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Le Devoir à Copenhague - Prentice veut faire payer les Américains

Le Canada entend partager le coût environnemental des sables bitumineux

Une militante a été arrêtée hier à Copenhague en compagnie d’environ 250 autres manifestants. La veille, la police avait procédé à 1000 interpellations lors d’une manifestation beaucoup plus importante.
Photo : Agence Reuters Jens Norgaard Larsen
Une militante a été arrêtée hier à Copenhague en compagnie d’environ 250 autres manifestants. La veille, la police avait procédé à 1000 interpellations lors d’une manifestation beaucoup plus importante.
En marge d'une rencontre informelle des ministres de l'Environnement à Copenhague, le ministre canadien de l'Environnement, Jim Prentice, a suggéré que les consommateurs américains qui achètent le pétrole canadien et le consomment aux États-Unis en assument les coûts environnementaux.

Les États-Unis devraient couvrir une partie des coûts environnementaux liés à l'exploitation des sables bitumineux canadiens, a-t-il soufflé hier. «C'est pour cette raison que nous travaillons si étroitement avec les États-Unis pour avoir un système harmonisé. Afin d'éviter que les coûts environnementaux ne soient transférés sur les Canadiens, parce que ce n'est pas juste», a déclaré Jim Prentice dans une entrevue accordée à CTV.

Cette idée a été évoquée plus tôt hier par l'ancien premier ministre Paul Martin. Cité par le quotidien The Toronto Star, M. Martin affirme que les coûts environnementaux de l'exploitation des sables bitumineux en Alberta devraient être partagés avec les Américains qui consomment une bonne partie du pétrole qui en est extrait.

Plus tôt, les ministres de l'Environnement de près de 50 pays ont poursuivi leurs discussions afin d'en arriver à un accord climatique mondial lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement de vendredi.

Ils ont échoué à combler les divergences entre les pays riches, d'une part, et les puissances émergentes et les pays pauvres, de l'autre, sur l'ampleur des réductions d'émissions de gaz à effet de serre (GES) et le financement de la lutte. «Les discussions sur le coeur [de l'accord] ont vraiment commencé», a fait remarquer la présidente de la conférence, Connie Hedegaard.

«Chacun réalise l'urgence de ce que nous avons entrepris, mais nous devons agir plus vite. Nous devons surmonter les questions principales, dont la réduction des émissions, le financement qui est requis et la transparence des engagements», a dit le ministre britannique de l'Énergie, Ed Miliband, à l'issue de ces discussions informelles.

Pour la Chine et l'Inde, c'est aux nations industrialisées, historiquement responsables de l'accumulation des GES dans l'atmosphère, d'assumer l'essentiel du fardeau.

Les pays riches soutiennent, eux, que le développement accéléré des économies émergentes s'accompagne d'une augmentation de leurs rejets de carbone — la Chine est actuellement le premier émetteur mondial de CO2, l'Inde est au quatrième rang — et qu'elles doivent s'engager sur des objectifs contraignants. «La Chine appelle les États-Unis à faire plus. Les États-Unis appellent la Chine à faire plus. J'espère que, dans les jours qui viennent, tout le monde appellera tout le monde à faire plus», a déclaré Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. «Je crois que le protocole de Kyoto va survivre. Je crois que le protocole de Kyoto devrait survivre», a-t-il ajouté, espérant que la phase deux du protocole sera lancée à compter de 2012, malgré les réticences affichées notamment par le Canada, l'Australie et le Japon.

«C'est évidemment extraordinairement complexe, difficile et ambitieux puisqu'il faut à la fois réduire les émissions de CO2 de la planète, évidemment pas avec la même intensité partout», a résumé le ministre français de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, qui s'est néanmoins dit convaincu qu'un accord reste possible. «C'est presque un pari insensé de mettre 194 pays différents sur la même longueur d'onde. C'est monstrueux. Tout peut, à tout moment, déraper», a-t-il poursuivi, avant de défier les délégations canadienne et américaine à le surprendre en adoptant des mesures de réduction ambitieuses de leurs émissions de GES. Le gouvernement de Stephen Harper s'est engagé à diminuer les émissions canadiennes de GES à hauteur de 3 % par rapport à 1990, et ce, d'ici à 2020. «Je crois que ce n'est pas leur faire le moindre grief que de dire que le monde attend une avancée spectaculaire de leur part. Il y a eu une grande avancée des États-Unis, mais elle reste insuffisante au regard de la science.» Jean-Louis Borloo a souligné au Devoir que le Canada a une «responsabilité supplémentaire» puisqu'il a ratifié, contrairement aux États-Unis, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Les négociateurs chinois tablent sur la conclusion d'un accord avant l'arrivée à Copenhague de Wen Jiabao. À la tête du G77, la Chine demande aux pays développés de mettre sur la table un accord qui lui permettrait d'obtenir avant 2013 une aide financière et des transferts technologiques pour engager la lutte contre le réchauffement du climat. «Selon moi, les dirigeants vont venir pour célébrer l'issue positive des débats», a expliqué le représentant chinois, Su Wei. Son homologue français salue les cibles de réductions «en intensité» du gouvernement chinois, mais «il reste [à fixer] la date à partir de laquelle ils feront des réductions en chiffres absolus», a dit M. Borloo.

Les négociations informelles des ministres de l'Environnement étaient organisées à l'occasion d'une journée de relâche dans les débats qui se déroulent du 7 au 18 décembre en présence de 192 délégations. La conférence culminera avec l'arrivée des chefs d'État et de gouvernement, qui sont attendus à partir de mercredi. Le président américain, Barack Obama, et le premier ministre chinois Wen Jiabao, dont les pays sont les plus gros pollueurs de la planète, seront du nombre.

Par ailleurs, l'archevêque sud-africain Desmond Tutu a remis à Yvo de Boer une pétition signée par un demi-million de personnes pour réclamer un «accord équitable, efficace et contraignant».

Enfin, une nouvelle manifestation s'est déroulée dans les rues de Copenhague, bien moins impressionnante que celle de la veille à laquelle avaient pris part entre 30 000 et 100 000 personnes. La police a procédé à quelque 250 interpellations hier. La veille, un millier de manifestants avaient été arrêtés. Sauf pour 13 d'entre eux, tous ont été remis en liberté hier, a fait savoir la police. Certains ont dit avoir été malmenés par les forces de l'ordre.

*****

Avec Reuters et l'AFP
 
 
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  • Michel Lacey - Inscrit
    14 décembre 2009 00 h 46
    Engagement du Canada?
    On connait ce que vaut la parole de Harper. Kyoto, ça vous dit quelque chose?

    Michel Lacey
    Cadillac
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  • François Laflamme - Abonné
    14 décembre 2009 08 h 18
    Pollueur payeur
    Ce n'est pas aux américains à payer la facture des coûts environnementaux des sables bitumineux albertains. Cette facture devrait incomber aux compagnies qui empochent des milliards de profits en exploitant cette ressource. S'ils désirent alors en refiller la facture aux consommateurs, les règles du marché feront leur ouvrage.
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  • Robert Geoffrion - Inscrit
    14 décembre 2009 09 h 57
    Le droit de polluer?
    On fait fausse route en voulant faire payer ceux qui polluent.
    La capacité de payer ne donne pas le droit de polluer. Les sables bitumineux sont parmi les sites les plus polluants AU MONDE! C'est une honte pour le Canada. Et pendant qu'ici au Québec on fera plein d'efforts pour atteindre la cible de réduction de 20%, là-bas en Alberta on continuera de polluer pour encaisser les $$$. Je n'ai rien contre l'extraction du pétrole en Alberta dans la mesure où on le ferait de façon à protéger l'environnement. Ça prendrait juste une colonne vertébrale pour dire aux pétrolières "stop!". "Investissez pour rendre cette industrie propre ou nous fermons le site".
    Malheureusement, ou nos politiciens manquent de jugement, ou ils sont des mollusques.
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  • Labelle Michel - Inscrit
    14 décembre 2009 10 h 35
    Le plus important de l'article = la photo la légende sous la photo
    Une militante a été arrêtée hier à Copenhague en compagnie d’environ 250 autres manifestants. La veille, la police avait procédé à 1000 interpellations lors d’une manifestation beaucoup plus importante.

    Pourquoi pensez-vous que ces milliers de personnes acceptent de se faire matraquer, arrêter, condamner à des amendes et/ou prison et stigmatiser pour le reste de leur vie par un dossier criminel?

    Parce que Copenhague est une immense fraude visant à imposer des taxes sur toutes les activités humaines, y compris la procréation (parce que voyez-vous les humains produisent du dioxyde de carbone) et à créer un gouvernement mondial.

    Les activités humaines n'ont AUCUN IMPACT sur le climat.

    31 486 scientifiques américains, dont 3 8 04 météorologistes, l'affirment:
    http://www.petitionproject.org/

    plus de 700 scientifiques internationaux l'affirment :
    http://epw.senate.gov/public/index.cfm?FuseAction=
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    14 décembre 2009 12 h 07
    Aucun impact !
    @ Michel Labelle : ''Pourquoi pensez-vous que ces milliers de personnes acceptent de se faire matraquer, arrêter, condamner à des amendes et/ou prison et stigmatiser pour le reste de leur vie par un dossier criminel? Parce que Copenhague est une immense fraude visant à imposer des taxes sur toutes les activités humaines (...) et à créer un gouvernement mondial.''

    Moi même: Rassurez-vous M. Labelle, la police arrête les manifestants mais les remet en liberté le jour même sans que de lourdes accusations criminelles ne soient portés contre eux. Le Danemark est une démocratie. Les manifestants n'auront pas à trainer un lourd passé criminel. Et je vous signale qu'ils sont sur place pour dénoncer l'impact des activités humaines sur le climat et pas parce que Copenhague est une immense fraude visant à taxer la procréation ou à créer un gouvernement mondial.

    Marc O. Rainville
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    14 décembre 2009 13 h 37
    Je n'en démords pas de rêver d'un capitalisme mondial de partenariat.
    Avez-vous déjà cultivé un jardin? Pour moi, point de vue environnemental, la terre est comme un immense jardin à cultivé et à respecter de par les lois naturelles qui la font vivre. Actuellement, c'est la capitalisme qui cultive le jardin et il en fait ce qu'il veut. De par les règles (en passant, il est faux de penser que ce sont des règles naturelles) qui régissent ce capitalisme, c'est presque toujours le plus fort des prédateurs qui l'emportent.

    Plus le temps passe, plus ce jardin qu'est notre terre est en train de nous dire qu'il étouffe. Le capitalisme, qui date de l'époque d'Adam Smith et même avant, devrait être remis à sa place. En ce moment, c'est le politique qui se fond presque toujours à l'intérieur de son moule. Certains pourraient dire que je suis un idéaliste, mais la réalité finira très probablement par nous frapper de plein fouet.

    Les choses vont se passer à petit pas, comme le capitalisme semble vouloir nous le prêcher, pour continuer ainsi et sécuriser tout le monde. En revanche, La nature a ses règles péremptoires et on ne peut à peu près plus en faire fi. Chaque pays reste confiné à l’intérieur de ses murs. Ces rencontres sont comme des fenêtres ouvertes dans le but qu’un dialogue, idéalement constructif, s’établisse entre les pays concernés.

    Malheureusement, on dirait que la plupart des pays referment très vite la fenêtre, quand vient le temps d’agir précisément avec les problèmes environnementaux qui devraient les préoccuper plus rigoureusement. Je sais que c’est beaucoup plus facile pour moi de le dire que pour eux de le faire. N’empêche qu’il faudra avant longtemps qu’un véritable dialogue s’établisse. Mais, pour commencer, le politique devrait remettre le capitalisme à sa place.

    Le capitalisme prédateur devrait céder sa place à un capitalisme de partenariat. Présentement, on entend surtout parler de capitalisme de partenariat surtout avec des expériences faites par ceux qui sont plus près de leur nature que du capitalisme dominant la scène mondiale. J’espère que le capitalisme de partenariat devienne le capitalisme dominant demain sur toute la planète. Sinon, de par les lois de la nature, nous serons cuits à petit feu.
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  • Godfax - Inscrit
    14 décembre 2009 14 h 16
    Folie écologique
    Si aux prix des énergies et des produits on ajoutait le cout de la décontamination total ça nous ferais réfléchir. L'aluminium perdrais tout avantage, l'hydroélectricité ne serais pas rentable (le cout de la décontamination du mercure est astronomique). Les panneaux solaire photovoltaïque, sont une véritable honte sur le plan écologique. Si on tient compte des couts énergétique industrielle et de la décontamination il sont rentable qu' après 86 ans... Les éoliennes son juste un peut moins ridicule, (62 ans).

    Un peut de raison, le nucléaire et la recherche reste sans contre dit la voix le plus écologiste et pour l'instant les énergies dite verte ne lui arrive pas la la cheville.
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    14 décembre 2009 16 h 21
    Tout nucléaire
    Godfax a écrit : ''Un peu de raison, le nucléaire et la recherche restent sans contredit les voies les plus écologiques et pour l'instant les énergies dites vertes ne leur arrivent pas à la cheville.''
    Je : La cheville du nucléaire et de la recherche ? Elle a bon dos la pauvre cheville de porter ainsi, à cloche-pied, le poids de l'avenir de l'humanité. Je suis à moitié d'accord avec vous !
    Marc O. Rainville
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  • - Abonné
    14 décembre 2009 18 h 20
    La réalité dépasse les taxes à l'utilisation ou à l'exploitation !
    C'est à une catastrophe étendue que l'usage du pétrole (en particulier le pétrole sale des sables bitumineux) et du charbon nous conduisent.

    Pour l'humanité (sauf les riches) et la biosphère toutes entières, il vaudrait mieux avoir des plans de réduction précis de l'usage des énergies fossiles, en autres par l'utilisation d'autos à l'électicité produite sans pollution atmosphérique, DANS LES MEILLEURS DÉLAIS.

    La plupart des gens ne semblent pas conscients de ce qui nous pend vraiment au bout du nez. CATASTROPHES !!
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