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    Sommet de Copenhague - Québec est inquiet des positions d'Ottawa

    Le faible engagement de Harper risque de coûter cher au Québec, croit Jean Charest

    Copenhague — Le faible engagement du gouvernement Harper dans la lutte contre les changements climatiques risque de coûter cher au Québec, dit le premier ministre Jean Charest.


    À son arrivée à Copenhague hier, M. Charest a sérieusement mis en garde le gouvernement fédéral contre les conséquences économiques qu'entraînerait son refus d'adopter un plan contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

    «Les sanctions commerciales à l'égard des pays qui refuseront de mettre en place des objectifs contraignants, cela représente un danger réel. Cela pourrait nous rendre vulnérables», a-t-il prévenu hier, se préparant à un bras de fer avec Ottawa, en marge de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques.

    Il a signalé que l'économie du Québec, qui mise sur ses exportations, sera la première touchée si les pays de l'Union européenne mettent à exécution leur menace d'imposer une «taxe du carbone» sur les produits en provenance de pays fautifs.

    «Il faut être à l'affût, car nous sommes très dépendants des marchés extérieurs. On devrait avoir au Canada des objectifs qui sont plus contraignants, ils sont trop bas», a-t-il déploré.

    Déjà, l'été dernier, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a déclaré qu'il serait légitime et acceptable d'imposer des taxes aux importations en provenance de pays réfractaires à la lutte contre les changements climatiques, ou qui ne respectent pas leurs engagements internationaux.

    Or, le Canada, qui est l'un des 39 signataires du protocole de Kyoto, ne pourra réduire ses émissions de GES de 6 % sous les niveaux de 1990 d'ici à 2012.

    À la fin de l'année 2007, le pays affichait un bilan d'émissions supérieur de 26 % à l'année de référence du traité, notamment en raison de l'exploitation des sables bitumineux. De plus, pour la période de 2012 à 2020, le gouvernement de Stephen Harper s'est doté d'un objectif de réduction de seulement 3 % sous les niveaux de 1990, sans même présenter de plan pour l'atteindre.

    Malgré les discussions en cours cette semaine à Copenhague, le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, a affirmé hier que la cible retenue par le Canada n'était pas négociable.

    Pour que la planète évite un réchauffement de température supérieur à deux degrés d'ici à 2020, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat demande aux pays des baisses de l'ordre de 25 à 40 % des émissions.

    À l'instar des pays de l'Union européenne, le Québec a retenu une cible légèrement inférieure, de 20 %, qui le place dans les chefs de file en Amérique du Nord.

    Pour s'y conformer, le gouvernement Charest prévoit une forte augmentation de la «taxe verte», prélevée sur chaque litre d'essence vendu à la pompe.

    De 1 ¢ le litre actuellement, elle pourrait faire un bond jusqu'à 12 ¢ le litre, ce qui aura un impact très important sur le prix du carburant.

    Québec compte aussi sur la mise en place d'un système d'échange et de plafonnement de droits d'émission de GES pour les entreprises.

    Le gouvernement devra toutefois lui aussi accentuer ses efforts afin de respecter dans un premier temps la cible de Kyoto puisque, à la fin de l'année 2006, le bilan québécois des émissions affichait une augmentation de 1,6 %.

    Quant à la déterminante conférence qui se déroule au Danemark, Jean Charest espère que les 193 pays présents s'entendront au moins sur un énoncé politique. «Mais ce ne sera pas suffisant, ce qui voudra dire qu'il y aura une suite à donner à Copenhague. Mon espoir c'est qu'il y ait des engagements contraignants le plus rapidement possible et que cela implique tous les pays.»

    Le premier ministre du Québec fait partie de la délégation canadienne, mais n'a pas obtenu du gouvernement Harper le droit de prendre la parole lors de la conférence principale. Actif dans les activités périphériques, M. Charest coprésidera notamment le Sommet des leaders, demain, avec le premier ministre de l'Australie du Sud, Mike Rann.












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