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C’est l’impasse à Copenhague

La police danoise repousse des manifestants aujourd'hui, devant l'immeuble qui accueille la conférence sur le climat à Copenhague
Photo : AP
La police danoise repousse des manifestants aujourd'hui, devant l'immeuble qui accueille la conférence sur le climat à Copenhague
Les négociations à Copenhague sont dans l’impasse, et la présidente de la conférence, Connie Hedegaard, a démissionné aujourd’hui. La conférence sur le climat se bute donc à des obstacles majeurs à deux jours de la fin de la réunion. Alors que les chefs d’État commençent à arriver dans la capitale danoise, les pays en développement ont exprimé leur mécontentement en bloquant les discussions.

Les pays pauvres ont paralysé les négociations, estimant que les nations riches ne s’engageaient pas suffisamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’aide aux pays du Sud. Les observateurs estimaient toutefois que les négociateurs avaient encore le temps de trouver un accord.

Une avancée a néanmoins été enregistrée: les États-Unis, l’Australie, la France, le Japon, la Norvège et la Grande-Bretagne ont promis au total 3,5 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) pour un programme visant à protéger les forêts tropicales.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a été aujourd’hui l’un des premiers chefs d’État à s’exprimer à la conférence. «Si le climat était une banque, une banque capitaliste, on l’aurait sauvé», a-t-il lancé.

Par ailleurs, la présidente de la conférence, Connie Hedegaard, a démissionné pour permettre à un responsable de plus haut rang, le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen, de présider les trois derniers jours de réunion. L’ex-ministre danoise du Climat devait toutefois continuer à superviser les débats à huis clos.

Les négociateurs ont débattu dans la nuit de mardi à mercredi sans réussir à avancer sur les deux principaux dossiers: les objectifs de réduction des gaz à effet de serre et le financement d’une aide pour les pays pauvres. «Nous n’avons pas été capables de conclure un accord», a reconnu mercredi matin John Ashe, représentant d’Antigua, qui préside l’un des groupes de négociations.

Lors des discussions de la nuit, la délégation américaine a élevé des objections sur un projet de texte, estimant qu’il risquait de contraindre prématurément les États-Unis à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, avant l’adoption d’une loi sur le sujet au Congrès américain.

La modification du projet a suscité les protestations des pays en développement. Les hôtes danois de la conférence ont alors rédigé ce qu’ils espéraient être un compromis. Mais avant que leur texte ne soit diffusé, les pays en développement réunis au sein du G77 et la Chine se sont réunis pour arrêter une position commune. «Ils sont mécontents que ces textes viennent d’en haut», a expliqué un délégué africain sous le couvert de l’anonymat. «Ils pensent que ces choses devraient être discutées ouvertement.»

Certains ne cachaient pas leur déception devant le manque de progrès, notamment parmi les représentants des petits États insulaires menacés par la montée du niveau des océans. «Nous sommes extrêmement déçus», confiait Ian Fry, de l’archipel des Tuvalu. «J’ai le sentiment d’effroi que nous sommes à bord du ’Titanic’ et que nous coulons rapidement.»

Par ailleurs, plusieurs centaines de manifestants rassemblés devant le Bella Center, où se déroulent les négociations, ont tenté de perturber la conférence. La police a utilisé gaz lacrymogène et matraques pour les disperser, interpellant 260 personnes.
 
 
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  • Arthur Cravan
    Inscrit
    mercredi 16 décembre 2009 19h06
    260 personnes "interpellées"
    Je vous en prie, traduisez le franco-français "interpellation" par le mot qui s'impose ici, et qui est autrement plus significatif pour les lecteurs : "arrestation".

    Il faudrait même compléter la traduction de ces phrases anodines qui parlent de la façon dont les manifestations sont policées, pour ainsi dire.

    En l'occurrence, il faudrait traduire ainsi : en quelques jours à peine, plus de 1500 personnes mises en état d'arrestation, de façon préventive pour la plupart, suivant la nouvelle politique danoise, mesure spéciale, concernant la police.

    Il faudrait aussi traduire par : 1500 personnes "détenues", en moyenne pendant une dizaine d'heures, assez souvent sur place, c'est-à-dire dans la rue, avec tout l'aspect pathétique de la situation : les humiliations, les engelures, la faim, l'urine, les menstruations, etc.

    Il faudrait même traduire par : 1500 personnes "internées", dans des centaines et des centaines de cas - quel autre mot conviendrait que celui d' "internement"? - dans des cages de fer, à l'abri de tout regard journalistique ou public, à l'intérieur de centres de détention aménagés en vitesse pour l' "événement".

    Il faudrait aussi dire, tant qu'à en parler en plus d'une phrase : 1500 personnes, dont la quasi totalité ont été "relâchées" plus tard sans aucune charge contre eux, sans aucune excuse non plus à leur égard.

    La police devient désormais souveraine, en-dessous du discours juridique et du système judicaire : 1500 personnes arrêtées sans mandat précis, retenue par la violence, et reconnue par ailleurs, par la loi - par la loi elle-même - comme n'ayant commis aucun crime méritant quelque peine que ce soit (mise à part celle que les policiers ont déjà administrée).

    Toute police est désormais légale : elle n'applique pas la loi, puisque les lois sont suspendues, de façon spéciale ; du reste, comme dans toutes les grandes métropoles actuelles.

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