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    Conférence de Copenhague - Un autre prix Fossile pour le Canada

    Diplomate, Yvo de Boer dit croire que Stephen Harper adoptera une cible ambitieuse de réduction des GES

     Un délégué à la conférence de Copenhague passe devant une installation lumineuse à la sortie du Centre des conférences.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Adrian Dennis Un délégué à la conférence de Copenhague passe devant une installation lumineuse à la sortie du Centre des conférences.
    Alors que le Canada recevait hier pour une troisième journée consécutive un des trois prix Fossile» quotidiens des groupes environnementaux présents à la conférence de Copenhague sur le climat, il a néanmoins obtenu hier une médaille de bonne conduite, accordée toutefois avec prudence, de la part d'Yvo de Boer, secrétaire général de la Convention sur les changements climatiques.

    À la conférence de presse quotidienne d'hier matin, un journaliste de Canwest a voulu savoir si l'insistance des écologistes à dépeindre le Canada comme un «obstacle» aux négociations était fondée.

    À cette question, le responsable onusien des négociations a répondu: «Non, ce n'est pas le cas. Je pense que le Canada a négocié de façon très constructive dans ce processus.»

    Le Canada, a poursuivi Yvo de Boer, a eu la vie compliquée au cours des dernières années avec un voisin qui n'avait pas signé le protocole de Kyoto et avec qui il entretient pourtant des liens économiques étroits, ce qui créait un déséquilibre économique entre les entreprises des deux pays.

    «Je constate que le Canada s'engage de façon très constructive dans ces négociations, a souligné Yvo de Boer, et j'espère qu'il en sortira avec une cible de réduction forte et ambitieuse.»


    Plus tôt, il avait rappelé que le Canada fait partie du «Groupe Parapluie» avec les États-Unis, l'Australie et le Japon, notamment. Et ce groupe a fait savoir hier par la voix des porte-parole australiens qu'il visait des cibles exigeantes.

    Toutefois, pour les 400 groupes écologistes, l'insistance du Canada et de la Croatie à écarter encore, dans les négociations, l'année 1990 comme année de référence dans les traités a valu au Canada le premier Fossile du jour. La question fait désormais consensus dans la conférence, sauf pour quelques marginaux.

    Au Canada, les écologistes en remettaient hier en accusant le gouvernement Harper de mettre fin le 30 décembre au seul programme national de soutien aux énergies renouvelables, soit le programme écoÉnergie. Ce programme avait suscité un tel engouement que des projets totalisant 11 000 MW d'énergies vertes avaient été soumis au programme fédéral, conçu pour financer 4000 MW. Le Canada, ont souligné les groupes, sera un des seuls pays à se présenter à Copenhague sans le moindre programme de soutien en 2010 aux énergies vertes renouvelables.

    Au moment où le Canada laisse mourir ce programme, le secrétaire à l'Énergie des États-Unis, Steve Chu, annonçait hier une nouvelle enveloppe de 100 millions pour stimuler l'innovation en matière d'énergies vertes et nouvelles aux États-Unis. Cela porte à plus de six pour un l'écart entre les investissements par habitant dans les deux pays, soulignait hier l'Institut Pembina.

    À Copenhague

    À Copenhague, Tuvalu, un petit pays insulaire dont l'aéroport est régulièrement inondé à marée haute, a lancé un pavé dans la mare en attaquant un tabou que même les écologistes respectaient. Tuvalu a en effet proposé formellement de plafonner la hausse de la température moyenne de la Terre à 1,5 °C plutôt qu'à 2 °C ainsi que le prolongement du protocole de Kyoto pour obliger les pays émergents à réduire leurs émissions à compter de 2013. Cette brèche dans le camp du G77, soit celui des pays en développement et des pays émergents, a été vite colmatée par la Chine et l'Arabie saoudite, qui se sont immédiatement opposées à la proposition. Les écologistes ont pour leur part remis le prix Rayon de soleil à Tuvalu pour son audace, un prix rarement décerné.

    Par ailleurs, la Chine a continué de bousculer les États-Unis en leur demandant de faire mieux qu'une réduction de 3 % sous la barre de 1990. De leur côté, les Européens entreprennent aujourd'hui de discuter à Bruxelles de l'aide financière qu'ils sont prêts à accorder d'ici à 2012 aux pays en développement pour les aider à s'adapter aux changements climatiques. L'Europe a jusqu'ici soutenu qu'il faudrait avancer au moins 10 milliards de dollars en aide immédiate et entre 50 et 100 milliards par année après 2012. Ses négociateurs essaient d'amener les États-Unis à s'engager sur cette question, mais sans succès jusqu'ici.

    Pour les pays du G77, 10 milliards en comparaison des 1000 milliards accordés au refinancement des milieux bancaires, c'est trop peu s'il est vrai que le réchauffement du climat constitue la principale menace pour la planète. Un délégué soudanais a même lancé que ce ne serait «pas suffisant pour acheter des cercueils aux habitants des pays en développement».












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