Violent affrontement en mer
Des chasseurs de baleines coupent en deux un bateau d'animalistes qui tentaient d'entraver les harponneurs japonais
Photo : Joanne McArthur Sea shepherd conservation society
Le navire-harponneur japonais Shonan Maru 2 s’apprête à éperonner le trimaran Ady Gil, utilisé par l’organisation animaliste Sea Shepherd pour perturber la chasse à la baleine.
Jamais affrontement entre baleiniers japonais et opposants à la chasse n'avait été aussi violent qu'hier, alors qu'un navire de la flotte nippone a éperonné une embarcation utilisée par les militants de la Sea Shepherd pour perturber la poursuite des cétacés, provoquant son naufrage.
L'Ady Gil, un trimaran ultrarapide nouvellement acquis par l'organisation animaliste dirigée par le Canadien Paul Watson, a littéralement été coupé en deux par le Shonan Maru 2 alors qu'il harcelait la flotte japonaise, qui mène actuellement sa campagne annuelle de chasse à la baleine dans les eaux ceinturant l'Antarctique. Les six membres d'équipage qui étaient à bord du navire de 24 mètres ont toutefois tous pu être secourus.
Selon la Sea Shepherd — mieux connue pour ses actions contre la chasse au phoque — le geste était «délibéré». «Le Shonan Maru 2 l'avait en pleine ligne de mire et venait droit sur lui. Il a chargé et a emporté toute une section de la coque», a expliqué Jeff Hansen, directeur de cette association pour l'Australie, à Associated Press. «Nous pensons qu'ils ont agi de manière délibérée. Notre bateau se trouvait à l'arrêt complet et ils lui ont tout simplement foncé dessus. Ils l'ont balayé», a-t-il ajouté. Le navire qui a éperonné l'Ady Gil l'a ensuite aspergé à l'aide d'un puissant canon à eau, risquant ainsi de projeter les membres d'équipage par-dessus bord, dans les eaux glaciales.
L'Ady Gil, un trimaran en fibre de carbone coûtant 1,37 million de dollars, pouvait atteindre 93 km/h. Il a récemment battu le record du monde du tour du globe. Les matériaux dont il était composé et la peinture qui le recouvrait le rendaient particulièrement difficile à détecter par radar. Le bateau pouvait ainsi s'approcher sans se faire remarquer des baleiniers et venir perturber leur chasse.
Réfutant les accusations dont ils ont fait l'objet, les Japonais ont affirmé que les militants avaient tenté d'entraver les hélices de leur bateau avec de la corde en plus de faire usage d'un «pointeur laser vert» en direction de l'équipage. Chose certaine, plus tôt en journée, l'équipage de l'Ady Gil avait lancé des bombes puantes sur le baleinier nippon. «L'extrémisme de Sea Shepherd devient de plus en plus violent. Leurs actes ne s'apparentent à rien d'autre qu'à un comportement criminel», a dénoncé dans un communiqué l'Institut japonais de recherche des cétacés.
Ce n'est pas la première fois que militants et baleiniers s'affrontent dans cette région du monde. Dans le passé, cet affrontement annuel a même parfois mené à des collisions entre les navires des deux camps, qui s'accusent mutuellement de «terrorisme». Mais les événements d'hier risquent d'envenimer les choses. «Les baleiniers japonais ont provoqué une escalade très violente du conflit, a d'ailleurs déclaré le capitaine Paul Watson. Nous livrons désormais une véritable guerre et nous n'avons pas l'intention de céder, a-t-il prévenu. Ils se trompent s'ils se figurent que nos deux navires restants vont battre en retraite du sanctuaire baleinier dans l'océan Austral.»
Par ailleurs, le célèbre animateur de The Price Is Right, Bob Barker, s'est porté hier à la défense de la Sea Shepherd, lui qui a fait un don de cinq millions de dollars au regroupement. Un autre navire nouvellement acquis par l'organisation porte d'ailleurs le nom de celui qui défend les droits des animaux depuis plusieurs années.
Le Japon prétend depuis des années qu'il procède à une chasse à des fins de «recherche scientifique». Il prévoit tuer cette année 935 petits rorquals, 50 rorquals communs et 50 baleines à bosse. La Commission baleinière internationale a interdit la capture commerciale de la baleine en 1986 pour protéger ces mammifères en voie de disparition, mais elle a autorisé des campagnes de chasse conduites à des fins de recherche.
Ce programme coûte cher à Tokyo et la demande pour la viande de baleine, autrefois populaire dans l'archipel nippon, est aujourd'hui très faible. Si bien que le pays en a déjà des milliers de tonnes en réserve. Qui plus est, plusieurs pays, dont l'Australie et la Nouvelle-Zélande, dénoncent année après année cette chasse.
***
Avec l'AFP et Associated Press
L'Ady Gil, un trimaran ultrarapide nouvellement acquis par l'organisation animaliste dirigée par le Canadien Paul Watson, a littéralement été coupé en deux par le Shonan Maru 2 alors qu'il harcelait la flotte japonaise, qui mène actuellement sa campagne annuelle de chasse à la baleine dans les eaux ceinturant l'Antarctique. Les six membres d'équipage qui étaient à bord du navire de 24 mètres ont toutefois tous pu être secourus.
Selon la Sea Shepherd — mieux connue pour ses actions contre la chasse au phoque — le geste était «délibéré». «Le Shonan Maru 2 l'avait en pleine ligne de mire et venait droit sur lui. Il a chargé et a emporté toute une section de la coque», a expliqué Jeff Hansen, directeur de cette association pour l'Australie, à Associated Press. «Nous pensons qu'ils ont agi de manière délibérée. Notre bateau se trouvait à l'arrêt complet et ils lui ont tout simplement foncé dessus. Ils l'ont balayé», a-t-il ajouté. Le navire qui a éperonné l'Ady Gil l'a ensuite aspergé à l'aide d'un puissant canon à eau, risquant ainsi de projeter les membres d'équipage par-dessus bord, dans les eaux glaciales.
L'Ady Gil, un trimaran en fibre de carbone coûtant 1,37 million de dollars, pouvait atteindre 93 km/h. Il a récemment battu le record du monde du tour du globe. Les matériaux dont il était composé et la peinture qui le recouvrait le rendaient particulièrement difficile à détecter par radar. Le bateau pouvait ainsi s'approcher sans se faire remarquer des baleiniers et venir perturber leur chasse.
Réfutant les accusations dont ils ont fait l'objet, les Japonais ont affirmé que les militants avaient tenté d'entraver les hélices de leur bateau avec de la corde en plus de faire usage d'un «pointeur laser vert» en direction de l'équipage. Chose certaine, plus tôt en journée, l'équipage de l'Ady Gil avait lancé des bombes puantes sur le baleinier nippon. «L'extrémisme de Sea Shepherd devient de plus en plus violent. Leurs actes ne s'apparentent à rien d'autre qu'à un comportement criminel», a dénoncé dans un communiqué l'Institut japonais de recherche des cétacés.
Ce n'est pas la première fois que militants et baleiniers s'affrontent dans cette région du monde. Dans le passé, cet affrontement annuel a même parfois mené à des collisions entre les navires des deux camps, qui s'accusent mutuellement de «terrorisme». Mais les événements d'hier risquent d'envenimer les choses. «Les baleiniers japonais ont provoqué une escalade très violente du conflit, a d'ailleurs déclaré le capitaine Paul Watson. Nous livrons désormais une véritable guerre et nous n'avons pas l'intention de céder, a-t-il prévenu. Ils se trompent s'ils se figurent que nos deux navires restants vont battre en retraite du sanctuaire baleinier dans l'océan Austral.»
Par ailleurs, le célèbre animateur de The Price Is Right, Bob Barker, s'est porté hier à la défense de la Sea Shepherd, lui qui a fait un don de cinq millions de dollars au regroupement. Un autre navire nouvellement acquis par l'organisation porte d'ailleurs le nom de celui qui défend les droits des animaux depuis plusieurs années.
Le Japon prétend depuis des années qu'il procède à une chasse à des fins de «recherche scientifique». Il prévoit tuer cette année 935 petits rorquals, 50 rorquals communs et 50 baleines à bosse. La Commission baleinière internationale a interdit la capture commerciale de la baleine en 1986 pour protéger ces mammifères en voie de disparition, mais elle a autorisé des campagnes de chasse conduites à des fins de recherche.
Ce programme coûte cher à Tokyo et la demande pour la viande de baleine, autrefois populaire dans l'archipel nippon, est aujourd'hui très faible. Si bien que le pays en a déjà des milliers de tonnes en réserve. Qui plus est, plusieurs pays, dont l'Australie et la Nouvelle-Zélande, dénoncent année après année cette chasse.
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Avec l'AFP et Associated Press
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