Réduction des gaz à effet de serre - Trois Canadiens sur quatre veulent qu'Ottawa soit plus ambitieux
Photo : Agence France-Presse Adrian Dennis
Le ministre canadien de l'Environnement a déclaré aux Communes, lundi, que notre cible de réduction des GES «est claire, tout comme le sont notre plan et notre politique. Et ils ont l'appui des Canadiens». Et pourtant...
Un sondage réalisé par la firme Léger Marketing il y a une semaine indique que trois Canadiens sur quatre sont d'avis que le gouvernement Harper doit adopter une politique plus musclée de lutte contre les changements climatiques, qui se rapprocherait de celle des trois provinces de tête, le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique.
Invités à dire s'ils seraient d'accord pour hausser d'ici 2020 le niveau de réduction des émissions de GES entre -14 et -20 % en remplacement de la cible de -3 % adoptée par le gouvernement Harper par rapport à 1990, 48 % des répondants se disent «tout à fait d'accord» — presque une majorité nette — et 26 % «plutôt d'accord». Les personnes «plutôt en désaccord» représentaient 7 % de l'échantillon de 1502 Canadiens âgés de 18 ans et plus, alors que les répondants «totalement en désaccord» totalisaient 10 % de l'échantillon.
La partie la plus étonnante du sondage réside sans contredit dans le fait que deux Albertains sur trois appuient une action plus énergique dans le dossier des changements climatiques.
C'est au Québec que l'appui est le plus massif en faveur d'un rehaussement de l'objectif de réduction du Canada, un appui qui s'élève à 87 %.
Globalement, les segments de la population les plus favorables à un relèvement des cibles canadiennes proviennent des femmes (77 %), des jeunes de 25 à 34 ans (81 %), des francophones (87 %), des résidants du Québec (87 %) et des personnes oeuvrant dans le secteur des services (82 %).
Pour Steven Guilbeault, du groupe Équiterre, «si le gouvernement Harper ne peut plus dire qu'il parle au nom des Canadiens, il ne peut pas non plus parler au nom des parlementaires, ni de la grande majorité des provinces, qui se sont donné des cibles beaucoup plus ambitieuses, ni même d'une majorité d'entreprises canadiennes. Qui ce gouvernement défend-il ici à Copenhague?», s'est-il demandé.
Appuis multiples
En fin de semaine, plus de 300 événements sont planifiés à travers le pays sous la coordination du Réseau Action Climat pour permettre aux citoyens de manifester leur désir de voir le gouvernement rehausser ces cibles à Copenhague. Des rassemblements sont prévus à Toronto, à Vancouver, à Ottawa et à Montréal.
À Ottawa et à Vancouver, des mères qui sont pour une action plus musclée dans le dossier du climat ont organisé la projection de visages de centaines d'enfants sur des édifices particulièrement visibles pour montrer que c'est en pensant à eux que le gouvernement doit orienter son action à Copenhague.
Prix Fossile
Devant ce déferlement d'opposition à sa politique, le gouvernement Harper a pu se consoler hier du fait que, pour la première fois depuis le début de la conférence internationale, il n'a pas reçu le prix Fossile du jour. Le premier a été accordé à la Pologne, qui s'oppose à ce que l'Europe adopte une cible plus ambitieuse que 20 %, le deuxième à l'Allemagne, qui veut inclure son aide extérieure dans l'aide à l'adaptation qui sera fournie aux pays en développement, et le troisième à la Nouvelle-Zélande, pour ses objectifs de réduction jugés insuffisants. La France a obtenu pour sa part le prix Rayon de soleil pour son opposition à l'inclusion de certaines formes de gestion forestière qui pourraient ouvrir la porte à des crédits d'émissions.
Négociations
Sur le plan des négociations, des «progrès» sur le partage des technologies vertes auraient été réalisés hier, selon la direction onusienne des pourparlers, mais pas sur la question des réductions des émissions, les deux camps, Nord contre Sud, se bombardant de propositions d'allure fort opposées.
Une déclaration du représentant des États-Unis, Todd D. Stern, au New York Times a provoqué un émoi dans la capitale danoise. Il a en effet déclaré que les États-Unis rejetaient toute notion de dette ou de réparation pour les émissions de son pays, les plus importantes de la planète depuis 150 ans, parce que personne ne con-naissait à l'époque les con-séquences des émissions de CO2. Il accepte toutefois l'idée que les pays occidentaux doivent en faire plus. Il ajoute aussi que l'aide des pays développés ne doit pas être accordée à la Chine, qui n'est plus un pays en développement avec ses réserves connues de 2 billions de dollars.
Pendant ce temps, les pays européens en réunion à Bruxelles semblaient hier soir sur le point de s'entendre sur une aide de 6 milliards aux pays en développement afin de les aider à s'adapter à un réchauffement qu'ils n'ont pas provoqué.
Un sondage réalisé par la firme Léger Marketing il y a une semaine indique que trois Canadiens sur quatre sont d'avis que le gouvernement Harper doit adopter une politique plus musclée de lutte contre les changements climatiques, qui se rapprocherait de celle des trois provinces de tête, le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique.
Invités à dire s'ils seraient d'accord pour hausser d'ici 2020 le niveau de réduction des émissions de GES entre -14 et -20 % en remplacement de la cible de -3 % adoptée par le gouvernement Harper par rapport à 1990, 48 % des répondants se disent «tout à fait d'accord» — presque une majorité nette — et 26 % «plutôt d'accord». Les personnes «plutôt en désaccord» représentaient 7 % de l'échantillon de 1502 Canadiens âgés de 18 ans et plus, alors que les répondants «totalement en désaccord» totalisaient 10 % de l'échantillon.
La partie la plus étonnante du sondage réside sans contredit dans le fait que deux Albertains sur trois appuient une action plus énergique dans le dossier des changements climatiques.
C'est au Québec que l'appui est le plus massif en faveur d'un rehaussement de l'objectif de réduction du Canada, un appui qui s'élève à 87 %.
Globalement, les segments de la population les plus favorables à un relèvement des cibles canadiennes proviennent des femmes (77 %), des jeunes de 25 à 34 ans (81 %), des francophones (87 %), des résidants du Québec (87 %) et des personnes oeuvrant dans le secteur des services (82 %).
Pour Steven Guilbeault, du groupe Équiterre, «si le gouvernement Harper ne peut plus dire qu'il parle au nom des Canadiens, il ne peut pas non plus parler au nom des parlementaires, ni de la grande majorité des provinces, qui se sont donné des cibles beaucoup plus ambitieuses, ni même d'une majorité d'entreprises canadiennes. Qui ce gouvernement défend-il ici à Copenhague?», s'est-il demandé.
Appuis multiples
En fin de semaine, plus de 300 événements sont planifiés à travers le pays sous la coordination du Réseau Action Climat pour permettre aux citoyens de manifester leur désir de voir le gouvernement rehausser ces cibles à Copenhague. Des rassemblements sont prévus à Toronto, à Vancouver, à Ottawa et à Montréal.
À Ottawa et à Vancouver, des mères qui sont pour une action plus musclée dans le dossier du climat ont organisé la projection de visages de centaines d'enfants sur des édifices particulièrement visibles pour montrer que c'est en pensant à eux que le gouvernement doit orienter son action à Copenhague.
Prix Fossile
Devant ce déferlement d'opposition à sa politique, le gouvernement Harper a pu se consoler hier du fait que, pour la première fois depuis le début de la conférence internationale, il n'a pas reçu le prix Fossile du jour. Le premier a été accordé à la Pologne, qui s'oppose à ce que l'Europe adopte une cible plus ambitieuse que 20 %, le deuxième à l'Allemagne, qui veut inclure son aide extérieure dans l'aide à l'adaptation qui sera fournie aux pays en développement, et le troisième à la Nouvelle-Zélande, pour ses objectifs de réduction jugés insuffisants. La France a obtenu pour sa part le prix Rayon de soleil pour son opposition à l'inclusion de certaines formes de gestion forestière qui pourraient ouvrir la porte à des crédits d'émissions.
Négociations
Sur le plan des négociations, des «progrès» sur le partage des technologies vertes auraient été réalisés hier, selon la direction onusienne des pourparlers, mais pas sur la question des réductions des émissions, les deux camps, Nord contre Sud, se bombardant de propositions d'allure fort opposées.
Une déclaration du représentant des États-Unis, Todd D. Stern, au New York Times a provoqué un émoi dans la capitale danoise. Il a en effet déclaré que les États-Unis rejetaient toute notion de dette ou de réparation pour les émissions de son pays, les plus importantes de la planète depuis 150 ans, parce que personne ne con-naissait à l'époque les con-séquences des émissions de CO2. Il accepte toutefois l'idée que les pays occidentaux doivent en faire plus. Il ajoute aussi que l'aide des pays développés ne doit pas être accordée à la Chine, qui n'est plus un pays en développement avec ses réserves connues de 2 billions de dollars.
Pendant ce temps, les pays européens en réunion à Bruxelles semblaient hier soir sur le point de s'entendre sur une aide de 6 milliards aux pays en développement afin de les aider à s'adapter à un réchauffement qu'ils n'ont pas provoqué.
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