Climat: les villes veulent agir
Les municipalités canadiennes jugent leur potentiel inexploité
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Des gratte-ciel au centre-ville de Montréal. Les villes canadiennes croient être les mieux placées pour lancer des projets locaux de réduction des émissions de GES.
Québec — Les villes canadiennes pensent pouvoir prendre en charge jusqu'à 40 % des réductions de gaz à effet de serre prévues par le gouvernement fédéral. Jugeant leur potentiel inexploité, elles se disent mieux placées que quiconque pour sévir.
«S'il y avait un partenariat avec le gouvernement fédéral ainsi que des investissements, les municipalités pourraient faire beaucoup plus que ce qu'elles font maintenant», résumait hier le chef de la direction de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Brock Carlton, à propos d'un rapport rendu public par la FCM hier.
Pour la FCM, la question du climat est une raison de plus de donner aux municipalités de nouveaux moyens financiers. «C'est évident que le gouvernement fédéral va investir dans des programmes pour réduire les GES. S'il a à investir, nous lui disons que nous sommes prêts.»
Le rapport, élaboré de concert avec la firme EnviroEconomics, avance que les villes peuvent réduire les émissions canadiennes de 20 à 55 mégatonnes d'ici 2020, soit l'équivalent de 15 à 40 % de la cible que s'est donnée Ottawa.
«Les gouvernements municipaux sont l'ordre de gouvernement le plus proche de la population, et sont donc les mieux placés pour obtenir la participation des ménages et des entreprises dans des projets locaux de réduction des émissions de GES», peut-on lire dans le rapport.
Certes, les villes en font déjà un peu sur une base volontaire ou grâce aux Fonds municipaux verts, or, «ces mesures sont encore limitées par rapport à l'imposant potentiel du secteur municipal», poursuit-on.
M. Carlton, croit notamment que les programmes de captage des biogaz des sites d'enfouissement devraient être généralisés parce que son impact est imposant et les coûts, relativement faibles.
Ce qui n'est pas le cas du transport public, qui est extrêmement coûteux. D'après l'Association canadienne du transport public, il faudrait 40,1 milliards d'investissements sur cinq ans dans les transports urbains pour rénover les réseaux existants et répondre à une demande croissante.
Des solutions du côté des États-Unis?
Non seulement les villes veulent-elles agir, mais elles sont en quête de solutions. On présentait d'ailleurs à Québec, hier, les résultats d'une mission technique sur les transports publics dans les villes américaines de Seattle, Minneapolis, San Francisco et Portland menée par l'Association québécoise du transport et des routes (AQTR), qui regroupe des représentants des villes, des sociétés de transports, des firmes d'ingénierie et des groupes d'intérêts militant pour le développement durable.
La ville de Minneapolis avait été choisie pour son expérience hivernale du train léger, Seattle et San Francisco pour leur offre de transport public diversifiée et Portland parce qu'elle demeure la référence continentale en matière de transport public, a-t-on expliqué.
«Il faut copier les villes qui ont réussi», a lancé le maire de Québec, Régis Labeaume, en ouverture de la rencontre. «Pour nous, le choix est fait: le développement durable, c'est intégré et accepté», a-t-il souligné.
D'emblée, a expliqué un urbaniste de la Ville de Québec, David Duval, «la localisation des nouveaux ménages et leurs choix d'habitation vont être déterminants sur les niveaux de congestion et l'environnement.» Et d'ajouter que «la cible de 20 % fixée par le gouvernement Charest allait exiger des actions radicales».
À Québec, l'administration Labeaume a créé l'an dernier un comité sur la mobilité durable chargé de penser le développement à long terme des transports en commun en lien avec le développement des quartiers et la démographie.
Élus, urbanistes, architectes, promoteurs immobiliers, une quinzaine d'experts siègent à ce comité, qui doit tenir des consultations publiques au printemps avant de soumettre un plan à l'automne 2010.
Tremblay critiqué pour son abence à Copenhague
À Montréal aussi la question des enjeux climatiques est venue colorer les débats municipaux. On apprenait en effet hier que le maire de Montréal ne participerait pas au sommet des maires des grandes villes pour le climat qui doit se dérouler à Copenhague du 14 au 17 décembre, ce que le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, n'a pas manqué de lui reprocher. Pour M. Bergeron, il s'agit d'une occasion ratée par Gérald Tremblay de démontrer les préoccupations de son administration en ce qui concerne le développement durable. «Les villes sont responsables d'environ 80 % des émissions de carbone. Être absent de ce sommet, c'est ne pas reconnaître le rôle décisionnel et de leader que doit jouer la ville aux niveaux provincial, national et international», estime M. Bergeron.
Le chef de Projet Montréal reproche aussi au maire de tarder à réaliser les engagements découlant de la signature de l'Urban Environmental Accords ratifié en juin 2005 par l'administration montréalaise. Richard Bergeron signale toutefois qu'il est encore temps pour Gérald Tremblay de s'inscrire à la rencontre de Copenhague et que les maires de plusieurs villes comme Toronto, Calgary, Vancouver, Londres et Berlin participeront à l'événement.
Il n'a jamais été question pour le maire Tremblay, ni pour aucun membre de son administration, de se rendre à Copenhague, a-t-on indiqué à son cabinet. Son attaché de presse, Martin Tremblay, a insisté sur l'importance qu'a pour le maire le fait de participer à la prochaine séance du conseil municipal, qui aura lieu le 14 décembre.
*****
Avec la collaboration de Jeanne Corriveau
«S'il y avait un partenariat avec le gouvernement fédéral ainsi que des investissements, les municipalités pourraient faire beaucoup plus que ce qu'elles font maintenant», résumait hier le chef de la direction de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Brock Carlton, à propos d'un rapport rendu public par la FCM hier.
Pour la FCM, la question du climat est une raison de plus de donner aux municipalités de nouveaux moyens financiers. «C'est évident que le gouvernement fédéral va investir dans des programmes pour réduire les GES. S'il a à investir, nous lui disons que nous sommes prêts.»
Le rapport, élaboré de concert avec la firme EnviroEconomics, avance que les villes peuvent réduire les émissions canadiennes de 20 à 55 mégatonnes d'ici 2020, soit l'équivalent de 15 à 40 % de la cible que s'est donnée Ottawa.
«Les gouvernements municipaux sont l'ordre de gouvernement le plus proche de la population, et sont donc les mieux placés pour obtenir la participation des ménages et des entreprises dans des projets locaux de réduction des émissions de GES», peut-on lire dans le rapport.
Certes, les villes en font déjà un peu sur une base volontaire ou grâce aux Fonds municipaux verts, or, «ces mesures sont encore limitées par rapport à l'imposant potentiel du secteur municipal», poursuit-on.
M. Carlton, croit notamment que les programmes de captage des biogaz des sites d'enfouissement devraient être généralisés parce que son impact est imposant et les coûts, relativement faibles.
Ce qui n'est pas le cas du transport public, qui est extrêmement coûteux. D'après l'Association canadienne du transport public, il faudrait 40,1 milliards d'investissements sur cinq ans dans les transports urbains pour rénover les réseaux existants et répondre à une demande croissante.
Des solutions du côté des États-Unis?
Non seulement les villes veulent-elles agir, mais elles sont en quête de solutions. On présentait d'ailleurs à Québec, hier, les résultats d'une mission technique sur les transports publics dans les villes américaines de Seattle, Minneapolis, San Francisco et Portland menée par l'Association québécoise du transport et des routes (AQTR), qui regroupe des représentants des villes, des sociétés de transports, des firmes d'ingénierie et des groupes d'intérêts militant pour le développement durable.
La ville de Minneapolis avait été choisie pour son expérience hivernale du train léger, Seattle et San Francisco pour leur offre de transport public diversifiée et Portland parce qu'elle demeure la référence continentale en matière de transport public, a-t-on expliqué.
«Il faut copier les villes qui ont réussi», a lancé le maire de Québec, Régis Labeaume, en ouverture de la rencontre. «Pour nous, le choix est fait: le développement durable, c'est intégré et accepté», a-t-il souligné.
D'emblée, a expliqué un urbaniste de la Ville de Québec, David Duval, «la localisation des nouveaux ménages et leurs choix d'habitation vont être déterminants sur les niveaux de congestion et l'environnement.» Et d'ajouter que «la cible de 20 % fixée par le gouvernement Charest allait exiger des actions radicales».
À Québec, l'administration Labeaume a créé l'an dernier un comité sur la mobilité durable chargé de penser le développement à long terme des transports en commun en lien avec le développement des quartiers et la démographie.
Élus, urbanistes, architectes, promoteurs immobiliers, une quinzaine d'experts siègent à ce comité, qui doit tenir des consultations publiques au printemps avant de soumettre un plan à l'automne 2010.
Tremblay critiqué pour son abence à Copenhague
À Montréal aussi la question des enjeux climatiques est venue colorer les débats municipaux. On apprenait en effet hier que le maire de Montréal ne participerait pas au sommet des maires des grandes villes pour le climat qui doit se dérouler à Copenhague du 14 au 17 décembre, ce que le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, n'a pas manqué de lui reprocher. Pour M. Bergeron, il s'agit d'une occasion ratée par Gérald Tremblay de démontrer les préoccupations de son administration en ce qui concerne le développement durable. «Les villes sont responsables d'environ 80 % des émissions de carbone. Être absent de ce sommet, c'est ne pas reconnaître le rôle décisionnel et de leader que doit jouer la ville aux niveaux provincial, national et international», estime M. Bergeron.
Le chef de Projet Montréal reproche aussi au maire de tarder à réaliser les engagements découlant de la signature de l'Urban Environmental Accords ratifié en juin 2005 par l'administration montréalaise. Richard Bergeron signale toutefois qu'il est encore temps pour Gérald Tremblay de s'inscrire à la rencontre de Copenhague et que les maires de plusieurs villes comme Toronto, Calgary, Vancouver, Londres et Berlin participeront à l'événement.
Il n'a jamais été question pour le maire Tremblay, ni pour aucun membre de son administration, de se rendre à Copenhague, a-t-on indiqué à son cabinet. Son attaché de presse, Martin Tremblay, a insisté sur l'importance qu'a pour le maire le fait de participer à la prochaine séance du conseil municipal, qui aura lieu le 14 décembre.
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Avec la collaboration de Jeanne Corriveau
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