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Conférence de Copenhague: les pays riches devraient payer plus

De studieux participants à la conférence de Copenhague ce matin
Photo : La Presse canadienne
De studieux participants à la conférence de Copenhague ce matin
Au troisième jour de la conférence des Nations unies sur le climat, à Copenhague, les pays en développement ont jugé insuffisants les fonds proposés par les nations riches pour les aider à adapter leurs économies aux changements climatiques. Autre sujet de discorde: les projets de déclaration finale proposés par le Danemark et la Chine.

Lumumba Di-Aping, membre de la délégation du Soudan, a estimé que le fonds mondial de 10 milliards de dollars annuels proposé par les pays développés faisaient pâle figure face aux 1.000 milliards de dollars déjà dépensés pour sauver les institutions financières.

«Si c’est (le changement climatique) le plus grand risque couru par l’humanité, comment expliquer 10 milliards?», s’est-il interrogé. «Dix milliards, ce ne sera pas suffisant pour acheter des cercueils pour les habitants des pays en développement.»

Les petits pays insulaires expriment également leur grogne face aux deux projets de déclaration finale présentés par le Danemark, pays hôte de la conférence, et par la Chine, craignant de devoir payer un tribut financier trop lourd à la réduction des gaz à effet de serre (GES).

Pour ces pays, soutenus par les organisations écologistes, le Danemark a tenté d’influencer l’issue des débats avec son texte. Celui-ci limiterait les objectifs de réduction de GES pour les pays riches au détriment des nations plus pauvres, et durcirait les conditions d’accès au fonds mondial pour les pays en développement. «Quand un processus est faussé, l’issue est faussée», a déclaré Raman Mehta, responsable indien de l’ONG ActionAid, au sujet de la proposition danoise.

Illustration des divergences exprimées aujourd'hui à Copenhague, le petit pays insulaire de Tuvalu a demandé qu’un éventuel projet de traité sur le climat impose comme limite au monde entier une augmentation de 1,5 degré de la température de la planète par rapport au niveau préindustriel. Mais la présidente de la conférence, la Danoise Connie Hedegaard, a rejeté cette proposition suite aux objections de plusieurs pays, notamment les producteurs de pétrole, qui pâtiraient d’une restriction sur l’utilisation de combustibles fossiles.

Tuvalu et les autres pays insulaires seraient les premières victimes d’une hausse du niveau des océans a expliqué Ian Fry, délégué de Tuvalu à la conférence. «Notre avenir dépend de l’issue de cette réunion», a-t-il souligné.

Le texte chinois propose, lui, une extension du protocole de Kyoto, qui exige de 37 pays industrialisés qu’ils réduisent leurs émissions de GES de 5 % en moyenne d’ici 2012 par rapport aux niveaux de 1990. Les pays industrialisés se verraient assigner des objectifs plus ambitieux pendant cinq ou huit ans. Les pays en développement, tels que la Chine, seraient quant à eux couverts par un accord distinct appelant à des mesures, mais pas contraignant légalement.

Par ailleurs, l’administratrice de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a déclaré mercredi que l’administration Obama prendrait «des mesures de bon sens» pour réduire les GES, et qu’elle agirait en collaboration avec le Congrès dans cette tâche.

Dans un communiqué, Greenpeace a, de son côté, appelé les dirigeants de l’Union européenne, réunis en conseil jeudi et vendredi à Bruxelles, à décider «au minimum d’un passage à 30 % de réduction de ses émissions, avant de s’engager sur -40%, seul objectif en phase avec la science du climat».
 
 
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