jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 14h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le climat, un enjeu constitutionnel

La validité de l'engagement canadien pourra être contestée, dit Charest

Copenhague — La validité de l'engagement canadien au traité de Copenhague pourra être contestée parce qu'il n'a pas obtenu l'aval des provinces, prévient Jean Charest.

Après deux jours de bras de fer avec le gouvernement Harper, le premier ministre du Québec a placé hier leur différend sous la lorgnette constitutionnelle. Il estime que la signature du Canada sur l'éventuel accord international de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) vaudra peu de chose puisque le gouvernement Harper a choisi de ne pas tenir compte de la voix des provinces réclamant une cible nationale plus ambitieuse.

«À Copenhague, le gouvernement fédéral a le pouvoir de signer des traités, mais il n'a pas le pouvoir d'engager nos gouvernements provinciaux dans nos domaines de compétences. Ça, c'est la réalité canadienne, et c'est la dure réalité», a dit le premier ministre, en prenant la parole devant des membres du Réseau action climat Canada, en matinée.

«Pour ceux qui l'ignorent, pour ceux qui choisissent de passer à côté, ça peut être un obstacle très important à la mise en place des politiques que les citoyens souhaitent», a-t-il ajouté.

Dans une sortie en règle contre le gouvernement Harper, qui a fait fi de ses demandes répétées pour une cible canadienne plus contraignante, M. Charest a soutenu que le respect des compétences constitue le point de départ de toute négociation du Canada sur la scène internationale.

«Le gouvernement fédéral ne peut faire fi de cette réalité. Il doit savoir qu'en élaborant sa position [sur les GES], il doit tenir compte de ce que le Québec veut, et qu'à défaut de le faire, il va se trouver bloquer dans la mise en oeuvre de ses engagements.»

Le premier ministre a cité l'exemple des pourparlers qu'il a engagés avec les pays membres de l'Union européenne, en vue de la conclusion d'un accord de libre-échange avec le Canada.

«Les Européens ont dit au gouvernement fédéral canadien qu'il n'y aurait pas de négociations, à moins qu'il ne garantisse que les provinces étaient engagées dans la mise en oeuvre d'une future entente», a-t-il précisé, soutenant que la même logique s'applique pour l'éventuel traité de Copenhague.

«Dans un système fédéral de gouvernement, nous sommes égaux, nous ne sommes pas les gouvernements juniors du gouvernement national, ce n'est pas vrai, ça; il y a un partage des compétences entre nous», a martelé M. Charest, en visant le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice.

La veille, ce dernier avait indiqué que les provinces pouvaient se doter d'objectifs de réduction de GES plus importants, mais que le gouvernement national était le seul à conclure les traités internationaux et à répondre des obligations et des conséquences qui en découlent.

Informé des propos tenus hier par le premier ministre du Québec, M. Prentice a répété que le gouvernement canadien avait toute la légitimité pour conclure une entente à Copenhague.

«Le Canada n'a pas besoin de l'approbation des provinces pour établir sa position ou conclure un traité. Notre fédération ne pourrait fonctionner si, à chaque conférence internationale, nous devions faire l'unanimité dans les provinces», a répliqué le ministre en entrevue à la Presse canadienne.

M. Prentice, qui semblait étonné, a précisé que Jean Charest n'avait jamais étayé cette thèse devant lui. «Lors des négociations sur le traité de Copenhague, chaque pays est représenté par son gouvernement national. Le Canada aussi va s'exprimer ici par la voix de son gouvernement national», a-t-il répété.

Croisé dans les corridors de la conférence de l'ONU, l'ancien chef de cabinet de Jean Charest, Daniel Gagnier, a aussi soutenu que le gouvernement fédéral pouvait conclure un traité international sans que le désaccord d'une ou de plusieurs provinces le menace.

«C'est vrai, le pouvoir est partagé, mais le fédéral a le devoir et la responsabilité de négocier et de signer des traités. Certains ont été rapidement acceptés par les provinces, mais d'autres ont mis plus de temps», a commenté celui qui a travaillé aussi sous le gouvernement Mulroney, alors qu'était négocié l'accord de libre-échange avec les États-Unis.

En contrepartie, selon M. Gagnier, le gouvernement canadien devrait songer à se doter d'un plan d'action derrière lequel les provinces pourront se rallier.

Le premier ministre Stephen Harper, qui arrivera aujourd'hui à Copenhague pour la dernière étape des négociations, défend une cible canadienne de réduction des émissions de GES de 3 % d'ici 2020 sous les niveaux de 1990. Le Québec s'est donné un objectif de diminution de 20 % pour la même période.

Les provinces du Québec, de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et de la Nouvelle-Écosse ont par ailleurs reçu hier des prix décernés par les principales organisations environnementales canadiennes, à Copenhague, pour leur apport à la lutte contre les changements climatiques.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Marc A. Vallée
    Abonné
    jeudi 17 décembre 2009 06h55
    Qu'est-ce que M. Charest veut?
    Qu'est-ce que M. Charest a derrière la tête? Est-ce un ballon politique? Est-ce une menace? A-t-il une stratégie? Une histoire à suivre.

  • Yvon Roy
    Abonnée
    jeudi 17 décembre 2009 10h06
    charte
    Il est peu probable qu'une charte du climat puisse faire partie du libre-échange de la pollution entre nations, et cela étant, M. Charest ne récoltera qu'un peu de vents sans guère plus d'échos si la tendance des facteurs éoliens se maintient.

  • Alain Larouche
    Abonné
    jeudi 17 décembre 2009 10h06
    Du vrai Charest
    Jean Charest parle des deux côtés de la bouche. Attendez qu'il soit premier ministre du Canada. Il teindra les mêmes propos que Jim Prentice.

  • J. Maurice Arbour
    Abonné
    jeudi 17 décembre 2009 10h13
    Un caniche fâché?
    Peut-on m'expliquer pourquoi M. Charest attend d'être un Europe pour donner quelques coups au gouvernement Harper alors qu'il rampe comme un caniche quand il est au Québec? M. Charest devrait faire ses chicanes de famille au Québec plutôt qu'à Copenhague, ou mieux au sein de son Conseil de la Fédération, son joujou à lui.

  • Francois Dorion
    Abonné
    jeudi 17 décembre 2009 11h43
    Mais qu'est-ce que c'est?
    Je ne comprends pas quel intérêt les provinces pourraient avoir à bloquer un accord qui promet moins que ce qu'elles veulent donner; ce n'est qu'au niveau de la mise en oeuvre des accords internationaux que les provinces sont souveraines dans le domaine de leurs compétences

  • Fernand Trudel
    Abonné
    jeudi 17 décembre 2009 12h44
    Charest reçoit l'argent vert du fédéral
    Dans une entente Canada-Québec, Charest a reçu un chèque de 350 millions du Canada pour faire de l'environnement. Qu'a t'il fait avec ???

    D'abord , il a construit une usine d'éthanol de 200 millions qui n'opère même pas. Pire les écolos sont maintenant contre la production d'éthanol car trop polluant.

    Récemment, nous avons appris que le curé Guilbault a reçu 7 millions pour construire son temple vert en plein centre-ville montréalais pour y loger les adeptes de Kyoto, cette arnaque où ENRON fut l'un des principaux acteurs. (Lire l'autre secret d'ENRON sur ce lien http://www.iedm.org/main/content_fr.php?content_id ) . Pas surprenant que Guilbault à Copenhague tire dans le dos du fédéral. Voici le communiqué de presse:

    http://www.mddep.gouv.qc.ca/infuseur/communique.as

    On nous prépare une intervention sur le compostage de 650 millions alors que le problème des centre de tri qui n'ont pas résolu entièrement leurs problèmes de marché de clients et qu'ils réclament des compensations du gouvernement de plusiewurs centaines de millions pour éviter la faillite.

    Oui, le Québec a gaspillé les fonds fédéraux fournis pour améliorer l'environnement. Imaginez si Charest était premier ministre d'un pays, lui qui gaspille l'argent vert reçu du fédéral tout en essayant de poignarder dans le dos le Canada à Copenhague...

  • Etienne Leblanc
    Inscrit
    jeudi 17 décembre 2009 13h35
    Pourquoi on est à Copenhague déjà?
    Il semble de prime abord que le Premier ministre Charest est réellement animé par la question environnementale et que son gouvernement a la volonté de contribuer sérieusement à des améliorations en la matière. Nous ne pouvons alors que nous en réjouir, car il s'agit certainement d'une préoccupation partagée par une importante proportion de la population québécoise. Les Québécois semblent effectivement de plus en plus sensibles à l'environnement en général et je crois qu'il faut en être fière!

    Or, comme monsieur Vallée le soulève dans son commentaire, devons-nous nous attendre à ce que la grande motivation que manifeste monsieur Charest à l'égard des changements climatiques et l'expression de sa position diamétralement opposée à celle du gouvernement fédéral à Copenhague ne soit finalement qu'une stratégie politique? Le temps nous le dira, en effet. Néanmoins, croire que le Premier ministre agit uniquement par conviction ou pour représenter la volonté populaire des Québécois ou, encore, pour démontrer l'engagement du Québec dans la lutte aux changements climatiques serait, dans un cas comme dans l'autre, faire preuve d'un peu de naïveté! En fait, il faudrait être aveugle pour ne pas voir l'intérêt de Jean Charest pour la politique se jouant sur la scène internationale, alors que sa fonction de Premier ministre du Québec ne lui offre que très peu d'occasions d'y participer.
    Ce faisant, peut-être assisterons-nous éventuellement au retour de monsieur Charest sur la scène politique fédérale...

    Quant au différend entre Québec et Ottawa sur le niveau des cibles de réduction des GES, nous pourrions soulever certains doutes par rapport au fait que deux gouvernements d'un même pays n'arrivant même pas à s'entendre sur des cibles puissent vraiment avoir une volonté profonde de changer les choses. Par ailleurs, qu'espèrent MM. Charest et Harper en se livrant un tel "bras de fer" lors d'un sommet international de cette envergure? Qui a le plus à perdre et à gagner? Peut-être est-ce là une partie de la réponse au commentaire de M. Vallée...

    Une chose est clair, nos deux PM ne se confrontent pas à propos des cibles de réduction des GES, mais bien sur leur relation. En d'autres mots, chacun "négocie" sa position, son pouvoir et son autorité par rapport à l'autre.

    En somme, force est de constater que l'environnement est en fait devenu le prétexte et que, conséquemment, il s'agit d'une préoccupation, malheureusement, secondaire.

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    jeudi 17 décembre 2009 23h48
    Bientôt un retour à la normale

    Monsieur Charest fait beaucoup de verbiage lorsqu'il est en Europe. Il semble pour ces disciples devenir soudainement un grand bâtisseur en environnement en parlant à droite et à gauche.

    Ne vous faites pas trop de soucis, il reviendra au Québec sans dire un mot. Vous pourriez lui demander toutes les réalisations pour réduire les GES au Québec.

    Avez-vous une réponse ?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
8 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012