samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Copenhague: la montagne accouche d'une souris

La « dette climatique » des pays occidentaux à l'égard des pays en voie de développement n'est pas de l'aumône, mais un dû

Mohamed Benhaddadi - Expert en énergie et professeur associé à l'École polytechnique de Montréal  28 décembre 2009  Actualités sur l'environnement
Le président américain Barack Obama, lors de la plénière du Sommet de Copenhague sur les changements climatiques, le 18 décembre dernier.
Photo : Agence Reuters Larry Downing
Le président américain Barack Obama, lors de la plénière du Sommet de Copenhague sur les changements climatiques, le 18 décembre dernier.
Ainsi donc, contrairement aux souhaits des pays en voie de développement (PVD), ce n'est pas un traité avec des objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) tant pour 2020 que pour 2050 qui a été signé à Copenhague, mais plutôt une simple déclaration politique, comme le favorisaient nombre de pays riches. Bien plus, les pays les plus vulnérables n'ont même pas pris part aux discussions finales quand a été «pondu» l'accord entre les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud.

Certains évaluent déjà à 10 % la réduction des émissions que cet accord va induire en 2020, alors que le GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat) recommande une diminution de 25 % à 40 %. Pour ce qui est de l'aspect financier, les pays industrialisés se sont engagés à verser 10 milliards de dollars par an en 2010, 2011, 2012 et ont fixé un objectif de 100 milliards d'ici 2020 pour les pays en voie de développement (PVD) touchés par les changements climatiques (inondations, sécheresse), autant dire des miettes par rapport à l'impact appréhendé.

Sort déjà scellé

Il faut dire que l'échec de Copenhague n'étonne que ceux qui n'ont pas suivi, le mois dernier, les travaux du Forum de l'APEC (Forum de coopération Asie-Pacifique), qui a préjugé comme irréaliste la conclusion de tout accord contraignant pour cette année. Lors de ce Forum, les États-Unis et la Chine, une sorte de nouveau G2, avaient déjà scellé le sort de Copenhague en verrouillant, par leur position respective figée, toute avancée des négociations. Ce n'est pas faire injure aux PVD et aux Européens que d'affirmer que Copenhague a, en fait, consacré le nouveau rapport de force du nouveau couple Chine-États-Unis, où le climat sera un élément-clé de négociation de ce duo infernal, responsable de plus de 42 % des émissions mondiales de GES.

Il n'y a aucun doute que les États-Unis sont à blâmer au premier chef si l'accord conclu n'a pas de substance. En moyenne, un Nord-Américain pollue deux fois plus qu'un Européen, cinq fois plus qu'un Chinois et 15 fois plus qu'un Indien. De ce fait, ce n'est sûrement pas en montrant du doigt la croissance faramineuse de la pollution en Chine, qu'ils traitent au demeurant comme l'ennemi de demain, que les États-Unis pourront gagner en crédibilité. Or les États-Unis, qui sont responsables de 20 % de l'ensemble des émissions mondiales, ne s'engagent à les réduire que de 3 à 4 % à l'horizon 2020 et par rapport à l'année de référence 1990, alors que les scientifiques du GIEC disent que, si on veut limiter le réchauffement climatique à 2 °C, il faudrait réduire le niveau de pollution de 80 % d'ici 2050.

Obligations

Il faut rappeler que, déjà à l'époque de Bill Clinton et des négociations de Kyoto, les Américains n'ont convenu de signer que moyennant l'acceptation de leur idée d'instaurer un système d'échange de droits d'émissions, ce qui n'a pas empêché plus tard le gouvernement de Bush de dénoncer le protocole de Kyoto. Aujourd'hui, certains ont voulu passer l'éponge sur Kyoto et trouver des circonstances atténuantes à Barack Obama, arguant qu'il est pieds et poings liés par le Congrès dont l'ordre du jour n'est pas, nous dit-on, compatible avec la rencontre de Copenhague.

Le comble est de voir se présenter le président Obama les mains vides, mais en sauveur du sommet, alors que son pays a été le frein principal à un accord acceptable par tous. Après son net désengagement vis-à-vis du problème israélo-palestinien et son manque d'engagement à Copenhague, on peut légitimement se poser la question de la pertinence de lui avoir attribué le prix Nobel de la paix. En 2005, quand l'ouragan Katrina a frappé de plein fouet La Nouvelle-Orléans, les Américains se sont brutalement rendu compte que la force politique, économique, militaire et financière de leur pays est insignifiante devant celle de la nature. Même si le lien entre les changements climatiques et la nouvelle force des ouragans qui s'étalent de juin à novembre n'est pas encore scientifiquement établi, un ouragan de force 5 avant la tenue du sommet CoP16 de Mexico 2010 est de nature à rappeler aux élus américains que, à l'image des autres Terriens, ils ont aussi des obligations envers la planète Terre.

La Chine

Si Copenhague n'a pas débouché sur des résultats tangibles, c'est aussi en raison de la nouvelle rivalité entre pays riches et pays émergents, communément appelés pays du BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine). Avec 22 % du total mondial, la Chine est désormais le premier émetteur de GES, et ses émissions causées par les combustibles fossiles (pétrole, gaz et surtout charbon, qui compte pour 80 % de l'approvisionnement énergétique de son économie) ont été multipliées par trois depuis 1990, contribuant ainsi à la moitié de la croissance des émissions mondiales de carbone.

De par son statut de PVD, à Kyoto, la Chine n'a été soumise à aucune obligation dans la lutte contre les changements climatiques. Bien plus, grâce à sa politique volontariste, ce pays a attiré la majorité des investissements dans le cadre du «mécanisme de développement propre». Face à ses détracteurs, au demeurant de plus en plus nombreux à lui demander de maîtriser sa pollution, Pékin rétorque par son droit au développement, les efforts entrepris dans la décarbonisation de son économie et la responsabilité historique des pays industrialisés dans la dégradation de l'environnement.

Aussi, la Chine est fondamentalement opposée à la taxe sur le carbone et a proposé cette année que la comptabilité des émissions carboniques se fasse sur la base du lieu de consommation des produits et non sur celui de la production. En fait, à travers cette argumentation, la Chine entend rester en dehors de tout traité international contraignant, y compris la vérification de la réduction de son intensité carbonique. Pour maintenir son statut, la Chine s'est constamment alignée sur les PVD, alors que certains parmi ces derniers comptent sur son poids économicopolitique pour défendre leurs intérêts dans la géopolitique du climat.

Mais, à terme, la situation chinoise semble intenable, même si elle est plus défendable que celle des États-Unis. Dans un effort mondial de réduction des émissions de GES, la croissance faramineuse des émissions chinoises annulerait automatiquement tout effort commun des autres pays. Aujourd'hui, la Chine, qui construit une centrale thermique au charbon de 1000 MW chaque semaine, ne peut plus se cacher derrière les jupons des PVD, surtout que sa compréhension du principe de responsabilité commune mais différenciée est étriquée.

Ce principe, mis de l'avant lors de la négociation de Kyoto, avait pour noble objectif de donner un répit supplémentaire aux économies émergentes, avant de leur demander une contribution pour la réduction de leurs émissions dans ce qui allait suivre dans le post-Kyoto. Le propos ici est également de faire comprendre que la plus grande menace au développement économique des pays émergents ne réside pas tant dans la limitation de leur croissance économique, mais dans le dérèglement climatique. La Chine compte déjà 13 des 20 villes les plus polluées dans le monde, la désertification et les pluies acides sont des problèmes réels et le pays ne peut plus préserver la situation avantageuse dont il bénéficie grâce au protocole de Kyoto. Une superpuissance a également des devoirs.

L'Union européenne

Le grand perdant à Copenhague a été l'Union européenne (UE), incapable de peser sur les négociations et qui est rentrée dans le rang, arguant à l'arrivée qu'un mauvais accord est meilleur que pas d'accord. Pourtant, avec sa politique volontariste de réduire d'au moins 20 % ses émissions en 2020, elle apparaissait comme la locomotive et le médiateur parfait. Le front commun que l'UE a essayé de constituer, avec quelques pays émergents et quelques pays pauvres, n'a pas résisté à l'épreuve du terrain et au triumvirat États-Unis-Chine-Inde.

Aussi, l'effort de réduire sa pollution de 20 % est nettement moins ambitieux qu'il ne paraît de prime abord: la moitié du chemin est déjà faite, car l'UE bénéficie de la décarbonisation massive de ses membres issus de l'ex-bloc de l'Est. L'échec de l'Europe est aussi la conséquence de son manque de coordination et de la démarche en cavalier seul du président français, qui a mis de l'avant son plan justice-climat, au détriment du plan européen énergie-climat, donnant ainsi une énième preuve de son ego démesuré.

Il serait malhonnête de reprocher à la France de vouloir des cibles substantielles de réduction des émissions de GES; bien plus, cela l'honore. Dans le même temps, le non-dit est que cela ne pourrait se faire sans un recours massif au nucléaire, une filière onéreuse et en nette perte de vitesse ces deux dernières décennies. Il est vrai que, à Kyoto, la filière nucléaire a été sortie par la porte, puisqu'elle n'a pas été reconnue comme une source d'énergie propre et renouvelable; dans les négociations post-Kyoto, certains essayent de la faire revenir par la fenêtre en la boostant sournoisement, contre vents et marées.

Imbroglio canadien

Si, par dérision, on dressait une liste des pays de l'«axe du mal écologique», le Canada va désormais figurer en position de tête, alors que le pays était, il n'y a pas encore longtemps, avant-gardiste dans la défense de l'environnement, comme l'atteste le Protocole de Montréal sur les substances qui appauvrissent la couche d'ozone. Il faut dire que, depuis janvier 2006, le pays est sous la gouverne de conservateurs qui n'ont absolument rien à envier à l'obscurantiste Bush. En politique étrangère, c'est l'alignement total sur les États-Unis, avec même un zeste de zèle, comme l'atteste le fait que le pays a été le premier au monde à couper les ponts avec les Palestiniens, qui venaient d'élire démocratiquement le Hamas.

Dans le domaine de l'environnement, ce gouvernement se fait davantage le porte-voix des intérêts des pétrolières qui exploitent les sables bitumineux, un pétrole deux à trois fois plus polluant que le Brent habituel. Il faut ajouter que l'actuel premier ministre, Stephen Harper, a dit, du temps où il était dans l'opposition, que les changements climatiques étaient un complot socialiste, alors que la calotte polaire arctique se rétrécit et que la disparition de la banquise permanente au pôle Nord se fera dans un avenir à moyen terme.

Mais le Canada est un pays démocratique, avec une société civile active, engagée et massivement présente à Copenhague pour faire entendre un autre son de cloche. Aussi, au grand dam d'Ottawa, le système fédéral a permis de faire entendre l'avis de l'opposition et des gouvernements provinciaux qui, à l'image du Québec, militent activement pour que le pays se donne un ambitieux programme de réduction de ses émissions de GES et prenne 1990 pour année de référence. Cette même société civile est en train de mobiliser la population pour que le Canada ne soit pas juste à la remorque des États-Unis et puisse retrouver son statut de nation respectée dans les instances internationales.

Cap sur Mexico

Les pays industrialisés sont responsables de la quasi-totalité des émissions de GES qui stagnent dans l'atmosphère, causant un dérèglement climatique auquel les PVD sont les plus vulnérables. De ce fait, la «dette climatique» à l'égard des PVD n'est pas de l'aumône, mais un dû, surtout que les experts sont aujourd'hui en mesure de quantifier en termes monétaires les dommages irréversibles causés à l'environnement. Aux dernières nouvelles, il semble que les PVD ne sont pas contents des résultats de la rencontre de Copenhague et ils l'ont fait savoir.

C'est plus que légitime, sachant qu'ils ne sont pas responsables des changements climatiques attendus, alors qu'ils vont en subir le plus grand préjudice. Ces pays peuvent compter sur l'appui des experts, des tribunaux et de la société civile des pays développés pour obtenir des compensations. Pour que la démarche soit crédible, il est approprié que les gouvernements de ces PVD libèrent leur propre société civile du joug dans lequel ils la maintiennent. En attendant, il est nécessaire que les PVD puissent trouver leur propre voie et méditer leurs alliances passées, que ce soit avec les Chinois ou d'autres. La question est avant tout économique: les Américains défendent leurs intérêts propres, l'UE et les pays émergents en font tout autant. La leçon peut être apprise par les pays en voie de développement. Rendez-vous pour cela à Mexico en 2010.

***

Mohamed Benhaddadi - Expert en énergie et professeur associé à l'École polytechnique de Montréal
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Fernand Trudel - Abonné
    28 décembre 2009 14 h 08
    Quand les hommes se prétendent maîtres de l'univers
    Quand les hommes se prétendent maîtres de l'univers, ils peuvent contrôler les ouragans. les volcans, les tsunamis et les orages. Ce sont eux les maîtres de l'univers. Ils peuvent fabriquer les nuages, les faire pleuvoir ou neiger, ils dirigent les courants d'air, contrôlent les éruptions volcaniques, les marées et les vents sur l'océan, les rayons cosmiques, le rayonnement solaire, tous les astres de l'univers, etc...

    Oui, l'homme ce prétentieux mène l'univers. N'a t'il pas aluni et n'a t'il pas sondé Mars ??? Alors il va taxer ses gestes, il va imposer une alternative énergétique en taxant.

    Il va nous imposer l'éolien ou whatever... L'éolien en plus de déguiser le paysage, coûte trois fois plus par kilowatt/heure que l'électricité produite au Québec. Pas grave en taxant le pétrole, on va pouvoir subventionner. Mais quand il n'y aura plus de pétrole, on va taxer quoi ? Pas grave ce sera nos successeurs ceux qu'on a sauvé du désastre écologique qui paieront...

    Alors on fera vivre des bourses du carbone tant souhaitée par les participants de Copenhague. Ces bourses qui emrichiront ceux qui nous ont alerté avec des films chocs et nous ont culpabilisé. Il faut bien qu'un tel service se paye et largement. Et c'est déjà commencé à rendre riche des gens qui ne font rien pour le climat.
    http://www.performancebourse.com/actualites/lakshm,1520.html

    Comment peut-on sauver le monde en l'excroquant? Quelle influence a sur le climat un crédit pour polluer acheté à vil prix. Actuellement la bourse de Chicago appartenant à Gore et ses amis, vend ses crédits de polluer à 0,15$ la tonne de carbone et permet à Monsanto de déforester l'amazonie. Wow, quel apport à la planète...

    Il y aura toujours des crédules du GIEC et de ses edits papaux indiscutables et totalement erronés qui est semé d'incertitudes. C'est le dogme de la religion réchauffiste que Vincent Courtillot démantèle aisément dans une conférence scientifique à l'Université de Strasbourg. (Elle dure 1h40)
    http://www.leblogueduql.org/2009/10/à-voir-

    Mais bon l'hystérie est à son comble à Copenhague faut faire payer les cochons de pollueurs. Certains parle d'une décroissance économique nécessaire, pourtant on en vit une et c,est pas du gâteau. Obama achève d'écouler les réserves américaines à forcer de verser aux Bailout des montants faramineux sans résultat. D'autres parlent de décroissance drastique de la population donc, prêt à éliminer des habitants sur la planète pour la sauver mais eux-mêmes. D'autres veulent des taxes à outrance et une surveillance optimale de chaque geste humain. Quel cirque, la folie à son apogée. Comment des hommes en sont rendus là ???

    L'empire médiatique entourant le GIEC, cet organe politique pseudo-scientifique, qui élimine toutes idées contraires au dogme climatique culpabilisant l'homme des changemets cycliques de la température a fait ce travail de sape où l'homme est rendu à vendre son âme au diable.

    Il demeure que comme au sommet de Kyoto, les pays ciblés pour payer la facture, et le Canada est du nombre, hésitent et se demandent si c'est le bon geste à poser. Mais à Copenhage, plane un autre spectre : le Climategate. La crédibilité des assertions du GIEC est mise à l'épreuve par des révélations troublantes sur les malversations des scientifiques en plein coeur de la thèse réchauffiste. La crosse de hockey a été largement diffusée par Gore dans son film et par le GIEC dans son dernier rapport. C'est ce sur quoi s'appuie toute l'hystérie causée par les activistes du réchauffement qui s'est arrêté il y a presque dix ans comme quoi la nature s'est vengé de l'homme et de sa fatuïté. Le GIEC tente tant bien quye mal a minimiser la chose mais minimise par le biais l'importance de ses rapports. Le tout sous une température peu accueillante faisant reculer tout réchauffiste qui devait afrronter ce blizzard glacial et le forcer à se réfugier pour se réchauffer au pub le plus proche. La nature a déjoué l,Homme encore une fois.

    La nature a eu le dernier mot et a repris ses droits. J'espère que nos politiciens ne seront pas pris dans cette arnaque où des gens veulent profiter de la naïveté du monde. Tant mieux si certain parlent d'avoir accoucher d'une souris, on pourra enfin s'attaquer aux problèmes plus vitaux tels l'accès à l'eau potable, à la malnutrition et à la lutte aux infections et maladies mortelles. Voilà où doit être dirigé sans délai l'argent des pays riches. C'est ce que clame depuis des lunes le Copenhagen Consensus Center...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
3 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012