samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Copenhague - Non au Canada!

Si le gouvernement de Stephen Harper avait cherché un moyen d'opposer une partie du pays à l'autre, il n'aurait pas trouvé mieux que cette position unilatérale et passéiste défendue par le Canada à Copenhague. Le premier ministre Charest a raison: la politique fédérale risque de coûter cher au Québec!

À moins d'un revirement encore possible, le Canada maintiendra jusqu'au bout sa politique de soutien inconditionnel des seuls intérêts de l'Ouest à la conférence de Copenhague. Alors que la plupart des provinces, dont l'Ontario et le Québec, ont adopté des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ambitieuses, Ottawa persiste à protéger l'exploitation des sables bitumineux même si le reste du pays en souffre. Pourtant, ne sont-ce pas ces deux provinces qui sont les mieux placées financièrement pour inciter l'industrie pétrolière à réduire ses émissions?

Des études ont montré qu'adhérer à des cibles contraignantes n'exigeait pas de cesser l'exploitation des sables bitumineux, mais de mettre en place des mécanismes d'échange de crédits et une fiscalité qui encouragent un virage technologique indispensable et urgent, de toute façon. Or, à moins d'y être forcées, les compagnies pétrolières ne feront rien parce que les investissements nécessaires n'amélioreront pas la rentabilité à court terme.

Même s'il n'y a pas d'entente à Copenhague, l'Europe et les États-Unis — dont on aurait tort de sous-estimer la capacité de s'attaquer au problème malgré leur opposition à des cibles très contraignantes — seront en mesure d'imposer des pénalités aux partenaires dont le refus d'agir sera perçu comme un avantage commercial déloyal.

Voilà d'ailleurs une des raisons qui ont amené le gouvernement du Québec à être actif au sein du sommet des leaders qui réunit, aujourd'hui à Copenhague, les représentants de 60 États fédérés. Cette année, le sommet est coprésidé par les premiers ministres du Québec et de l'Australie du Sud.

Pour ces États et ces provinces réunis en marge de la conférence de l'ONU, il faut que la contribution des entités fédérées soit reconnue dans les textes de l'accord final de l'ONU puisque ce sont elles qui auront à l'appliquer sur le terrain. À l'heure actuelle, à cause du choix de 2006 comme année de référence pour calculer la réduction de GES au Canada, le Québec ne parvient même pas à faire reconnaître chez lui les progrès réalisés par son industrie depuis 1990. Si jamais Ottawa s'entête à maintenir 2006 comme année de référence au lieu de 1990, comme la plupart des pays développés, cela équivaudra à effacer les émissions de GES causées par l'exploitation des sables de l'Alberta avec les gains réalisés dans les autres provinces, ce qui n'a aucun sens.

En adoptant une position aussi rigide, le gouvernement Harper nuit à la réputation du Canada sur la scène internationale comme aucun gouvernement avant lui. Si cette image de grands pollueurs ne dérange pas l'Alberta qui ne vend qu'un seul produit à un seul client, ce n'est pas le cas du Québec ou de l'Ontario. On ne peut donc qu'encourager le premier ministre Charest à continuer de se dissocier ouvertement de la position canadienne à Copenhague.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Godfax - Inscrit
    15 décembre 2009 04 h 19
    Plus de nourriture
    Et l'économie?
    Un accord contraignant entrainera inévitablement un explosion des prix des denrées alimentaires. Le Canada est un producteur mondial de céréale et sa production devra augmenter pour nourrir la population croissante ce qui serais impossible avec un accord contraignant. Le Canada doit moralement développer ses infrastructures alimentaires, c'est un engagement de libre échange historique qui a forger une mécanique internationale irremplaçable. Briser cette mécanique brutalement causerais énormément de famine.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Normand Carrier - Abonné
    15 décembre 2009 06 h 42
    Il est honteux d'être canadien .......
    Ce gouvernement de Stefen Harper est une honte que ce soit en environnement , ses cachoteries dans la torture et sa propension a défavoriser ses citoyens a l'étranger , ce gouvernement est devenu le sosie de celui de Bush et Cheney !
    Il est évident que tous les Québécois vont devoir payer pour les dégats des sables bitumineux de l'Alberta alors que nos industries et notre gouvernement ont fait tous les efforts pour réduire les gaz a effet de serre et ont pris les mesures appropriées . Ce fédéralisme pollueur aura sans aucun un impact très négatif sur nous tous ! <Shame on you Canada> ....
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    15 décembre 2009 09 h 07
    Demeurer des Canadiens, un avantage ?
    La réputation du Canada est à son plus bas, elle a commencé à nous faire honte.

    Si Ottawa ne change pas son fusil d'épaule sur la pollution à tous vents et à tout venants, ce serait une solide raison de plus de nous séparer du ROC, principalement, de l'Ouest canadien pollueur, religieux extrémiste et conservateur.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Geoffroi - Abonné
    15 décembre 2009 09 h 54
    Honte-Canada, Canada
    « Il est honteux de feindre où l'on peut toutes choses »

    CORNEILLE Pertharite, roi des Lombards (1652) III, 4
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Maryanne - Inscrite
    15 décembre 2009 11 h 06
    Harper le grincheux.
    L'économie vous dites... quand la terre va manifester son mécontentement,que va devenir l'économie... La nature est plus forte que l'homme. Famine ,manque d'eau ,révolte, c'est ça votre économie...@ Godfax?
    Vous avez déjà un aperçu en Somalie., au Darfour.. c'est ça votre économie....
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • François Beaulé - Abonné
    15 décembre 2009 18 h 28
    L'Alberta et Harper ne veulent pas maintenir l'exploitation des sables...
    ...bitumineux, ils veulent l'augmenter. Voilà un des motifs qui «inspirent» le laxisme du gouvernement Harper quant aux GES. Les Canadiens devraient se mobiliser pour faire bouger Harper ou pour élire un autre gouvernement.

    Au Québec, le Bloc Québécois gêne l'élection d'un parti progressiste au niveau fédéral. Les indépendantistes, souverainistes et autres québécois qui appuient le Bloc y sont pour quelque chose dans le pouvoir réactionnaire qu'exerce Harper sur tout le Canada, y compris le Québec. Il y a longtemps que je pense que les indépendantistes ne sont pas à leur place à Ottawa.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Daniel Lévesque - Inscrit
    17 décembre 2009 15 h 45
    Et la souveraineté bordel...?
    Ce qui est troublant dans votre éditorial monsieur Sanfaçon, c'est qu'à nul part il n'est fait mention qui si nous étions un État souverain, nous n'aurions aucun mal à nous conformer aux objectifs de réduction des GES imposés par l'accord de Kyoto. Mais pourquoi les intellectuels , la classe dominante et les leaders d'opinion tels que Le Devoir ne parlent-ils pas de cet état de faits. De quoi a-t-on peur au Québec pour être incapable à ce point d'affirmer que notre avenir passe par la souveraineté du Québec. Notre classe dominante en est une de pleutres d'incompétents et ceux qui devraient brasser cet lavasse sociale sclérosée se taise. Honte à eux! Honte à nous qui payons pour et paierons encore longtemps pour permettre que l'Alberta continue de polluer.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
7 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012