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Conférence de Copenhague: l’Union européenne met 3,7 milliards sur la table

La Chine a haussé le ton contre les États-Unis vendredi à la conférence sur le climat de Copenhague, où a été présenté un nouveau texte dessinant les contours d’un accord.

Pendant ce temps, à Bruxelles, les pays de l’Union européenne réunis en sommet se sont engagés à verser 3,7 milliards canadiens (2,43 milliards d’euros) par an jusqu’en 2012 en faveur des pays en développement.

Sur trois ans, les contributions des principaux donateurs s’élèvent à 1,3 milliard d’euros pour la Grande-Bretagne, 1,2 milliard pour l’Allemagne et pour la France et 800 millions pour la Suède.

L’argent est destiné à un fonds de 10 milliards de dollars US par an proposé par les nations riches sur la période 2010-2012 pour aider les pays en développement à s’adapter aux effets du réchauffement climatique et à réduire leurs émissions.

Les 27 pays européens se sont également dits prêts à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30 % d’ici 2020, si d’autres grands pollueurs font des efforts comparables. Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assume la présidence tournante de l’UE, a précisé que l’Europe attendait des États-Unis et du Canada des engagements de baisse de leurs émissions plus ambitieux.

L’UE s’est déjà fixée un objectif de réduction de 20 % de ses émissions d’ici 2020 par rapport à 1990, alors que les États-Unis n’entendraient proposer qu’une baisse de 17 % de leurs émissions par rapport à 2005, soit seulement 3 % à 4 % de réduction comparé à 1990.

Sur le site de conférence à Copenhague, le ton est monté d’un cran aujourd’hui: le vice-ministre chinois des Affaires étrangères He Yafei a estimé que le chef négociateur américain Todd Stern «manque de bon sens ou est extrêmement irresponsable».

M. Stern avait déclaré mercredi que la Chine ne devait pas s’attendre à une aide financière américaine sur le climat et que les États-Unis n’avaient pas de dette envers le monde pour leurs émissions de GES. M. He a précisé vendredi que la Chine ne demandait pas d’argent, mais a ajouté que les États-Unis et la Chine avaient des responsabilités différentes sur le dossier du réchauffement.

Pékin estime que les États-Unis et d’autres pays industrialisés ont une responsabilité historique à assumer dans la réduction des émissions et que tout accord sur le climat doit tenir compte du niveau de développement des pays.

De son côté, la Russie a exigé vendredi qu’un éventuel accord sur le climat à Copenhague lui réserve un statut préférentiel, affirmant avoir déjà rempli les objectifs fixés par le protocole de Kyoto.

Par ailleurs, un projet d’accord de six pages a été diffusé à la conférence. Le texte résume les principaux points négociés depuis deux ans en vue de conclure un nouvel accord sur la réduction des émissions en remplacement du protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Le document affirme que les émissions mondiales doivent être réduites de 50 % à 95 % d’ici 2050 et que les pays riches doivent baisser les leurs de 25 % à 40 % d’ici 2020 par rapport à 1990.

«Il est temps de commencer à se concentrer sur les enjeux importants», a déclaré le plus haut responsable de l’ONU sur le climat, Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques (CCNUCC). «Les discussions sérieuses» sur les principaux enjeux de la réunion «ont commencé».

Le projet laisse de côté les questions les plus difficiles, qui devraient être tranchées par les chefs d’État et de gouvernement attendus à Copenhague la semaine prochaine: la réduction des émissions de GES et l’aide aux pays pauvres.

 
 
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