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    Harper préfère rester dans l'ombre

    Le premier ministre envoie son ministre de l'Environnement s'adresser aux délégués

    Jim Prentice
    Photo: Agence Reuters Jim Prentice
    Alors que le président de la France, Nicolas Sarkozy, avait lancé un vibrant appel au leadership des dirigeants internationaux pour permettre la conclusion d'une entente, c'est le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, qui a pris la parole au nom du Canada, tard hier en soirée.

    Copenhague — L'absence du premier ministre Stephen Harper de la plénière des chefs d'État hier à Copenhague et le fait qu'il a laissé son ministre de l'Environnement, Jim Prentice, exposer à sa place la position du Canada ont suscité beaucoup de commentaires hier au sein des délégations, dans les rangs de l'opposition et chez les groupes écologistes.

    Cette absence a soulevé autant de questions que l'absence de précisions sur la participation du Canada aux deux fonds d'aide aux pays en développement incapables financièrement d'adapter leurs structures publiques et économiques au réchauffement du climat, surtout en Afrique.

    Selon le ministre Prentice, Stephen Harper lui a demandé de prononcer la déclaration du Canada parce qu'il a mené les négociations cette semaine et qu'il a travaillé sur ce dossier depuis des mois.

    «Ce sera un grand honneur pour moi de le faire», a-t-il indiqué en conférence de presse, ajoutant que le premier ministre prendrait part en soirée au dernier sprint de négociations avec les autres dirigeants du monde, afin que la conférence de Copenhague se conclue au moins sur une entente de principe.

    La tâche d'exprimer la position canadienne s'est finalement révélée plutôt ingrate pour le ministre, à qui on a permis de formuler sa déclaration sur le coup de minuit en raison de retards, devant une poignée de délégués. Il devait au départ prendre la parole vers 20h30.

    Les Nations unies étant ce qu'elles sont, les représentants de minuscules pays comme le Lesotho et les îles Fidji ont pu devancer dans l'ordre des allocutions les dirigeants de puissances du G8 comme le Japon et le Canada.

    Dans son allocution, le ministre Prentice a dit que «le Canada est prêt à collaborer sa juste part [sic] dans le cadre d'un accord mondial exhaustif, comprenant un financement accéléré» entre 2010 et 2013.

    Jim Prentice a conclu son allocution en précisant que «le Canada continuera d'agir sur son territoire afin d'aligner ses politiques sur celles de l'administration Obama».

    Le ministre a aussi ajouté qu'un nouvel accord «devrait soutenir une confiance mutuelle et encourager les pays à augmenter leurs cibles avec le temps», sans préciser s'il parlait des pays en développement ou de pays industrialisés comme le Canada.

    La position canadienne a été vivement dénoncée par le porte-parole du Bloc québécois, le député de Rosemont, Bernard Bigras, qui a qualifié l'absence de Stephen Harper de la tribune principale de «discutable et inqualifiable».

    Le député bloquiste devait aussi qualifier de «méprisant» pour la délégation canadienne, qui regroupe des premiers ministres provinciaux et des députés, le fait que le ministre Prentice n'ait pas convoqué chaque jour une rencontre avec les élus pour faire le point avec eux et entendre leurs suggestions et propositions. «Il préfère entendre le son de cloche du monde des affaires», a-t-il dit, faisant référence aux 17 personnes issues du secteur privé qu'Ottawa a invitées à ses frais à Copenhague pour servir de comité de sages au ministre Prentice

    Le premier ministre Jean Charest, qui a plaidé pour qu'Ottawa fasse de la place au Québec à Copenhague, n'a pas abordé cette question qui lui aurait permis, ainsi qu'à ses autres homologues, de jouer le jeu que les délégations canadiennes jouaient dans le passé auprès du ministre responsable de la négociation. Il semble que les premiers ministres aient préféré participer à des événements loin du cercle des négociateurs.

    Pour le chef du NPD, Jack Layton, l'absence de Stephen Harper à la tribune pour représenter son pays «dénote, a-t-il dit au Devoir, le peu d'engagement du Canada dans ces négociations en comparaison de ce que font d'autres pays, comme les États-Unis et le Japon, eux aussi membres du groupe Parapluie. Le Canada n'a pas avancé non plus de montant précis pour qu'on puisse mesurer son niveau d'engagement dans le fonds d'adaptation et on ne le voit pas davantage, a dit Jack Layton, dans le dossier des forêts, alors qu'on est un des principaux propriétaires des grandes forêts de la planète».

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    Avec La Presses canadienne












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