Copenhague - Fracture entre nations riches et pays en développement
Copenhague — Au deuxième jour du sommet de Copenhague sur le climat, pays en développement et pays émergents ont commencé à tirer à boulets rouges sur le monde industrialisé, la Chine jugeant notamment que les pays riches se fixaient des objectifs de réduction d'émissions dépourvus d'ambition.
Plus de 15 000 représentants venus de 192 pays vont tenter, au cours des deux semaines de réunions, de fixer un nouveau cadre juridique de lutte contre les changements climatiques et les phénomènes qui les accompagnent: désertification, inondations, cyclones mettant en péril des millions de personnes.
«Nous avons pris un bon départ», a estimé hier Yvo de Boer, secrétaire de la convention-cadre de l'Organisation des Nations unies sur les changements climatiques, invitant les délégués à s'entendre sur les détails techniques du projet d'accord.
Yvo de Boer a tenté de minimiser un incident survenu au cours de la journée, qui a fort indisposé les pays en développement, au point qu'ils y ont vu une «menace» pour l'issue des pourparlers. Un texte, issu de la présidence danoise de la conférence, a été mal reçu parce qu'il ne faisait aucune référence au protocole de Kyoto, dont les pays en développement exigent le maintien parce qu'il lie juridiquement les pays développés à réaliser une première tranche de réductions d'ici 2012. Même les groupes écologistes y ont vu un indice que la présidence danoise ferait patte douce devant les pays riches en jetant par-dessus bord leurs obligations de résultat.
Pour Yvo de Boer, il ne s'agit que d'un texte exploratoire, comme tous ceux qui sont mis au point et échangés cette semaine dans la partie technique de la conférence.
Il a cependant souligné que les principaux points d'achoppement, tels que les objectifs de réduction des pays riches et les aides financières à destination des pays pauvres, ne pourraient être vraiment abordés que lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement, le 18 décembre. Une centaine de dirigeants mondiaux sont attendus pour l'occasion.
Mais les propos tenus par Su Wei, un des négociateurs chinois, augurent mal d'un accord envisagé entre les États-Unis et la Chine, les deux principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre.
Lors d'une conférence de presse, le représentant de Pékin a estimé que l'objectif annoncé par Washington «ne pouvait être considéré comme étant remarquable ou notable». Les réductions d'émissions fixées par l'Union européenne, a-t-il ajouté, ne sont pas suffisantes et le Japon a avancé pour sa part des conditions préalables impossibles.
Su Wei a également ironisé sur les 10 milliards de dollars d'aide annuelle qu'envisageraient de verser les pays riches pour aider les pays en développement à s'adapter aux conséquences du changement climatique.
«Rapporté à la population mondiale, cela fait moins de 2 $ par personne», a-t-il dit, notant que cette somme servirait à peine à se payer un café dans les pays riches ou un cercueil dans les pays pauvres.
Dessima Williams, représentante de la Grenade et présidente de l'Alliance des petits États insulaires (AOSIS), a déclaré à Reuters que les objectifs pour l'instant annoncés par les pays industrialisés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre étaient bien trop bas. L'AOSIS demande un objectif de baisse de 45 % sur la période 1990-2020.
«Nous maintenons notre demande de 45 %. L'Allemagne est à 40 %, l'UE dans son ensemble plus quelques autres pays sont à 30 %. C'est le moment de surenchérir, de se montrer ambitieux», a-t-elle souhaité.
Plus de 15 000 représentants venus de 192 pays vont tenter, au cours des deux semaines de réunions, de fixer un nouveau cadre juridique de lutte contre les changements climatiques et les phénomènes qui les accompagnent: désertification, inondations, cyclones mettant en péril des millions de personnes.
«Nous avons pris un bon départ», a estimé hier Yvo de Boer, secrétaire de la convention-cadre de l'Organisation des Nations unies sur les changements climatiques, invitant les délégués à s'entendre sur les détails techniques du projet d'accord.
Yvo de Boer a tenté de minimiser un incident survenu au cours de la journée, qui a fort indisposé les pays en développement, au point qu'ils y ont vu une «menace» pour l'issue des pourparlers. Un texte, issu de la présidence danoise de la conférence, a été mal reçu parce qu'il ne faisait aucune référence au protocole de Kyoto, dont les pays en développement exigent le maintien parce qu'il lie juridiquement les pays développés à réaliser une première tranche de réductions d'ici 2012. Même les groupes écologistes y ont vu un indice que la présidence danoise ferait patte douce devant les pays riches en jetant par-dessus bord leurs obligations de résultat.
Pour Yvo de Boer, il ne s'agit que d'un texte exploratoire, comme tous ceux qui sont mis au point et échangés cette semaine dans la partie technique de la conférence.
Il a cependant souligné que les principaux points d'achoppement, tels que les objectifs de réduction des pays riches et les aides financières à destination des pays pauvres, ne pourraient être vraiment abordés que lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement, le 18 décembre. Une centaine de dirigeants mondiaux sont attendus pour l'occasion.
Mais les propos tenus par Su Wei, un des négociateurs chinois, augurent mal d'un accord envisagé entre les États-Unis et la Chine, les deux principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre.
Lors d'une conférence de presse, le représentant de Pékin a estimé que l'objectif annoncé par Washington «ne pouvait être considéré comme étant remarquable ou notable». Les réductions d'émissions fixées par l'Union européenne, a-t-il ajouté, ne sont pas suffisantes et le Japon a avancé pour sa part des conditions préalables impossibles.
Su Wei a également ironisé sur les 10 milliards de dollars d'aide annuelle qu'envisageraient de verser les pays riches pour aider les pays en développement à s'adapter aux conséquences du changement climatique.
«Rapporté à la population mondiale, cela fait moins de 2 $ par personne», a-t-il dit, notant que cette somme servirait à peine à se payer un café dans les pays riches ou un cercueil dans les pays pauvres.
Dessima Williams, représentante de la Grenade et présidente de l'Alliance des petits États insulaires (AOSIS), a déclaré à Reuters que les objectifs pour l'instant annoncés par les pays industrialisés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre étaient bien trop bas. L'AOSIS demande un objectif de baisse de 45 % sur la période 1990-2020.
«Nous maintenons notre demande de 45 %. L'Allemagne est à 40 %, l'UE dans son ensemble plus quelques autres pays sont à 30 %. C'est le moment de surenchérir, de se montrer ambitieux», a-t-elle souhaité.
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