique. Comme pour le débat sur le port du voile islamique qui s’éternise à coup de salgimondis émotifs, il serait souhaitable que chaque protagoniste s’en tienne aux arguments véritablement scientifiques. Or, à ce propos, le réchauffement climatique n’est aucunement démontré, encore moins l’influence des activités humaines sur ledit réchauffement – ou plus sagement changement – climatique.

    Jean-Pierre Audet

  • André Loiselet
    Abonné
    mercredi 13 janvier 2010 16h10
    À M. Jean de Cuir

    Vous avez parfaitement raison. Beaucoup trop de pseudo scientistes, possédeurs de la vérité, font du prosélytisme. Ceux à qui l'on pense ne cessent d'écliarer notre lanterne . Le scepticisme en tout n'est pas nécessairement preuve d'intelligence.
    Jusqu'à maintenant, des milliers de savants se sont concertés pour alerter le monde d'une accélération hors de l'ordinaire, hors du fonctionnement naturel, des bouleversements climatiques. Je ne suis pas prêt d'insulter Suzuki ou Reeves en les traitant d'hurluberlus.
    En effet, un sondage psychique serait nécessaire pour certaines âmes charitables qui veulent informer notre...ignorance crasse.
    Les sceptiques seront confondus...devant l'évidence.

  • Robert Lortie
    Abonné
    mercredi 13 janvier 2010 17h22
    météo vs changements climatiques
    Il faudrait bien que certaines personnes, qui se targuent d’être informées, fassent un jour la différence entre les prévisions météorologiques et la modélisation à long terme du climat.
    Les deux sont basées sur l’utilisation d’observations et de modélisations mathématiques et les outils se raffinent sans cesse. Les prévisions météo à court terme sont de meilleur qualité qu’avant, même si il y aura toujours place pour l’amélioration.
    Par contre, d’affirmer que « le réchauffement climatique n’est aucunement démontré, encore moins l’influence des activités humaines sur ledit réchauffement – ou plus sagement changement – climatique. » est faire preuve d’ignorance crasse et d’une méconnaissance totale de la démarche scientifique, en particulier en ce qui concerne la réalité du réchauffement. Les observations ont été publiées maintes et maintes fois, par plusieurs groupes indépendants, dans les revues les plus prestigieuses et les plus sélectives comme Nature et Science. Quant au rôle des activités humaines, les preuves abondent de plus en plus en ce sens, et le rôle de la modélisation est justement d’essayer d’en mesurer l’importance et d’en prévoir les conséquences. Et les conséquences pourraient être telles, que l’adaptation pourrait ne pas être possible pour la majorité de la population de la Terre. Au-delà de 2-3 degrés, les changements rendront notre planète plutôt hostile. Les milieux naturels n’auront pas le temps de s’adapter, à cause de la rapidité des changements et les populations humaines seront déplacées massivement, à cause de l’inondation des terres basses, du manque d’eau et de nourriture, et de la désertification.
    La plupart des informations négationistes ou climato-sceptiques sont justement publiées sur Internet, car les revues crédibles ne les acceptent pas. Pas par idéologie, mais à cause de la rigueur scientifique.

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