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Sommet de Copenhague - Pas le choix

Le sommet de Copenhague est passé à une vitesse supérieure hier alors qu'un nouveau projet-cadre était dévoilé, aussitôt accueilli par des objections américaines. La Chine, la Russie, les pays africains ont aussi précisé leurs espoirs et leurs craintes, qui font bien voir les énormes différends qui ont cours. Mais puisque, comme l'a dit un économiste au New York Times, le coût de l'inaction c'est l'extinction de la race humaine, qui a le choix de ne pas bouger?

Il y a les pays qui ont les pieds dans l'eau et qui la voient littéralement monter, comme le petit Tuvalu, île du Pacifique en voie d'être noyée pour cause de réchauffement climatique. L'Alliance des petits États insulaires, dont le Tuvalu est membre, a donc marqué un coup symbolique jeudi à Copenhague en voulant limiter à 1,5 °C plutôt qu'à 2 °C la hausse de la température moyenne sur la planète.

Un objectif devenu impossible à atteindre vu la quantité de gaz à effet de serre actuellement présente dans l'atmosphère, ont rétorqué les scientifiques. Peu importe, «ce que nous négocions ici, c'est notre survie», comme l'a dit le chef de la délégation du Cap-Vert.

À ces voix, jusque-là bien faibles, s'ajoute maintenant l'Union africaine (UA), dont les 53 États membres ont décidé, et c'est une première, de parler d'une même voix à Copenhague, tant l'enjeu est pour eux fondamental. L'Afrique, dont «la capacité à dérégler le climat est proche de zéro», selon les mots du représentant de l'UA, le premier ministre éthiopien Meles Zenawi, est la plus touchée par le réchauffement climatique. «Ignorer le plaidoyer de l'Afrique est moralement inacceptable», plaidera-t-il auprès des autres chefs d'État cette semaine.

Qui d'autre, dans cinq ans, dans dix ans, se sentira à son tour bousculé, irrité, quand on lui répondra «trop tard»? La Chine peut-être, qui vit aujourd'hui le paradoxe d'être le plus grand pollueur de la planète, mais qui, face aux dégâts, se montre subitement curieuse et acheteuse de technologies vertes?

Mais ne sera-t-il pas trop tard pour tous s'il faut attendre que les géants de l'économie — l'Inde, le Brésil, les États-Unis — soient ainsi acculés?

C'est pourquoi, au-delà de la négociation de Copenhague, il faut poser aujourd'hui les questions difficiles, aborder de front la signification, dans nos pays revenus de tout, de la croissance économique. Jusqu'où peut-on la préserver tout en sauvant la planète? Une récente étude britannique démontre que si les émissions de GES ont augmenté de 3 % par année depuis 2000 (comparativement à 1 % annuellement entre 1950 et 2000), leur hausse a ralenti en 2008, et probablement en 2009 aussi, en raison de la crise. Mais on prévoit que la hausse reviendra dès que la reprise sera là...

De tels constats nourrissent le discours du «tout économique» que le gouvernement Harper caricature à outrance, mais qui est aussi véhiculé par des syndicats ou des partis de gauche. À quoi bon sauver le monde dans cent ans si les gens y perdent leur emploi aujourd'hui? Le questionnement est légitime, et il appelle des réponses exigeantes. Il ne s'agit plus de produire plus, mais de produire mieux: c'est là un tournant bien plus radical que de simplement implanter des éoliennes! Nos dirigeants ne sont pas encore prêts à y faire face.

Comme toujours, il faudra donc que l'impulsion vienne de la base — de nous qui nous apprêtons encore à consommer Noël mais qui aurons la bonne volonté d'en trier les déchets... Il n'y a pas qu'à Copenhague où des choix difficiles, déchirants devront finir par être faits.
 
 
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  • Moumni 59
    Inscrit
    samedi 12 décembre 2009 05h18
    La peur quand tu nous tiens...
    « le coût de l'inaction c'est l'extinction de la race humaine, qui a le choix de ne pas bouger? »
    Quelle belle phrase qui fait énormément peur à toute l’humanité. Ce ne sont plus les extraterrestres avec leurs OVNI ni l’URSS avec ses engins nucléaires qui nous font paniquer. Le diable a changé de face, c’est le CO2. Quel gâchis !
    Certes, notre planète a mal mais malheuresement, on voulait nous faire croire que c’est à cause de trop plein de CO2. Par hasard, tous les autres produits qui sont vraiment nocifs, ont été gommés.
    Le CO2 est un gaz naturel, la terre arrive à le gérer parfaitement : le règne végétal y compris le plancton l’absorbe comme nourriture, le reste est stocké dans la nature sous formes de carbonates dont le calcaire.
    Tous les autres produits ou semi-produits (pesticides, herbicides, hormones, cosmétiques, produits chimiques industriels…), la terre n’a jamais su les digérer, c’est ce qui pose problèmes de dérèglement planétaire. Tout le monde sait que :
    - les produits des pays les plus industrialisés du monde font le tour du globe
    - certains produits, même à très très faible dose arrive à créer un déséquilibre dans les écosystèmes.
    Mais malheuresement, les scientifiques font de l’autocensure : Critiquer les produits chimiques de leur propre pays, c’est tuer la poule aux oeufs d’or et critiquer ceux des autres pays, c’est attirer la foudre. Alors, le CO2 qui est le plus petit dénominateur commun de tous les pays est une bonne affaire pour détourner l’attention et permettre aux multinationales de continuer à inonder le monde.
    Les pauvres scientifiques sont devenus des marionnettes, la recherche fondamentale est morte et la recherche appliquée est guidée par les multinationales. Les chefs d'Etat sont à l'écoute de leurs économiste, point final.

  • Michel Simard
    Abonné
    samedi 12 décembre 2009 07h32
    À quoi bon maintenir des emplois d'une économie du siècle passé si les gens meurent de la pollution dans cinq, dix ans ?
    Que les travailleurs veulent préserver leur emploi est en effet tout à fait légitime.

    Mais, face aux problèmes amenés par la pollution (et pas seulement les GES), il est désolant de voir comment nos gouvernements s'obstinent à penser comme il y a 50 ans et s'opposent à entrer dans le XXIe siècle. Pourquoi le gouvernement libéral-conservateur à Québec ne voit que la construction d'autoroutes comme remède à la relance de l'économie. Il aurait pu consacrer ces montants au développement de nouvelles industries vertes, il aurait pu contribuer à la relance de fabricants de matériel de transport en commun (au Québec, il y en a plus que des fabricants d'automobiles), s'attaquer au problème de décrochage scolaire et de médiocrité de l'enseignement, mettre à niveau les équipements de soin, mettre en place un véritable réseau de médecine de famille, etc. Au lieu de cela, il ne fait que privilégier un secteur, celui de la construction. Ce qui ne fait que maintenir des équipements plus ou moins productifs, créer de l'inflation des coûts de construction, dans une industrie dont on n'est pas véritablement sûrs qu'on en a pour notre argent. Alors, ça fait beaucoup d'argent qui part en fumée et des résultats mitigés.

    À nos gouvernants, si vous relisez Keynes (le tabou des néo-conservateurs qui dominent le discours socioéconomique depuis 20 ans), ce qu'il dit, c'est qu'en période de crise, quand l'investissement privé est en panne, l'État doit injecter des dépenses dans l'économie. Les travaux publics ne sont qu'un exemple parmi plusieurs options, pas la recette miracle.

    Avec les recettes d'aujourd'hui, qui sont des années 1950, on en règlera ni les problèmes économiques (regardez bien dans 3 à 5 ans quand on coupera toutes les dépenses gouvernementales d'investissement sous prétexte de dette, bienvenue les années 1990) ni les problèmes écologiques (Tuvalu sera en train de déménager).

  • Andrew Savage
    Inscrit
    samedi 12 décembre 2009 07h45
    Pas le choix...
    Votre touchant plaidoyer en faveur du Tuvalu, et de ses 12 167 habitants va sûrement réjouir leur reine, notre Élizabeth 2, ainsi qu’ébranler la ligne dure adoptée par la délégation chinoise qui ne représente que 1 milliard 330 millions de personnes. Votre intervention risque d’être déterminante. Bravo. Faut savoir choisir ses priorités. Sa majesté va être contente. Une médaille vous attend.

    Et dire que pendant ce temps, sur l’île Montréal, les citoyens de l’est ont en moyenne une espérance de vie de 9 ans inférieure à ceux de l’ouest. Effet de serre ? Réchauffement climatique ? Tuvalu sera-t-elle là dans 9 ans ? Nous parions que oui. On ne pourrait en dire au temps d’une centaines de milliers de montréalais.

    D’ailleurs, il serait plus simple de parler de pollution de l’environnement plutôt que de réchauffement climatique. De pollution politique aussi. C’est plus clair, plus concret et plus palpable.

  • François Beaulé
    Abonné
    samedi 12 décembre 2009 12h53
    La nécessaire révolution
    Cette semaine, Lysianne Gagnon qualifiait de «communistes» les écologistes qui remettent en question notre mode de vie de façon radicale. Mais le statut quo n'est plus tolérable et le marché a prouvé son incapacité à répondre seul aux impératifs environnementaux. Il ne s'agit pas d'opposer capitalisme et marxisme.

    Les États doivent intervenir brutalement dans l'évolution du mode vie et de la façon de produire. Et ces interventions ne sont possibles qu'à la condition que les citoyens évoluent radicalement dans les rapports qu'ils ont entre eux. D'où la nécessité d'une révolution qui n'a rien à voir avec le marxisme.

  • René Pelletier
    Inscrit
    samedi 12 décembre 2009 16h25
    Un excellent commentaire
    Merci, madame Boilesu, votre texte décrit bien les exigences auxquelles nous faisons face.

    Au niveau fédéral canadien, nous avons malheureusement en face de nous un Gouvernement dépassé par la réalité de 2009. Il s'agit d'un Gouvernement enfermé dans les manières de voir des années 1950, ignorant des sciences contemporaines et de la nécessité de gestes courageux pour l'avenir. Il fait pitié à voir et compromet cet avenir. N'est-ce pas irresponsable de s'obstiner à faire la sourde oreille au consensus scientifique mondial actuel?

  • Labelle Michel
    Inscrit
    samedi 12 décembre 2009 17h51
    Non, pas le choix. Il faut se préparer à période de glaciation qui s'en vient!
    Madame Boileau,

    Il n'y a PAS de réchauffement planétaire.
    On assiste même depuis 12 ans à un refroidissement de la planète.
    C'est ce que le ClimateGate et d'autres ont mis en évidence.

    Voici quelques références :

    http://housemajority.org/coms/cli/artesian_researc

    http://icecap.us/images/uploads/05-loehleNEW.pdf

    http://www.climatedepot.com/a/3515/Prominent-Russi

    http://epw.senate.gov/public/index.cfm?FuseAction=

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